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Enrichissement illicite : Les “fatwa’’ des imams contre le fléau en Côte d’Ivoire

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Au cours de la Nuit du destin, mercredi soir, l’imam Ousmane Diakité, secrétaire exécutif du Conseil supérieur des imams, a fait une prédication qui a tenu en haleine l’assistance.
Quiconque s’adonne à la tricherie dans notre communauté n’en fait pas partie. Le tricheur est menacé d’excommunication ». L’imam Ousmane Diakité, secrétaire exécutif du Conseil supérieur des imams (Cosim), a tenu ces propos, mercredi nuit, lors de la Nuit du destin, à la mosquée de la Riviera Golf. Cela, durant sa prédication sur le thème: «La contribution de l’islam dans la lutte contre le fléau de l’enrichissement illicite».
Prédication qu’il a faite en présence du Président de la République, Alassane Ouattara; du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly; du ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko et de plusieurs ministres et diplomates. Ce thème est le sujet de prêche principal choisi par le Cosim pour toutes les mosquées de Côte d’Ivoire afin de tirer la sonnette d’alarme face au constat qu’il a fait ces derniers temps.
« Dans la société d’aujourd’hui, la course à l’enrichissement fait que vous oubliez Dieu. Vous vous oubliez vous même. Nous constatons que des fois, des hommes sont capables de mettre en péril la sécurité de leur pays, la sécurité de leur famille, celle des mineurs, pour s’enrichir», a déclaré l’imam Diakité.
«Aujourd’hui, la toxicomanie est en train d’envahir les écoles. Parce que certains viennent vendre la drogue aux élèves de 14 à 15 ans. D’autres trompent les enfants et vont les donner comme nourriture aux requins de la Méditerranée », a-t-il affirmé, faisant allusion à la migration des jeunes vers l’Europe par des
voies détournées.
«Face à la calamité, au grand danger » qui guette le pays, le Cosim a voulu être le prophète de son temps. En dénonçant ces pratiques consistant à augmenter son patrimoine ou sa richesse par des moyens contraires à la loi et à la morale ou à acquérir des richesses dont Allah a proscrit la possession ou la jouissance.
«Le croyant musulman, selon les enseignements du Saint Coran, considère que les biens après lesquels nous courons appartiennent à Allah. (Sourate 63).
L’homme n’est que le gérant, par sa permission », a dit l’imam. Avant d’ajouter: «Si vous avez détourné des fonds, ne pensez pas que vous avez désobéi à la loi de la République seulement. Mais vous avez aussi désobéi à Allah ».
Il a cité également le faux monnayage (ndlr : ceux qui fabriquent de faux billets et les injectent dans l’économie). Ainsi que la manipulation des marchés publics et privés. « Vous tous qui avez l’autorité de dire oui ou non pour attribuer un marché, lorsque vous intervenez dans l’attribution pour vous accorder injustement des parts, des pourcentages, vous avez désobéi aux lois de la République, mais aussi à Allah».
Perte des valeurs morales et éthiques

Le conférencier a souligné que les gens s’adonnent à cette forme d’enrichissement qu’ils ignorent les règles juridiques, spirituelles, éthiques et morales. Il justifie ce comportement également par la perte des valeurs morales et éthiques. «On fait la promotion des gens qui n’ont jamais travaillé et qui sont devenus milliardaires et qu’on vénère dans la société. Quand vous faites cela, vous encouragez les autres à en faire autant ». L’imam Ousmane Diakité a aussi dénoncé l’impunité. Pour lui, tout cela dénote la faiblesse de la foi en Allah. Car le plus long verset du Coran ne parle ni de prière, ni de jeûne de Ramadan, mais de la gestion des affaires. Parce que cela est important
dans la vie des hommes. «Allah intervient pour que ne devienne pas un loup pour son frère. Il sait que l’homme a un amour très fort pour les biens ».
L’imam a encore cité Allah qui dit dans la sourate 64 : « Quiconque a été protégé contre sa propre avidité, contre le mal qui est en lui, est un gagnant ». Il a, par ailleurs, fait savoir qu’au plan spirituel, les richesses mal acquises constituent une barrière qui empêche Dieu d’accueillir favorablement les œuvres.
«Si vous prenez l’argent mal acquis pour aller à La Mecque, Dieu vous dira qu’il ne vous connaît pas. Vous prenez cette argent mal acquis pour faire des sacrifices en tentant ainsi des blanchissements spirituels, construire des mosquées, faire partir des gens à La Mecque, Dieu n’acceptera pas cela. Dieu est pur, il n’accepte que les choses qui sont pures».
L’imam a surtout mis les fidèles en garde contre la colère de Dieu. « Si vous n’arrêtez pas la course à l’enrichissement illicite sous toutes ses formes, alors recevez une déclaration de guerre de la part d’Allah et de son messager.
Quand Dieu déclare la guerre, personne ne connaît ses soldats. Cela peut être une maladie, des inondations ou des incendies. C’est une menace grave». Il a aussi indiqué que la guerre de Dieu peut conduire à la dislocation de la famille et que l’argent acquis de manière illicite ne dure pas. Si d’aventure, il dure, c’est pour détruire tous ceux qui en bénéficient.
Selon lui, «quelles que soient les difficultés auxquelles il fait face, le croyant ne doit pas désespérer du soutien d’Allah. Il doit utiliser les règles d’éthique et de morale que Dieu a données, pour le changement social et des situations non désirées ».
MARIE-ADÈLE DJIDJÉ

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Source : Africatime CI