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Côte d'Ivoire: tous les syndicats étudiants suspendus

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Le porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, a annoncé à l’issue du conseil des ministres ce mercredi la suspension de toutes les activités syndicales étudiante en Côte d’Ivoire. La mesure intervient deux jours après les nouvelles violences qui ont secoué le campus de l’université Houphouët-Boigny à Abidjan. L’interdiction concerne tous les syndicats étudiants, même si le gouvernement en a un en particulier dans son viseur.

C'est le nouvel épisode d'un long et difficile bras de fer entre le gouvernement et certains syndicats étudiants. Absolument, tous les syndicats étudiants de toutes les universités du pays sont pour le moment interdits d’activité. Pour les autorités ivoiriennes, ils sont les responsables des débordements de lundi sur le campus de Cocody et des principaux maux de l'université.

Il fallait sévir, selon Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement. « Ces syndicats créent un climat de terreur sur nos campus. Nous assistons tous les jours à des scènes d'affrontements entre les étudiants et les forces de l'ordre. Et malheureusement, ces étudiants qui manifestent ne sont pas en cours alors que la finalité c'est justement que ces jeunes apprennent pour un jour servir la Côte d'Ivoire », rappellent-il.

Mais le gouvernement vise en particulier la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). Considérée comme proche de l'opposition pro-Gbagbo, elle est qualifiée de milice par ses détracteurs. Certains responsables du parti au pouvoir ont ces derniers mois appelés à sa dissolution.

Et c’est la Fesci qui s’est retrouvée au centre des échauffourées de lundi sur le campus de Cocody. La police est intervenue pour mettre fin à une grève des étudiants, mais l’intervention a rapidement dégénéré : des locaux ont été saccagés, des voitures ont été incendiées et près d’une trentaine de personnes blessées.

La Fesci promet de nouvelles mobilisations

La Fesci dénonce « une fuite en avant ». « Il faut des solutions et non des sanctions », répond Allah Saint Clair, le vice-président du syndicat, joint par RFI, avant d'énumérer certaines de ses revendications : régler le problème des logements, octroyer plus de bourses, installer le wifi à l'université. Le syndicat promet, malgré sa suspension, de nouvelles mobilisations.

Il a par ailleurs annoncé qu’une cinquantaine de ses membres avaient été arrêtés. Le gouvernement assure que l’enquête suit son cours et que ceux qui sont déclarés innocents seront libérés.

La suspension des activités des syndicats étudiants n’est pas la seule mesure prise par le gouvernement à la sortie du conseil des ministres : des forces de police vont rester présentes sur le campus de Cocody pour « protéger les biens et les personnes », d’après le porte-parole du gouvernement Bruno Koné. Enfin, un nouveau président a été nommé par le gouvernement à la tête de l’université Félix Houphouët-Boigny pour tenter de résoudre la crise : il s’agit du professeur Abou Karamoko.


Africatime CI