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Côte d’Ivoire : qui sont les victimes de l’attaque du 13 mars à Grand-Bassam ?

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Parmi les 19 victimes de l’attaque terroriste de Grand-Bassam, de nombreux Ivoiriens. Qui étaient-ils ? Que faisaient-ils au moment de l’attaque ? Nous avons rencontré leurs familles et réévoquons leur mémoire sous forme d’hommage.

Il est autour de 13 heures. Arthur Sidney Aka Ehui, 33 ans, est en visite dans la famille de son frère, à Grand-Bassam. Ce jeune fidèle de la Winners’ Chapel d’Abidjan, originaire d’Abengourou, est expert-comptable, comme son père, qui dira de lui : « C’était un garçon tolérant, sans histoire, très humble, qui n’aimait pas les problèmes. » Quand il avait un peu de temps, Arthur aimait participer à des actions caritatives. Ce dimanche 13 mars, il décide de faire un tour à pied pour voir la mer, avant de rejoindre la table du déjeuner. Il est à quelques mètres de l’hôtel Étoile du Sud lorsqu’il reçoit une rafale de tirs en plein visage.

En face, trois terroristes d’Aqmi remontent la ruelle qui file vers la plage. Ousmane Sangare, un adolescent de 16 ans, abidjanais, originaire de Bouaké, joue avec un groupe de jeunes handicapés. Ce sont des pensionnaires du centre Abel, tout proche, tenu par des religieuses. Les parents d’Ousmane, musulmans, l’avaient inscrit dans ce foyer catholique qui prenait en charge sa formation professionnelle. Ousmane « tape la balle sur la plage » et n’entend pas la fusillade derrière lui. Un terroriste s’approche et le met en joue avec sa Kalachnikov en lui demandant de crier « Allah Akbar ». Ousmane ne comprend pas, et pose sa main sur l’homme en lui faisant signe qu’il est sourd et muet. Il est touché en pleine tête. Son père, Salif Sangare, se souvient. « C’était un enfant touchant qui aimait vivre comme les autres. Lors de la dernière Coupe du monde, il s’efforçait de crier dans la rue avec la foule lorsque les Éléphants marquaient. »

Pas très loin se trouve Souleymane Bakayoko, 22 ans. Élevé dans la foi, il s’était inscrit très jeune à l’école coranique. Passionné d’islam, il avait appris l’arabe, qu’il enseignait bénévolement depuis peu dans une école à Abobo. Régulièrement, il priait dans une mosquée wahhabite du quartier. Célibataire, « il allait souvent seul à Bassam humer la mer et faire des bénédictions », se souvient son oncle Salif Keita, qui aidait financièrement cet enfant orphelin. Souleymane ne se baignait pas ce dimanche-là, il marchait le long de la mer quand il a été abattu. « De grande taille, plutôt mince, il passait difficilement inaperçu », déplore aujourd’hui son oncle.

Africatime CI