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Augmentation du prix de l’électricité: Bruno Koné et Adama Toungara se contredisent

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Qui de Bruno Koné et d’Adama Toungara, respectivement ministre de la Poste et de l’Economie numérique, porte-parole du gouvernement, et ministre du Pétrole et de l’Energie, dit la vérité aux Ivoiriens à propos de l’augmentation du prix de l’électricité en Côte d’Ivoire ? Mercredi dernier, à la suite du conseil des ministres, Bruno Koné, dans sa traditionnelle conférence de presse a soutenu que «ces augmentations n’ont pas été autorisées par le gouvernement». Selon lui, le gouvernement a autorisé une augmentation de 10% décidée en juillet 2015 par le conseil des ministres qui s’est tenu à Odienné (Nord-Ouest de la Côte d’Ivoire). Mais pas l’augmentation survenue en janvier 2016. «Au mois de janvier, sans qu’il y ait la consultation avec l’Etat, la deuxième tranche d’augmentation a été faite », a accusé le ministre Bruno Koné. Et le conférencier d’indexer le concessionnaire, la Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie) d’aller contre les intérêts de la population en prenant des décisions arbitraires. « (…) Nous n’allons pas être complices des décisions qui vont contre les intérêts des populations. Nous n’allons pas être complices des décisions arbitraires ou mal appliquées», a-t-il averti.

Pourtant, quelques jours plus tôt, le jeudi 14 juillet dernier à Yamoussoukro, c’est le ministre Adama Toungara qui justifiait au cours d’une conférence de presse après la clôture du séminaire national sur l’énergie, les augmentations décidées par le gouvernement. «(…) C’est en quête de l’équilibre financier qu’un réajustement des tarifs a été décidé par le gouvernement en juillet 2015, suite à des études qui montraient que le secteur de l’électricité allait vers un déficit certain si rien n’était fait», a affirmé Adama Toungara. Le ministre du Petrole et de l’Energie contredit ainsi le porte-parole du gouvernement. Parce, selon le premier cité, c’est le gouvernement qui, pour enrayer le déficit financier dans le secteur de l’électricité, a augmenté les tarifs.

En effet, selon l’arrêté interministériel n° 409 du 20 juin 2016 (signé par le ministre chargé du Budget, le ministre du Pétrole et de l’Energie, le ministre chargé de l’Economie et des Finances) portant modification des tarifs de l’électricité et fixant le principe d’un remboursement des abonnés à l’électricité, le gouvernement a bel et bien décidé d’augmenter le prix de l’électricité. A l’article 2 de cet arrêté, il est dit : «Les tarifs de l’électricité sont révisés au plus tard le 31 mars de chaque année pour une application à compter du 1er juillet de ladite année, sur la base d’une formule d’indexation, élaborée à partir d’indices de prix reflétant les principaux paramètres de coûts du secteur de l’électricité». Et les nouveaux tarifs à la hausse sont entrés en vigueur selon le même arrêté en article 22 «à compté du 1er mai».

Ainsi, si le tarif domestique social monophasé basse tension en régime post-paiement est resté inchangé (1er tranche à 36,05 FCFA TTC et à 62,70 FCFA TTC pour la 2ème tranche), en revanche, le tarif domestique général basse tension en régime post-paiement (communément appelé 10 ampères) et qui concerne une frange très importante de la population qui utilise l’électricité vendue par la Cie, lui, a augmenté, passant de 63,17 HT FCFA à 66,96 FCFA HT pour la première tranche (la tranche la plus consommée) et 62,70 FCFA HT pour la deuxième tranche (la moins consommée). C’est donc un mensonge quand le ministre Bruno Koné dit que le gouvernement n’a pas autorisé l’augmentation du prix de l’électricité en cours.

Coulibaly Zié Oumar

abidjan.net