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Côte d’Ivoire: Procès du Novotel, un accusé ayant participé au rapt de Yves Lambelin fait des révélations graves et accuse

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© koaci.com – Mardi 28 Février 2017 – Deux accusés ont fait leurs dépositions ce jour dans le cadre du procès du rap du Novotel suspendu jeudi dernier à la demande du juge, Cissoko Mourlaye.


Il s’agit de Don Joël et de Yoro Tapéko Max Landry, poursuivis respectivement pour disparition de cadavres et d’arrestation illégale, séquestration et de disparition de cadavres.


Les deux accusés ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et ont affirmé qu’ils avaient reçu les ordres du Commissaire de Police Osé Logué, l’un des prévenus.

«J’ai enlevé un seul cadavre, a précisé Don Joël qui a poursuivi qu’il avait vu le concerné vivant quelques minutes plus tôt dans l’arrière cour derrière le bureau du Colonel Okou Modi, officier de transmission au Palais Présidentiel au moment des faits. »

Dans ses explications, il a soutenu que tous les quatre corps des « otages » étaient étendus sur le sol et portaient des traces de sang.

A la question de savoir qui lui avait donné l’ordre d’enlever les cadavres des disparus du Novotel, il a répondu que l’un de ses collègues lui a donné l’information que l’ordre venait du Colonel Modi.

L’accusé a insisté sur le fait qu’il n’aurait pas assisté à l’enlèvement des autres cadavres sauf celui du Metis.


A la question du juge s’il pouvait indiqué l’endroit où le cadavre qu’il a enlevé se trouve, il a répondu par la négation.

«A ce jour je ne sais pas où le corps que j’ai enlevé se trouve, » a-t-il ajouté.

Dans ses déclarations, l’accusé a confondu le Commissaire Osé Logué, affirmant que l’officier de police a donné l'ordre d'enlever les cadavres de Yves Lambelin et autres.

Les quatre otages du Novotel ont subi des sévices corporelles comme l’ont indiqué les deux accusés du jour.

Lors de leurs dépositions, les premiers accusés ont affirmé que les otages avaient trouvé la mort suite aux tirs des hélicoptères de l’ONU et de la Licorne.

Don Joël n’a pas confirmé cette thèse, néanmoins, il a reconnu que des hélicoptères larguaient des balles sur le Palais Présidentiel.

De quoi sont morts les otages ?

«Le Palais a essuyé des rafales mais il n’était pas endommagé. Ce n’était pas des tirs de nature à détruire le Palais. Je ne peux pas en dire plus. Je sais que tous les cadavres étaient nus, » a-t-il ajouté.

En prenant la parole, la Défense est revenu sur l’enlèvement du cadavre.

Est-ce que vous avez reçu l’ordre de faire disparaitre les corps, est-ce que c’était dans votre intension de le faire ?

Non, a déclaré Don Joël.

Le second accusé du jour, Yoro Tapéko Max Landry, informaticien, poursuivi pour arrestation illégale, séquestration et disparition de corps est le seul à avoir pris part à l’enlèvement des quatre otages comme, il l’a lui-même indiqué à la barre.

Son interrogatoire a pris plus de temps que le premier. Durant plus de trois heures, il a essayé de répondre aux questions du juge, de la partie civile, de la Défense.

Il a reconnu qu’il faisait partie du Commando qui a participé au rapt de Yves Lambelin et autres au Novotel, affirmant que ces derniers étaient cachés au 7ème étage.

Selon lui, le Commando qui a enlevé les quatre otages était composé de deux sections, « November One et Siera 9 » et avait reçu l’ordre du Commissaire Osé Logué.

«Le Commissaire Osé Logué a demandé au cours d’un rassemblement qui a eu lieu entre 13 heures et 14 heures qu’un Commando se rende au Novotel, parce qu’ils avaient noté la présence d’espions et de journalistes, » a expliqué Yoro.

En réalité Yoro est un milicien, puisqu’il a soutenu à la barre qu’il s’était rendu en tant que civile au Palais Présidentiel pour défendre son pays et il a menti au éléments de la Garde républicaine en se présentant comme l’un des leurs.

Des ses déclarations, il a cité le Colonel Modi à qui, il aurait remis, l’ordinateur et les portables qu’il avait arraché au Novotel à d’autres personnes.

Selon lui, après l’opération, il s'est retrouvé en compagnie de certains éléments du Commando avec deux otages, Yves Lambelin et un métis.

Une fois au Palais Présidentiel avec ses deux « butins », ils ont été accueillis en fanfare comme des héros par les éléments qui les attendaient.

«Le blanc le plus âgé pleurait. Il nous suppliait qu’il n’a rien fait, » a-t-il raconté.

Tous les otages ont selon lui, subit un interrogatoire musclé sur la base d’un fax que le Colonel Modi avait en sa possession.

Toutes les déclarations faites par le prévenu étaient contraires à sa déposition devant le juge d’instruction, la Défense l’a fait remarquer au juge Cissoko Mourlaye.

L’accusé a indiqué que la Défense doit prendre en compte ses déclarations et non celles contenues dans le PV.

Le juge a donc suspendu l’audience de ce jour et l’a renvoyé à demain, pour la suite des débats.

Wassimagnon, Abidjan 



Source : Koaci

Koaci