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Côte d’Ivoire : Duncan, le technocrate attitré de Ouattara, de la Primature et à la Vice-présidence (PORTRAIT)

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La candidature surprise du Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan (73 ans) aux élections législatives à Bassam (43 Km d'Abidjan) avait alimenté les rumeurs de sa probable nomination à la vice-présidence. En le désignant à ce poste, le chef de l’Etat Alassane Ouattara, confirme ces bruits de couloirs dont bruissait déjà le tout Abidjan et met sur orbite présidentielle cet économiste chevronné mais austère pour lequel il n’a jamais caché son admiration.

En Côte d’Ivoire, la nomination de Duncan, né en 1943 à Ouéllé, dans le centre de la Côte d’Ivoire, marié et père d’un enfant, n’est pas vraiment une surprise pour tout observateur qui a régulièrement suivi le parcours d’Alassane Ouattara depuis le début des années 90 où il occupait le poste de Premier ministre jusqu’à son accession au pouvoir en tant que chef d’Etat en 2011.

C’est que le président ivoirien n’a jamais fait mystère de son attachement à cet homme discret et affable dont il a régulièrement et publiquement salué la "compétence" et l’"efficacité" en tant que collaborateur au point de le trainer dans son sillage dans toutes ses fonctions officielles à la tête du pays.

Ingénieur commercial de formation, Duncan, comme Alassane Ouattara, a fait l’essentiel de sa carrière à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), avant d’être nommé ministre délégué de l’Economie, des finances, du Commerce et du Plan en novembre 1990 par Alassane Ouattara, alors Premier ministre.

En décembre 1993, le président de l’Assemblée nationale Henri Konan Bédié, succède au chef de l’Etat Félix Houphouët-Boigny, décédé, et nomme Daniel Kablan Duncan, Premier ministre.

Un poste qu’il occupe jusqu’au coup d’Etat du général Robert Guéï en décembre 1999 qui a mis fin à 40 ans de pouvoir du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique) dont il est membre de la direction. Comme de nombreuses autres personnalités du pouvoir Bédié, Duncan s’exile en France dont il revient une année plus tard.

Après l’investiture de M. Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire, à l’issue de la crise post-électorale de 2010, il est d’abord nommé en juin 2011 ministre des Affaires étrangères avant de revenir à la Primature en novembre 2012.

A 73 ans, Daniel Kablan Duncan, a brigué en décembre pour la première fois de sa carrière politique un poste électif lors des législatives à Bassam, sa région d’origine. Marcel Amon Tanoh, le directeur de cabinet de M. Ouattara, relèvera pendant la campagne que le Premier ministre y avait été contraint par le chef de l’Etat. Candidat sous la bannière du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition au pouvoir, il a été fort heureusement déclaré élu avec 87, 46% des suffrages.

Pour certains observateurs, son passage par les urnes visait en réalité à lui conférer une certaine légitimité populaire, à défaut d’avoir été élu en même temps que le Président Ouattara comme cela est prévu dans la nouvelle Constitution.

…L’ami de tous et l’ennemi de personne…

Sur Duncan, il est difficile de lui trouver une part d’ombre tant le nouveau Vice-président, jusque-là plus technocrate que politique, s’est toujours tenu loin des intrigues politiciennes.

Les habitués de la Primature le décrivent comme "un bourreau du travail". "Il est le premier à arriver au bureau et le dernier à en partir", témoigne l’un de ses collaborateurs.

Dans le microcosme politique ivoirien, cet homme, sans histoire, est l’une des rares personnalités à faire consensus. Au sein de son parti, le PDCI où il a toujours mené son militantisme avec un zèle modéré et vis-à-vis de l’opposition, il ne suscite pas d’animosité particulière et jouit plutôt d’une image policée.

Jamais, il n’a cristallisé sur lui le mécontentement des opposants ou essuyé quelques quolibets et autres critiques de la presse proche de l’opposition. Courtois, d’un commerce facile, Duncan est peu enclin aux propos polémiques et provocateurs comme de nombreux hommes politiques en ont l’habitude en Côte d’Ivoire.

Serge Alain KOFFI

abidjan.net