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Rwanda : ouverture du procès de Diane Rwigara, 22 ans de prison requis contre l’opposante et sa mère

L’opposante rwandaise Diane Rwigara parle à son avocat Pierre Buhuru au tribunal de Kigali où elle était jugée le 7 novembre 2018. afp.com – Cyril NDEGEYA

Politique Rwanda – Ce mercredi s’est ouvert le procès de l’opposante Diane Rwigara. Accusée entre autre d’incitation à l’insurrection, le parquet a requis 22 ans de prison contre l’ancienne candidate à la présidentielle.

C’est en tant que femme libre que Diane Rwigara s’est présentée devant le tribunal, après sa libération sous caution il y a de cela un mois. Aux côtés de sa mère, co-accusée, elle a assisté à l’audience qui s’est ouverte ce mercredi matin. Toutes deux sont accusées d’avoir appelé à la révolte après la présidentielle qui a donné Paul Kagame gagnant. En outre, l’accusation requiert 22 ans de réclusion pour Adeline Rwigara « incitation à l’insurrection et promotion du sectarisme ». Contre Diane, elle demande quinze (15) ans pour incitation à l’insurrection et sept (7) ans de plus pour « contrefaçon de documents ». En effet, l’opposante est accusé d’avoir falsifié des documents dans le cadre de la course à la magistrature suprême.

Mais les deux femmes ne reconnaissent pas les charges qui pèsent contre elles. Pour elles, il s’agit d’une machination politique visant à réduire Diane au silence. Depuis sa candidature à la dernière présidentielle, l’opposante a vu les démêlés avec la justice de son pays s’enchaîner. Si les attaques visait d’abord sa personne, elles se sont par la suite étendues à sa famille avec la saisie de biens et l’arrestation de ses proches.  

Le Rwanda, une prison à ciel ouvert ? 

Malgré son séjour en prison, Diane elle, ne compte pas se taire. Au contraire, elle semble toujours autant, voir plus, déterminée. Et elle le dit. « La prison a renforcé ma détermination », confiait-elle à la presse courant octobre. L’opposante n’a pas l’intention de garder sa langue dans sa poche et compte continuer à crier les inégalités que subissent les Rwandais. « Je sors tout juste de prison, mais mon pays me donne l’impression d’être comme une prison. Et le gardien de cette prison n’est autre que le parti au pouvoir, le FPR (Front patriotique rwandais) qui nous dicte comment vivre, ce qu’il faut faire et ce qu’il faut dire », regrette l’activiste.

Proche du parti au pouvoir alors que son père vivait encore, elle prend ses distances du FPR à la mort de ce dernier des suites d’un accident de la route. Une version contestée par la famille Rwigara qui crie jusqu’aujourd’hui au meurtre.

Consciente des risques de son engagement politique, Diane n’entend pas baisser les bras. « Je ne suis pas dans ce combat pour la gloire (mais) les seuls qui peuvent apporter du changement dans ce pays, c’est nous, les Rwandais. Personne ne va le faire à notre place. », a-t-elle expliqué à l’AFP lors d’un interview.

L’audience s’est achevé après cinq heures. Le verdict lui est attendu le 6 décembre.

 

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Afrique Post News ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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