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Crise dans le secteur du cacao ivoirien: le gouvernement demande un audit

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En Côte d’Ivoire, après des manifestations de producteurs, qui n'arrivent plus à écouler leurs récoltes de cacao, le gouvernement a donc décidé de lancer un audit de la filière. Le pays est le premier producteur du monde et le cacao représente 15% du PIB. L'enjeu est donc essentiel. La situation est préoccupante sur le plan économique et sur le plan social.

Depuis plusieurs années, les cours mondiaux du cacao ne font que monter. Croyant que cela allait continuer grâce à la forte demande asiatique et à de bonnes ventes en Europe, beaucoup d'exportateurs se sont engagés à acheter de gros volumes aux producteurs ivoiriens. Ceux-ci, grâce à un système de vente anticipé mis au point en 2012 et à une promesse de prix élevés, se sont mis à produire tant et plus, dans l'espoir de réaliser de bonnes ventes.

Mais la hausse de la consommation tant attendue n'a pas été au rendez-vous ces derniers mois. Les exportateurs, les négociants, les intermédiaires ne trouvent plus acheteurs. Privés de clients, ils se dérobent. Ils ne prennent pas livraison des quantités qu'ils s'étaient engagés à acheter. Dans le jargon technique, on dit qu'ils font défaut.

Situation alarmante

Des milliers de tonnes de fèves de cacao s'accumulent sur les quais des ports ivoiriens ou dans les entrepôts. Les autorités ivoiriennes veulent donc voir ce qui a dysfonctionné dans l'organisation de la filière cacao. Une filière dont les instances ont aussi sous-évalué la récolte de 350 000 tonnes, chiffre donné ce jeudi matin à Abidjan par le ministre de l'Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly.

Les producteurs de cacao, dans leurs plantations, n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Corollaire de ce trop-plein de cacao, les cours mondiaux se sont effondrés. On est au plus bas depuis près de neuf ans. Les rares acheteurs ne proposent qu'un prix largement inférieur à ce qui était prévu. Les fèves de cacao s'accumulent donc aussi en brousse, chez des paysans ou dans des coopératives. Et tous les acteurs de cette chaîne de production de cacao se retrouvent endettés, incapables de préparer la prochaine récolte. C'est une situation alarmante.


Source : Africatime CI

Africatime CI