Home Economie Côte d’Ivoire: Agence Nationale de l’Environnement, les circonstances du limogeage du DG...

Côte d’Ivoire: Agence Nationale de l’Environnement, les circonstances du limogeage du DG Nondai Didier

Dr Gbe et Document du cabinet-

Côte d'Ivoire: Agence Nationale de l'Environnement, les circonstances du limogeage du DG Nondai Didier

– Vendredi 07 Décembre 2018 – Comme révélé par , le Dr Gbe Nondai Didier n’est plus le Directeur Général de l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE).

Dans une note en date du 30 novembre 2018 en notre possession , par le Directeur de cabinet du ministre de l’environnement , Françaois Kouablan, il est ainsi libelle : « Monsieur le Directeur, pour permettre aux services compétents de mieux diligenter l’audit dont l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) fait l’objet, j’ai le regret de vous informer que vous êtes suspendu de vos fonctions de directeur , à compter de ce jour. Dans l’attente, vous êtes mis à la disposition du cabinet de Monsieur le ministre. »

Si son successeur serait connu, la passation de charge n’a pas encore été faite à ce jour. Dans une note qu’il qualifie de mémoire, le désormais ex directeur général de l’ANDE revient sur les circonstances de son limogeage.

Donatien Kautcha, Abidjan

Ci-dessous l’intégralité de la réaction du Dr Gbe Nondai Didie suite à son limogeage…

Pour Mémoire 

Les 26 et 27 novembre 2018, mes collaborateurs et moi, avions finalisé les derniers documents administratifs et financiers à savoir communication en Conseil des Ministres, Contrat Commercial, lettre de Crédit, Etude de faisabilité etc. relative au projet « Maison de l’Environnement et Centre de Données numériques Environnementale et Sociale ». 
A titre d’information, ce projet a été initié au départ par l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) que je dirige en qualité de Directeur nommé depuis octobre 2014. Nous avons été rejoints sur ce projet par l’Office Ivoirien des Parcs et Réserve (OIPR) et le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL). Nous avons été appuyés par SNEDAI GROUP et COPLANT, un consortium Ivoiro-Chinois pour la mise en œuvre de ce projet mais surtout pour la recherche de financement. 
ICBC, la plus grande Banque Chinoise a émis le désir de financer ledit projet dont le cout est estimé à environ 107 milliards de francs CFA. 
C’est le 30 novembre 2018 alors que j’étais à Grand Bassam en séminaire, séminaire organisé par la Banque Mondiale pour renforcer les capacités des agents de l’ANDE, du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MINEDD) et de toutes les parties prenantes à l’utilisation des outils principaux de travail qui composent les Evaluations Environnementales, que je reçois plusieurs appels téléphoniques de Monsieur KOUABLAN François, Directeur de Cabinet de mon Ministre. J’ai reçu le premier appel téléphonique via le portable de monsieur ZABI Guillaume, Conseiller Technique de Monsieur le Ministre, me demandant de regagner immédiatement mon bureau, afin que je réponde à des préoccupations de Monsieur le Ministre relativement au projet précédemment indiqué.
Sur le parcours Grand Bassam – Abidjan, je reçois les mêmes appels téléphoniques, mais cette fois-ci de mon portable. 
Dix minutes après mon arrivé à l’Agence, je vois apparaître les personnalités suivantes que je conduis à mon bureau. Ces personnalités sont accompagnées de forces de l’ordre. Il s’agit de : 
-Monsieur KOUABLAN François, Directeur de Cabinet ;
-Madame NASSERE KABA, Directeur de Cabinet adjoint ;
-Madame BARRO AMINATA, Inspecteur Général de l’Environnement et du Développement Durable ;
-du Directeur des Affaires Juridiques et du Contentieux ;
-du Directeur des ressources humaines
– et de deux inspecteurs Techniques. 
Monsieur le Directeur de Cabinet me remet une feuille de papier, voir fichier scanné ci joint, signée par lui sur laquelle on peut lire de façon générale ceci : Monsieur le Directeur, je suis au regret de vous annoncer que vous êtes suspendus de vos fonctions pour permettre à l’Inspection Générale d’Etat d’achever l’Audit administratif et financier en cours à l’ANDE. Vous êtes mis à la disposition du Cabinet de Monsieur le Ministre. 
Alors que justement c’est audit n’a pas encore franchi l’étape des échanges contradictoires CAD que le premier rapport n’est pas encore disponible.
Après cela, il réunit les agents dans la grande salle de conférence de l’ANDE où il donne leur donne ladite information.
Mon bureau est automatiquement scellé par un huissier de justice appelé pour la cause, mes affaires personnelles sont confisquées et je suis éjecté de l’agence de façon humiliante devant ma fille et ma femme. 
Mon état de santé, en l’occurrence ma tension artérielle monte à 19/4 tout le weekend. 
Le lundi 03 décembre 2018, malgré mon état de santé précaire, je vais au cabinet pour suivre les instructions données le vendredi précédent. Mais hélas, le courage à lui seul ne suffit pas. Je suis pris d’un vertige pas possible dans le parking extérieur du Cabinet du Ministre. J’appelle au téléphone madame le Directeur de Cabinet adjoint et l’une des secrétaires de Monsieur le Ministre. C’est la secrétaire qui répond à mon sos et vient à mon secours.
 Elle constate avec un chargé d’études du cabinet, médecin, effectivement que mon état de santé se dégrade. Madame le Directeur de Cabinet m’appelle alors et me recommande comme le médecin d’aller me reposer. Entre temps, ne pouvant pas conduire ; j’avais fait appel au chauffeur de mon épouse qui est arrivé sur les lieux avec le neveu de celle-ci. 

Je repars me recoucher à mon domicile. 
Dans la même journée, vers 17h30, une autre secrétaire du Ministre m’appelle pour me dire que Monsieur KOUABLAN François demande que je le rencontre le mardi 04 novembre à 08h à son bureau. 
Comme je suis encore chancelant, mon épouse, inquiète, propose de m’accompagner et me promet de rester dehors sur la route. C’est ce qu’elle a fait. 
Arrivé au cabinet à 08h le lendemain, je constate que le Directeur de Cabinet n’est pas encore arrivé. Alors que je suis dans le parking extérieur du Cabinet, la même secrétaire de Monsieur le Ministre m’appelle et me dit que le rdv est plutôt avec le Ministre à 10h30. 
De retour au secrétariat de Monsieur le Ministre à 10h30 où je m’annonce, je suis prié de m’assoir et d’attendre que Monsieur le Ministre me reçoive.
Au bout d’une heure environs, je vois apparaitre le Directeur de Cabinet qui s’étonne que je n’ai pas encore reçu de bureau et me dit qu’il va voir Monsieur le Ministre. 
Après son départ, c’est le Directeur des ressources humaines qui me demande de le suivre au bureau du Directeur de Cabinet où celui-ci m’annonce que, sur instruction de Monsieur le Ministre, la passation de charge se fera cet après-midi même à 15h à l’ANDE. 
Je lui réponds qu’une passation de charges se prépare avec les collaborateurs et je demande si tous les documents administratifs (décret de nomination ou décision d’attente de mon successeur) sont prêts. C’est alors que je repars à la maison. Mais la nièce de mon épouse, infirmière de son état au service neurologie du CHU de Cocody, de passage me recommande plutôt d’aller à l’hôpital pour suivre un traitement approprié. 
C’est pendant mon absence que mon épouse revenu de l’hôpital, perchée au balcon, voit arriver à la maison, un de mes collaborateurs accompagnés d’hommes en arme. 
Ceux-ci sonnent à la porte et demandent à entrer. Ma femme refuse d’ouvrir la porte. Ils répondent en disant qu’ils sont venus de la part de monsieur le ministre pour remettre un courrier. A cela, ma femme leur dit que mon mari est malade et il est à l’hôpital. Sa tension artérielle est montée dangereusement. 

Que veut Monsieur le Ministre? Il veut tuer mon mari?
 Vous lui direz que je le tiens responsable, si quelque chose arrive à mon mari. Je n’ouvre pas ma porte. Je ne prends pas votre courrier. Ici n’est pas l’administration. Il poursuit mon mari jusqu’à notre domicile conjugal. Les enfants sont effrayés. S’il veut voir mon mari, qu’il l’attende au bureau. Ici je suis chez moi. 
C’est comme cela, qu’ils sont repartis depuis le mardi 04 décembre 2018. Il était environs 19h. 
Nous apprenons par ci par là, qu’ils se préparent à venir me chercher de force à mon domicile avec des hommes armés pour m’obliger à signer la passation de charges. 
Nous avons également appris que, c’est une de ses cousines et donc compatriote Attié dont le village est voisin du sien qui serait pressentie pour me remplacer mais vérification oblige. 
Mais entre nous, comment peut-on faire une passation de charges sans la caution du Gouvernement et de son chef suprême, le Chef de l’Etat qui se traduit par un décret de nomination signé par lui même ; encore moins sans décision d’attente. C’est du jamais vu. Si le décret est signé alors je suis prêt pour la passation de charges. 
Au-delà de tout cela, je tiens à réaffirmer mon appartenance au RDR et par conséquent au RHDP. J’ai organisé aux côtés de Mme le Ministre Anne Désiré OULOTO, en qualité de Président du comité d’organisation des journées du RHDP successivement tenues à l’ISTC et à l’hôtel du Golf. J’ai été membre du secrétariat général à l’agriculture du RDR à l’époque aux côtés de monsieur YTE Wongbi, DG du CNRA. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. J’ai toujours soutenu mon Parti et mon Président, son excellence le Docteur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire.

Dr GBE Nondai Didier
Enseignant chercheur, UFHB
Directeur de l’AGENCE Nationale de l’Environnement

Source : Koaci

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site

Commentaires Facebook