Rentrée solennelle des universités et grandes écoles de Côte d’Ivoire: allocution du...

Rentrée solennelle des universités et grandes écoles de Côte d’Ivoire: allocution du Président de l’UAO, Professeur Lazare POAMÉ

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Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Représentant Monsieur le Premier Ministre, Parrain de la Cérémonie,
Madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
Monsieur le Préfet de Région,
Monsieur le Conseiller du Président de la République, chargé de la Formation et de la Recherche,
Monsieur le Président du Conseil régional de Gbêkê,
Monsieur le Maire de la Commune de Bouaké,
Mesdames et Messieurs les membres de Cabinets ministériels,
Madame et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les membres du corps préfectoral,
Mesdames et Messieurs les Recteurs et Présidents d’Universités,
Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux des grandes Écoles,
Messieurs les Directeurs généraux d’Administration centrales,
Madame la Directrice générale du CROU,
Messieurs les Vice-Présidents des Universités,
Messieurs les Secrétaires généraux des Universités,
Messieurs les Secrétaires généraux adjoints des Universités,
Mesdames et Messieurs les Directeurs des CROU,
Monsieur le Préfet de Police,
Monsieur le Commandant de la Gendarmerie,
Honorables chefs religieux et coutumiers,
Mesdames et Messieurs les Doyens des UFR,
Mesdames et Messieurs les Directeurs de Centres,
Mesdames et Messieurs les Chefs de services,
Chers collègues Enseignants-Chercheurs et Chercheurs,
Chers collaborateurs du personnel administratif et technique,
Chers étudiants,
Chers amis de la presse,
Mesdames et Messieurs, illustres invités,

L’émotion qui est la nôtre, aujourd’hui, au moment même où nous prenons la parole pour vous souhaiter la bienvenue à l’Université Alassane Ouattara, est extrêmement grande.
L’intensité de notre émotion est à la mesure du nombre et de la qualité des personnes réunies sur le sol universitaire Alassane Ouattara.

En effet, c’est la première fois que l’Université Alassane Ouattara accueille les plus hautes autorités académiques ivoiriennes et celles de la sous-région ainsi que tous les responsables des structures partenaires de l’Enseignement supérieur.

C’est aussi la première visite officielle de Madame le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Bakayoko-Ly Ramata, à l’Université Alassane Ouattara. L’on peut donc comprendre la joie qui nous anime.

Madame le Ministre, avant de vous traduire notre reconnaissance pour toutes les actions menées en si peu de temps par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique sous votre impulsion, nous voudrions vous prier de bien vouloir exprimer de vive voix nos remerciements à Monsieur le Premier Ministre pour avoir accepté le parrainage de cette cérémonie.

Nous saisissons l’occasion de votre présence parmi nous, pour vous prier également de bien vouloir traduire au Président de la République, S. E. M. Alassane Ouattara, les remerciements renouvelés de la communauté universitaire pour sa vision féconde d’un Enseignement supérieur mondialement compétitif. Cette vision matérialisée, entre autres, à travers le vaste programme de réhabilitation et de rééquipement des Universités publiques, a permis la résurrection du Campus qui abrite cette cérémonie. Elle a permis également la revalorisation de la prime de recherche dans un contexte socioéconomique difficile. Ce à quoi il convient d’ajouter la récente signature des décrets de nomination tant attendus par les animateurs principaux des Universités et grandes Écoles publiques de Côte d’Ivoire.

Madame le Ministre, notre émotion est aussi à la mesure de l’honneur que vous nous avez fait en opérant le choix en faveur de notre Institution comme cadre d’organisation de la deuxième rentrée solennelle des Universités et grandes Écoles.

« Pourquoi nous ? », serait-on tenté de se demander. La réponse que nous pourrions donner à cette question, sans vouloir nous substituer à Madame le Ministre, est la suivante : « Parce que nous sommes qui nous sommes et osons être ce que nous sommes », entendez la totalité métarithmétique de notre passé et de notre pouvoir-être-au-monde.

En effet, après la crise du 19 septembre 2002 qui a vu la destruction du campus 2 et l’exode de bon nombre de ses acteurs, l’Université de Bouaké, pour continuer d’exister et assurer sans discontinuer la formation de sa jeunesse avide de savoir, se délocalise à Abidjan en octobre 2002 et prend la dénomination d’Université de Bouaké à Abidjan. Son fonctionnement à Abidjan sur huit (8) sites étaient assuré par son administration classique, assistée d’un Comité de crise, créé sous l’impulsion de celui qui allait devenir, près d’une décennie plus tard, le Président de cette Institution, c’est-à-dire nous-même.

En 2012, l’Université est relocalisée sur son site originel, à Bouaké, avec un campus 2 entièrement reconstruit et des édifices plus beaux que ceux qui existaient auparavant. L’Université fut non seulement vêtue de nouveaux apparats, mais elle fut également dotée d’une nouvelle identité qu’elle s’évertue à porter aujourd’hui avec fierté.

La relocalisation de notre Institution, sommée de prendre un nouvel élan marqué par une appropriation intégrée, progressive et intensive du système LMD et de ses exigences, est la preuve indubitable que les acteurs de l’Université Alassane Ouattara ne ménagent aucun effort face aux grands défis que lui imposent leur histoire et la mondialisation des cursus. Notre bilan, largement positif, est au prorata des efforts déployés par l’État, les Enseignants-chercheurs, les Chercheurs, les membres du personnel administratif et technique et les étudiants pour relever ces défis : 100% au Concours d’Agrégation de Sciences juridiques en 2015, 100% au Concours d’Agrégation de médecine et à la titularisation en Lettres et Sciences humaines en 2016. Nous avons également obtenu, toujours en 2016, le prix d’excellence du Président de la République, récompensant le meilleur Enseignant-chercheur et le meilleur étudiant de Côte d’Ivoire.

Ces résultats, nous les devons aussi à Monsieur le Secrétaire général du CAMES, le Professeur Bertrand M’batchi, qui a su redynamiser l’Institution dont il a la lourde charge en la dotant d’outils modernes et fiables garantissant la qualité de son système d’évaluation. C’est à juste titre qu’il a obtenu le prestigieux prix Guni-Africa / afriQAN 2016 de l’Assurance Qualité, récompensant son engagement pour un Enseignement supérieur de qualité. Qu’il reçoive ici les félicitations et les remerciements de la communauté universitaire ivoirienne. Mesdames et Messieurs, ces résultats, nous les devons enfin à Madame le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique que nous tenons à remercier, à présent, de manière toute spéciale.

Madame le Ministre, dans votre quête d’un système d’Enseignement supérieur de qualité, un Enseignement supérieur propre à charmer universellement les entreprises, les employeurs et les manageurs, vous avez pris l’option de reconfigurer, avec une passion rationnelle et hégélienne, le fonctionnement des Universités et Grandes Écoles.

En effet, avec vous, les chantiers ouverts par notre entrée dans le système LMD ont été poursuivis en opérant la sursomption de l’existant. Votre attachement à la Qualité s’est manifesté, dès votre entrée au Gouvernement, par la modification de l’organigramme du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avec la création d’une Direction générale de la Qualité et de la normalisation. En outre, vous avez obtenu, pour booster la recherche, la constitution du fonds compétitif de la recherche, la revalorisation de la prime de recherche et réussi à poser les jalons du contrat de performance devant lier les Universités et les grandes Écoles d’une part et l’État d’autre part.

Universitaire dans l’âme, Diplomate dans l’action, votre patience et votre sens de l’écoute ont la force mystérieuse et mythique de la goutte d’eau qui finit par percer la roche. Cette qualité vous a permis de décanter de nombreuses situations, notamment celle des nominations devenues anxiogènes et énigmatiques pour les acteurs des Universités qui en attendaient l’issue depuis des lustres. La chance que nous avons avec vous, c’est votre mode d’être qui se donne à voir comme acheminement solide et solidaire vers la plénitude de l’être.

La rentrée solennelle qui nous réunit, ici, prend ainsi tout son sens, car il s’agit d’inviter tous les acteurs de l’Enseignement supérieur à épouser un même idéal, celui d’un Enseignement supérieur moderne, humaniste et humanisant, harmonieusement nourri de sa diversité, prêt à relever, dans une solidarité agissante, les défis de la normalisation des rentrées académiques, de la professionnalisation des offres de formation, de l’usage optimal des TIC, de la pacification des campus. Nous avons bien dit « pacification ».

S’il est entendu qu’il est toujours heureux d’être en avance d’une paix, nous ne pouvons que saluer les actions concertées des syndicats de l’Enseignement supérieur (SYNARES, CNEC, SYNAPATES, SYNAGES, SYNAPESCI) qui tentent de s’approprier progressivement les vertus du militantisme pacifiste et patriophilique.

Nous tenons à féliciter les Organisations et Associations d’étudiants pour leur patience face à des situations quasi intenables, leur implication dans les efforts de pacification des campus universitaires, pour leur confiance en nous, Présidents des Universités, Directeurs des grandes Écoles, Directeurs des Œuvres universitaires qui recevons au quotidien leurs plaintes et complaintes adroitement réduites au silence. Chers étudiants, à la suite de la puissance paternelle, le soin maternel que le Président de la République a voulu apporter à nos Universités en nommant Madame le Professeur Bakayoko-Ly Ramata, Ministre de l’Enseignement supérieur, devrait pouvoir constituer pour chacun et pour tous un motif d’espoir supplémentaire.

Qu’il nous soit permis, à ce stade de notre propos, de remercier toutes les autorités académiques venues de la sous-région pour rehausser de leur présence cette cérémonie (nous pensons aux Présidents et Recteurs des Universités d’Abomey Calavy, Cheikh Anta DIOP de Dakar, de Parakou, de Koudougou, de Ouag 2, de l’Ecole Inter-Etat des Sciences et Médecine Vétérinaire de Bamako et de l’Université Polytechnique de Bobodioulasso).

Qu’il nous soit permis également de remercier les autorités administratives et politiques de la région de Gbêkè (le Préfet de région, le Président du Conseil régional, tous les membres du corps préfectoral), les autorités religieuses et sécuritaires de la ville de Bouaké (Monsieur le Maire, le Préfet de police, le Commissaire du 5è Arrondissement de Bouaké, pour l’exemplarité du professionnalisme avec lequel il a contribué à la pacification des Campus universitaires de l’UAO), les autorités académiques du public et du privé (les Présidents des Universités Félix Houphouët Boigny, Nangui Abrogoua, Péléfero Gon Coulibaly, Jean Lorougnon Guédé, de Man, de l’Université virtuelle de CI, les Directeurs Généraux des grandes Écoles, l’ENS, l’INPHB, les Directeurs des CROUS, les Recteurs des Universités privées, les Vice-Présidents, les Doyens…) et tous ceux qui ont effectué le déplacement à Bouaké, témoignant ainsi de leur intérêt pour la formation de nos futurs diplômés.

Nous commettrions un impair grave en oubliant d’exprimer notre profonde gratitude à trois personnalités :
- le Professeur Kouakou N’guessan François, premier Président de l’Université de Bouaké, qui a accepté de prononcer la conférence inaugurale de cette rentrée solennelle ;
- le Professeur Koménan Aka Landry, deuxième Président de l’Université de Bouaké, celui que nous appelons affectueusement le grand maître pour nous avoir eu comme étudiants, nous et nos premiers maîtres de philosophie (en 1982), feu Sidiki Diakité et le Professeur Ignace Biaka.
- Monsieur Adama Diawara, Maître de Conférences et Conseiller du Président de la République en charge de l’Éducation, la Formation et de la Recherche dont les plaidoyers engagés auprès de qui de droit pour résoudre les problèmes des enseignants-chercheurs, notamment le paiement des heures complémentaires, se sont révélés dignes de ceux d’un avocat de renom. Un scientifique avocat ou peut-être un avocat scientifique ?

Qu’il nous soit permis, enfin, de remercier très chaleureusement tous les enseignants-chercheurs qui, entre 1992 et 2002, ont aidé l’Université Alassane Ouattara à se forger une âme : les Professeurs Niamkey Koffi, Benoit Sakanou, Okou Legré, Francis Wodié, Abou Karamoko, Konaté Yacouba, Assamoi Bertin, Séri Bailly, N’Da Pierre, Diomandé Kanvaly, Martin Bléou, Mélèdje Djédjro, René Dégni Ségui, Ouraga Obou, Aka S. Félix, Félix Tanoh, Gilbert Hottois de l’Université Libre de Bruxelles, les Professeurs Nicoué Gayibor, Akibodé Ayéchoro et Komla Nubukpo de l’Université de Lomé pour ne citer que les plus connus de la période susmentionnée.

Madame le Ministre, Mesdames et Messieurs, avec ces hommes et ces femmes Professeurs titulaires, ces Enseignants-chercheurs hors hiérarchie, ces Agrégés des Universités et Maîtres de Conférences ou Maîtres de recherche, avec des Chercheurs de renom prêts à servir loyalement leur pays, la Côte d’Ivoire peut se targuer d’aller à l’émergence en adoptant une démarche intellective, rythmée par la dynamique de l’intelligence collective et discursive.

Nous allons, à présent, avec votre permission, adopter la posture de celui que les philosophes germaniques de la technique appellent « Hörender », c’est-à-dire celui qui écoute plus qu’il ne parle.

Prof. Lazare POAME
Président de l’Université Alassane Ouattara

abidjan.net

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