Logements sociaux : de l’espoir à la désillusion

Logements sociaux : de l’espoir à la désillusion

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Même si aujourd’hui les Ivoiriens continuent de croire à une issue heureuse du programme des logements sociaux, force est de reconnaître que la désillusion a supplanté les espoirs placés en cette opération.

Au moment où les Ivoiriens souscrivaient massivement au programme des logements sociaux il y a quelques années, on pouvait lire sur leur visage l’espoir d’être enfin propriétaire d’une maison après que le gouvernement eut lancé, en 2012, son vaste programme de construction de logements sociaux, aussi bien à Abidjan que dans les villes de l’intérieur du pays. Quatre ans plus tard, sans aucune perspective de livraison à l’horizon, tous déchantent. C’est la désillusion. L’Etat, les partenaires techniques et financiers se rejettent mutuellement, comme une balle de ping-pong, la responsabilité du blocage dans l’avancement des travaux de construction. Et pourtant, les besoins exprimés en matière de logements en Côte d’Ivoire sont énormes. Il ressort d’une étude du BNETD réalisée en 2013 que le déficit cumulé en termes de logements en Côte d’Ivoire est de 400.000, avec un accroissement de 10% chaque année. De cette projection, les professionnels du secteur évaluent aujourd’hui à 500.000 les besoins en logements, avec une demande potentielle de 40.000 logements par an sur l’ensemble du territoire national. Reste donc à faire face à ce déficit structurel pour favoriser l’accès au logement social, même aux plus vulnérables, pour des raisons de justice, là aussi sociale. S’il est vrai que le volet financement est le nœud gordien du problème, la question foncière se pose aussi avec acuité, rendant ainsi encore plus difficile la construction en masse de 250.000 logements prévus par le gouvernement d’ici à l’horizon 2020.

De la nécessité d'une nouvelle politique foncière
Malgré cette volonté politique du gouvernement ivoirien de relancer le secteur de l’habitat à travers la production des logements sociaux, la problématique de l’insécurité foncière justifie aussi la difficulté des bailleurs à financer le foncier et l’habitat. Cette situation n’est pas de nature à encourager les investissements dans le secteur. Comment l’Etat doit-il donc s’y prendre pour sécuriser le foncier, autrement dit, produire un foncier à bas coût, de nature à permettre aux citoyens d’être soit propriétaires de logement, soit à se loger décemment au cas où ils ne seraient pas en mesure d’acquérir un toit. Voilà le problème central auquel une solution doit être apportée. De l’avis des spécialistes, il faut une politique foncière qui puisse maîtriser ou réguler le marché foncier, bien sûr en limitant la spéculation. Malheureusement, en Côte d’Ivoire, «nous sommes loin de cet objectif dont la conséquence n’est rien d’autre qu’une forte spéculation sur le foncier», selon eux. Par exemple, un décret de 2013 fixe à 5.000 FCFA le mètre carré la purge des droits coutumiers à Abidjan. Mais au constat, ce taux n’est pas appliqué sur le terrain. La purge est plus élevée que cela. Et cela a une incidence directe sur le coût du logement.

Alexis Noumé

abidjan.net

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