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Les Samedis de Biton : Agir avant de réfléchir

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Quand la presse anglaise, du moins l’un des grands journaux de Londres, a publiquement accusé Didier Drogba, de malversations sur les comptes de sa Fondation, la joie était immense dans le camp de ses nombreux détracteurs à travers le monde. C’est dit et écrit donc, c’est vrai. Et c’est le cas dès qu’une accusation est formulée contre une célébrité, une star, un homme ou une femme qui enrichit l’actualité. L’homme ordinaire a aussi voulu faire partie des immortels mais son don, son talent l’en a empêché. Il s’est vu par la force des choses, applaudir, admirer l’homme dont il voulait être à la place. Pour beaucoup d’admirateurs le cœur n’admet pas complètement la célébrité. S’ils ne prient pas tous les jours pour que le malheur tombe sur la célébrité ils feront partie des premiers détracteurs lorsque des plumitifs ou la rumeur vont accuser la star d’un fait grave. Alors ils vont déployer leur haine contre celui qu’ils applaudissaient la veille. On sait qu’il n’existe pas de médicaments contre la jalousie, la haine, le mensonge, la falsification des faits. Des gens se laissent détruire par la maladie, inguérissable de tous les médecins et professeurs de la terre. En fait, leur descente aux enfers a pour origine leur état d’esprit, leur mentalité qui s’empare de tous les frustrés. Combien sont-ils en Afrique qui ne peuvent pas comprendre la manière d’agir d’une certaine presse occidentale ? Des centaines de millions. Pour des populations éloignées de Dieu, écrasées de solitude, en peur permanente du chômage et de la précarité, les nouvelles sensationnelles sont comme des paroles d’évangile pour donner un peu d’humanité dans leur vie. Presque chaque semaine, il faut inventer un fait pour salir un honnête citoyen célèbre qui peut faire vendre les journaux. Quand les faits donneront tort au journaliste ou au journal, il sera tard. Le laps de temps a permis de beaucoup vendre les journaux. Et puis, on ne met pas en prison un journaliste dans ces pays développés. Quand la commission des œuvres de charité du Royaume-Uni a estimé qu’aucun argent n’avait été détourné par Drogba pour sa Fondation, contrairement aux propos de la presse anglaise le silence fut total ici et ailleurs. Cela n’intéressera plus les jaloux et les envieux. On connaît la formule consacrée des frustrés déboutés par les évènements. « De toutes les façons, il n’y a pas de fumée sans feu. » Après toutes ces tonnes de « papiers » pour déstabiliser notre icône nationale, la légende vivante de la Côte d’Ivoire, les articles sur les démentis n’ont pas représentés 2% des médisances. Youssou N’Dour ! Comment ne pas l’admirer, l’aduler et l’envier. Tout était beau pour lui. Aussi riche et célèbre qu’une star de la NBA. Et voilà qu’un matin, la presse de son pays annonce que ses sociétés ont été sommées d’un redressement fiscal. Jamais je n’ai vu et lu dans les réseaux sociaux autant de réactions haineuses et les gens ne savaient même pas ce qu’était un redressement fiscal et ne cherchaient pas à le savoir tant ils voulaient « manger » du Youssou N’Dour, comme si c’est lui qui les empêchait de réussir, de manger et de dormir. Aucun médicament pour soigner la haine. Mais, le déchaînement des critiques acerbes contre les deux stars africaines montrent en évidence à l’un et à l’autre qu’une célébrité a des conséquences, donc que tous les adulateurs peuvent se transformer, en quelques secondes, à des accusateurs féroces. Et cela est très important de le savoir afin de rester humble et de prendre Dieu seul comme son vrai fan. En Afrique, beaucoup de gens agissent avant de réfléchir par manque de comparaison et de culture. Même ceux qui ont fait de la dissertation semblent ignorer que devant un fait on pose le pour et le contre. Et qu’on ne part pas des propos d’une seule partie pour dénoncer et conspirer. Comment des gens aux grands diplômes peuvent-ils se comporter comme des personnes sans instruction et sans sagesse ? Comme je l’ai écrit plus haut, cela provient de la frustration, de la jalousie, de la haine, de l’envie de ne pas être ce qu’on a voulu être. Ces poisons dans le sang sont fatales pour l’individu qui les absorbe chaque jour à petites ou grandes doses. Plus que jamais il appartient aux décideurs d’impliquer fortement les religieux dans la gestion de la vie publique. Les gens vont de plus en plus dans les lieux de culte mais restent insensibles à la parole de Dieu. Un ajustement doit se faire à leur niveau pour ne pas que le goût prononcé des peuples africains pour le matériel et l’argent font d’eux des Occidentaux. Des gens éloignés de Dieu ce qui serait très grave pour la fragile Afrique. A Drogba et Youssou N’Dour, un seul conseil contre les critiques. Toujours faire mieux et plus. Augmentez vos réalisations et aidez encore plus les pauvres. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly

abidjan.net