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Côte d’Ivoire: Réaménagement du calendrier scolaire, le ministère affirme qu’il ne fait que gagner 12 jours et donne autres raisons que la grève des fonctionnaires

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Mea Kouadio au micro mercredi entouré de Mme Toungara et Mr Sanogo (Ph KOACI.COM)-

© koaci.com – Mercredi 08 Février 2017 –En raison de la grève générale des fonctionnaires du mois de janvier dernier, les cours ont été interrompus dans les différents établissements scolaires du pays.

Une situation qui a eu un impact sur les 33 semaines, soit 990 heures prévues pour l’année scolaire 2016-2017.

C’est pour rattraper le temps perdu que, la ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENET-FP), a décidé de réaménager le calendrier scolaire en cours.

Madame Kandia Camara a décidé de supprimer les congés de février prévus du 17 au 23 février (3 jours gagnés) , raccourcir les vacances de Pâques (4 jours gagnés) , rajouter une semaine au troisième trimestre (5 jours gagnés) et enfin décaler les dates d’arrêt de notes du deuxième et du troisième trimestre (1er et 2è semestres pour l’enseignement technique et la Formation Professionnelle).

Ce calendrier réaménagé, malgré toutes les contraintes qu’il imposerait, ne fait que gagner 12 jours sur tout le temps perdu décrit plus haut. Autrement dit, la présente année scolaire comptera moins que les 33 semaines et les 990 heures annoncées.

Les syndicats des enseignants ont déjà commencé à manifester leur mécontentement face à cette décision.

C’est pour éclairer les élèves, leurs parents et les partenaires du système éducatif, sur cette question ,que le Directeur des Ecoles ,Lycées et Collèges a eu une rencontre ce mercredi avec les journalistes au ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENET-FP)sise à la tour D au Plateau , comme constaté sur place par KOACI.COM.

Mea Kouadio dont-il s’agit qui était accompagné pour la circonstance de Madame Toungara Désirée, Directrice de l’Encadrement des Etablissements privés et de Mr Bakary Sanogo, Directeur de l’enseignement technique, s’est interrogé si on pouvait faire autrement face au temps perdu.

Pour lui, non seulement cela a été dû à la grève des fonctionnaires, mais il ne faudrait pas oublier aussi le temps de remise en route nécessaire lors de la reprise effectuée le lundi 30 janvier dernier.

Par ailleurs le collaborateur de la ministre a expliqué que, avant les congés de Noël, la plupart des établissements avaient fermé plus tôt que ne le prévoyait le calendrier, parce que les élèves ayant décidé d’anticiper sur les congés.

De même à la rentrée de Noël, d’autres établissements n’avaient pas encore ouvert avant que ne survienne la grève, soit parce que les élèves n’étaient toujours pas arrivés, soit parce que les enseignants étaient en grève de représailles contre leurs élèves qui étaient partis en congés anticipés.

« Quel sens aurait-on donné au repos prévu par les congés de février exactement trois semaines après une période si longue d’inactivité ? Est-cela, être responsable ? Dans cette perspective, peut-être fallait-il prévoir que les dates des examens scolaires soient repoussées, et la date de la prochaine rentrée aussi ? », S’est-il interrogé.

Poursuivant sur les raisons de cette décision qui fait une fois de plus couler beaucoup d’encre et de salive chez les enseignants après celle des cours du mercredi toujours d’actualité , le directeur en charge de la question, a reconnu d’abord qu’aucune instance internationale ne fixe ni impose de rythme scolaire, avant d’expliquer.

« Les données recueillies par ces instances permettent de savoir que, à travers le monde entier, dans les pays où l’on travaille le moins, l’année scolaire compte 1000 heures de cours étirées sur 33 semaines. En Côte d’Ivoire, nous y sommes presque », a-t-il expliqué, avant d’ajouter.

« On oublie souvent que nous vivons sur une même planète. Que notre system éducatif a besoin d’être crédible pour que les élèves qui en sont issus puissent intégrer, sans difficulté aucune, d’autres systèmes éducatifs. Que nous avons l’impérieuse nécessité de ne pas décrocher face aux défis de la mondialisation et que, par conséquent, les produits de notre système doivent pouvoir rivaliser avec les produits de tout autre système. »

Pour conclure, Mea Kouadio a déclaré que l’on feint d’ignorer que des élèves de Côte d’Ivoire, de plus en plus nombreux, intègrent des établissements prestigieux basés ici ou à l’étranger.

« Certaines mêmes, sur la base de leur seul mérite, bénéficient de bourses octroyées par l’Etat de Côte d’Ivoire ou par des pays étrangers. Si nous réduisons à l’extrême le temps d’apprentissage, quel gage de qualité offrirons-nous ? Qui accordera des bourses à des élèves ayant bénéficié d’une formation escamotée par un temps d’apprentissage tronqué ? », A fait remarquer, le Directeur des Ecoles, Lycées et collèges la fin de sa déclaration.

Si le réaménagement du calendrier scolaire qui répond à rattraper le temps perdu est actuellement salutaire, la question que l’on se pose désormais, est de savoir ce qu’envisagerait le ministère au cas où une nouvelle grève des enseignants venait à le perturber de nouveau ?

Malheureusement nous ne pouvions poser cette question au collaborateur de Kandia Camara, parce que nous étions à un point de presse, où la parole est uniquement donnée à l’interlocuteur, comme l’a d’ailleurs si bien rappelé son service communication à notre égard.

Donatien Kautcha, Abidjan

Source : Koaci

Koaci

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