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Côte d’Ivoire: Michel Gbagbo poursuivi pour avoir osé répondre au pouvoir via KOACI, l’affaire renvoyée à vendredi pour «dysfonctionnement de l’appareil judiciaire»

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Michel Gbagbo

– Vendredi 23 Juin 2017 – Non vous ne rêvez pas, un média indépendant est poursuivi en Côte d'Ivoire pour avoir donné la parole à l'opposition après que le pouvoir eut à exprimer une position.

Cette règle démocratique et déontologique de base vaut au média panafricain indépendant KOACI d'être poursuivi par la justice ivoirienne pour le simple fait d'avoir rapporté en mai 2016 (3 mai 2016, ndlr) des propos de Michel Gbagbo en réponse à ceux du président Ouattara.

Dans un entretien avec le journaliste Donatien Kautcha, le fils français de l'ancien président, privé de droit civiques et de sortie de territoire depuis 2011, expliquait que le pays comptait des prisonniers politiques alors que le président lui, le 1er mai, affirmait le contraire.

La sortie de Michel Gbagbo avait alors "ouvert la parole", et d'Henri Konan Bédié à l'ex porte parole du gouvernement Affousiata Bamba, nombre de personnalités évoquaient les cas de prisonniers politiques au pays en citant l'expression tel quel.

Le 26 mai 2016, Laurent Despas, le propriétaire de KOACI et Michel Gbagbo avait été convoqués par la brigade de gendarmerie avant de passer devant un juge d'instruction en juillet pour être questionnés. Michel Gbagbo avait reconnu l’entièreté des propos rapportés et Laurent Despas expliqué qu'en tant que simple propriétaire du média, il avait constaté que le journaliste avait simplement respecté les règles du métier.

Lors de l'enquête Laurent Despas avait fait remarquer aux gendarmes puis par la suite à la juge, que l'article tiré pour la procédure n'était pas un article de KOACI mais issu d'un autre média internet qui s'était inspiré de l'article de KOACI mais en y rajoutant des éléments dont une "insulte" envers le président Ouattara. Il s'était alors désolé que les enquêteurs n'aient même pas pris le soin de se rendre sur pour vérifier et tiré l'article original.

Depuis lors les concernés pensaient l'affaire classée au regard de la "grossièreté" des faits reprochés.

Le procès issue d'une procédure étrangement ressortie plus d'un an après par la femme juge d'Adama Bictogo dès sa prise de fonction au tribunal a là encore étrangement été reporté à vendredi prochain, officiellement pour cause de "dysfonctionnement de l'appareil judiciaire", comme relevé sur place au tribunal du Plateau à Abidjan.

A suivre...

Amy Touré, Abidjan



Source : Koaci