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En Côte d’Ivoire, le sulfureux coupé-décalé du ministre et de l’ambianceur

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Le Monde- La foule n’est plus qu’un grand cri suspendu. DJ Arafat gravit les marches qui le conduisent à la scène, sur des trompettes synthétiques de triomphe romain. Casquette blanche, chemise imprimée au visage du président Ouattara, le ministre d’Etat Hamed Bakayoko l’attend, les bras ouverts. Le parrain et son lieutenant. « C’est mon fils ! C’est mon fils ! », hurle le politicien.

Joignant le geste à la parole, ce géant embarque le musicien sur son dos comme un enfant et tournoie dans l’air chaud. Dans cette scène d’adoubement patriarcal face à un public sidéré, dans cette vidéo de médiocre qualité qu’on trouve sur Internet, quelque chose se joue pour le duo le plus baroque et le plus magnétique de la Côte d’Ivoire. Cette nuit encore, le ministre et son DJ font danser un pays entier.

Dans tous les clubs de la capitale, on s’échange les anecdotes du ministre qui s’élance sur la piste de danse, harangue la salle, exécute trois pas déhanchés sur du coupé-décalé. Mais ce dont on parle aussi, désormais, c’est de son club privé à domicile, son maquis intérieur, l’espace où, à l’abri des regards, il prolonge la nuit.

Hamed Bakayoko : « Je veux être un ministre au diapason des gens »

Hamed Bakayoko, rencontré dans son bureau du ministère de l’intérieur, ne trouve pas étrange, dans ce pays qui bouge beaucoup et où les casernes semblent à tout moment sur le point de déborder, que l’on veuille parler musique : « J’ai besoin des concerts. Je ne veux pas que la politique m’enlève cette partie essentielle de moi-même. Je veux être un ministre au diapason des gens. »


Source : 225news