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Côte d’Ivoire : des parlementaires français dénoncent un taux de croissance à 2 chiffres flatteur

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La Côte d’Ivoire a fait l’objet d’un rapport de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française. Philippe Cochet, le président de la mission d’information sur la Côte d’Ivoire s’est clairement inquiété de la situation sur place et dénoncé des chiffres qui font croire que tout va pour le mieux dans ce pays ouest-africain.

Ce rapport produit par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française regarde d’un œil plus que méfiant les chiffres qui circulent sur la croissance en Côte d’Ivoire. « Un pays contraste entre les taux de croissance flatteur et la persistance d’une pauvreté massive qui placent la Côte d’Ivoire au 172e rang mondial sur 188 », fait rapidement remarquer M. Philippe Cochet.

Il a évoqué le domaine de l’investissement qui a enregistré des offensives de nouveaux acteurs marocains, chinois, mais aussi nigérians. Si les différents marchés de ce pays semblaient réservés à la seule France dans le passé, une réelle concurrence existe aujourd’hui, ce que ne manquera pas d’alerter un peu plus les entrepreneurs français.

Il a aussi été question de politique, surtout de l’opposition et son chef de file désigné par le pouvoir Ouattara. Pour ces législateurs français, le Premier ministre Pascal Affi N’Guessan n’est pas parvenu à fédérer autour de sa personne le FPI qui est détenu dans sa grande majorité par le ministre Aboudrahamane Sangaré. Pour eux, « les résultats des législatives de décembre 2016 illustrent à quel point la stratégie d’Affi N’Guessan peine à rassembler l’électorat du FPI.» Cette observation remet d’une certaine façon en cause le statut de chef de l’opposition dont s’auréole M. Affi N’Guessan.

Le président du FPI a pris des décisions non conformes à la vision des pro-Gbagbo de son parti, ce qui a donné lieu à un rapport de force sur le terrain. La vérité est que ce rapport n’a jamais tourné en sa faveur ni lors de la présidentielle ni aux législatives. Le fort taux d’abstention et son maigre score réalisé (3 députés élus) montrent qu’il n’est pas l’homme fort de l’opposition ivoirienne. « Son niveau particulièrement élevé dans les régions qui soutenaient traditionnellement Laurent Gbagbo suggère néanmoins que la consigne de boycott donnée par une partie des militants de l’opposition trouve un certain écho», fait remarquer ce rapport.

Bien qu’ils se refusent à traiter à la place des Ivoiriens leurs problèmes, les parlementaires français conseillent aux « Ivoiriens, aux historiens et à la justice (de ce pays, NDLR) de se prononcer sur les responsabilités » des faibles résultats obtenus dans ce qui a été fait par les différentes parties jusqu’à maintenant.

Même s’ils se défendent une nouvelle fois de s’ingérer dans les affaires ivoiriennes, les rapporteurs font le constat qu’il y a des raisons de cette « situation qui pèse lourdement sur la vie politique de la Côte d’Ivoire et hypothèque le retour à un fonctionnement démocratique apaisé.» Sous-entendu, le pays du président Ouattara n’est pas vraiment le havre de « la démocratie » que voyaient en marche Ségolène Royal et Manuel Valls lors de leurs passages à Abidjan.

Gbagbo et Blé Goudé emprisonnés, l’origine du malaise
Alors que les deux personnages qui auraient pu constituer de vrais opposants à Ouattara sont en prison, on parle ici de Laurent Gbagbo et Blé Goudé, les autres suspects d’exactions lors de la crise du camp d’en face sont en liberté, ce qui soulève une question chez ces parlementaires. « Faut-il incriminer l’ancien président et les leaders du FPI de ne pas accepter l’issue de la crise de 2010 ou bien les dirigeants actuels et la communauté internationale? » Pour eux, c’est aux « Ivoiriens, aux historiens et à la justice » de se prononcer une nouvelle fois.

Même si le rapporteur marche sur les oeufs dans sa présentation des choses, il reconnait néanmoins qu’il existe un sentiment d’une « justice des vainqueurs » dans ce pays. Ce rapport pointe « plus de 200 personnes du camp de l’ancien président » emprisonnées dans le cadre de la crise post-électorale. Cette implacable réalité qui part du « fait que seuls Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé » ont été « transférés à La Haye accentue la perception que la justice est partiale.»

De façon diplomatique, ce rapport de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française demande au président Ouattara plus d’efforts afin d’installer dans le pays un véritable climat de confiance. Seul moyen de parvenir à la réconciliation encore lointaine dans l’esprit des Ivoiriens.


Source : Africatime CI

Africatime CI

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