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Interview/Bamba Cheick Daniel:  » Le CNO n’a pas compétence pour suspendre une fédération »

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Le président de la Fédération ivoirienne de Taekwondo (FITKD) et son comité directeur sont suspendus. Cette décision prise par le Comité national olympique de Côte d’Ivoire (CNO-CIV) n’est du goût de Me Bamba Cheick Daniel. Très remonté, le patron du Taekwondo ivoirien dénonce une conspiration et une tentative de déstabilisation que ne peut accepter sa fédération. Dans cet entretien, il explique et condamne les agissements du CNO-CIV et de son président, le général Lassana Palenfo.

Le Patriote: Le Taekwondo ivoirien est aujourd’hui au cœur d’une crise larvée avec le Comité national olympique de Côte d’Ivoire (CNO-CIV). Comment est né ce différend qui défraie la chronique?

Bamba Cheick Daniel: Il n’y pas de crise dans la maison du Taekwondo. Le Taekwondo s’est toujours fait remarquer par sa cohésion, sa concorde. Au Taekwondo, on a toujours su se retrouver pour régler nos petites incompréhensions du moment. Même aujourd'hui, il n’y a pas deux camps au Taekwondo comme on le voit ailleurs dans d’autres crises au sein de fédérations sportives où deux clans s’affrontent : par exemple 100 personnes qui ont fait une assemblée générale et un autre groupe dissident organise son AG e élit un autre président ou rejette celui élu par le camp antagoniste. En ce qui nous concerne, le Taekwondo ivoirien est uni autour de son seul comité directeur, autour de son seul président, autour des textes qu’il (le Taekwondo) s’est donné et qu’il a modifié à plusieurs reprises avant même l’avènement de BAMBA Cheick Daniel.

Le Patriote : Comment s’est manifesté cette adhésion autour de cette modification de vos textes et votre élection.

BCD : Tout s’est fait par des assemblées générales qui ont décidé de manière souveraine de modifier les textes avec une pétition signée à 86%, par les clubs ayant droit de vote (210 clubs sur 234), une pétition signée par les Grands Maîtres et Anciennes Gloires du Taekwondo dont certains sont âgés de plus de 74 ans et une élection pour modifier les statuts et règlement fédéraux votés à l’unanimité et consignée dans un procès-verbal d’huissier des élections. Cette assemblée souveraine a ouvert une élection où chacun pouvait entrer en compétition. Bamba Cheick s’est présenté et a eu pratiquement 98% des voix et il a formé un comité directeur. Donc, il n’y a pas de crise, de blocs antagonistes au sein du Taekwondo ivoirien. Ce sont des éléments extérieurs à la Fédération qui combattent la Fédération et le Taekwondo ivoirien.

LP: D’où vient donc cette décision de suspension brandie par le CNO-CIV si tout est rose comme vous le dites?

BCD: J’étais allé saluer un ami, M. Idé Issaka, président du Comité olympique national du Niger qui était à Abidjan pour prendre part à une réunion de l’Association des comités nationaux olympiques africains (ACNOA) au Radisson Blu près de l’aéroport Houphouët-Boigny. Idé est, en même temps, vice-président de l’Union africaine de Taekwondo. C’est un aîné et je suis allé le saluer. Et c’est là qu’il m’a demandé ce qui se passe entre moi et le CNO-CIV. J’ai été surpris de sa question. C’est alors qu’il m’apprend que ça ne va pas, que les anciens en ont contre moi parce que je serai devenu arrogant, qu’ils sont très amers. Je lui ai rétorqué que j’ai de très bons rapports avec le général Palenfo (Lassana, président du CNO-CIV, ndlr) et qu’il est même très content du Taekwondo ivoirien surtout après la belle aventure de Rio et que je suis même son chouchou. Immédiatement, j’ai demandé qu’on appelle le grand-frère, le Pr Alain Ekra, le vice-président du CNO-CIV. Dès que j’ai lui ai dit que je souhaiterais le rencontrer, il m’a répondu que le CNO-CIV m’a écrit et qu’ils veulent me voir. J’ai pensé que c’était l’un des échanges habituels et qu’ils voulaient donner des bourses à nos olympiens ou comment ils comptaient les appuyer dans leur formation en Allemagne.

C’est alors que j’avais même demandé à Me Anzoumana Siaka (secrétaire général de la FITKD, ndlr) d’aller à cette réunion pour prendre les instructions du CNO-CIV par rapport à nos olympiens, et expliquer le fonctionnement de la FITKD. Mais le Pr Ekra, lors de nos échanges, a insisté pour que je sois présent. Il m’a même dit qu’ils veulent comprendre certaines choses par rapport à nos élections. Je n’ai trouvé aucun inconvénient.

Je suis allé au rendez-vous au jour convenu, c’est- à-dire le 20 mars 2017. Pour une réunion prévue à 16 heures, je suis arrivé à moins le quart pour ne pas être en retard. J’ai été reçu à 16h30, assis dans une salle d’attente. J’avais pris le soin de venir avec mon ordinateur et mon rapport déposé au ministère des Sports par prudence. Parce que déjà, l’un de mes anciens élèves, et que j’avais nommé Vice-président de la FITKD, Cissé Yao Jules, avait déposé un recours en annulation au ministère des Sports. Il s’opposait à l’assemblée générale extraordinaire qui avait modifié les statuts de la FITKD et qui avait levé la limitation de mandats. Le ministère des Sports m’avait, par écrit, donné un délai de huit jours pour répondre à la plainte de Cissé. Et nous avons répondu très rapidement avant même le terme du délai indiqué.

Six mois après, le ministère des Sports n’a plus réagi et j’ai donc pensé qu’il a classé ce dossier sans suite parce que c’était ridicule. Comme le Pr Ekra m’a parlé d’élection à la FITKD au téléphone, je décide d’aller donc à cette réunion avec le dossier Cissé Yao Jules.

LP : Mais au début de vos propos vous avez dit que le CNO-CIV vous accusait de maltraiter les olympiens parce que vous n’avez pas vu leur contrats et leur argent. Qu’avez-vous répondu ?

BCD : Cette accusation m’a littéralement affaissé ! J’ai eu très mal ! Je leur ai dit que c’est vrai que la FITKD et moi avons été totalement été ignorés et avons découvert tout Abidjan couvert d’affiches de Cissé et Ruth avec la boisson Malta. Mais lors d’une grande réunion publique au Collège Sainte Thérèse de Koumassi, j’ai tout pardonné et invité tous les responsables de la FITKD à faire de même. Alors de quoi m’accuse-t-on alors que je me saigne à les faire participer à des compétitions internationales ?

LP : Mais vous êtes aussi accusé d’avoir imposé de façon arbitraire un autre athlète à la place de Konan Sébastien pour les J.O. de Londres 2012 ?

BCD : Et là encore Mr Palenfo me sort une vieille histoire de 2012 où l’athlète Konan Sébastien a bénéficié d’une bourse olympique de 600000 F CFA par mois pendant trois ans, aux Etats-Unis d’Amérique. Il revient à Abidjan, je vois quelqu'un qui a pris du poids. Pendant ce temps, Gbané Seydou, champion de Côte d’Ivoire, en grand forme, qui doit aller défendre les couleurs ivoiriennes, le CNO-CIV s’oppose. On parle d’un investissement de 18000 dollars sur Sébastien et que je suis obligé d’aller avec lui au tournoi qualificatif de Charm El Cheick en Egypte. Je réponds qu’il est en méforme par rapport à Gbané Seydou qui est en grand forme (champion d’Afrique et plusieurs fois champion de Côte d’Ivoire). J’ai insisté et suis resté ferme pour leur dire que sous mon mandat, il n’y aurait pas la place à des sélections de complaisance en équipe nationale et que ce sont les meilleurs qui iront à l’international. Et d’ailleurs, c’est cette politique qui fait qu’on gagne des médailles aujourd’hui. Et puis Sébastien est allé, je crois deux fois aux JO et il en est revenu bredouille ! J’ai été surpris qu’on me ressorte ça cinq ans après. Surtout qu’on ne m’a jamais présenté de facture. Pour nous qui avons laissé des dizaines de millions pour qualifier nos athlètes pour Rio et revenir avec deux médailles au pays, c’est vraiment ahurissant que Palenfo me parle de 9 millions que le CNO-CIV aurait remboursé à la Solidarité Olympique comme si c’était son propre argent ! J’ai cru Mr Palenfo tellement heureux de revenir avec des médailles des JO après 20 ans d’attente que je ne peux pas imaginer qu’il pouvait me jeter au visage cette petite histoire !

LP : Dans la décision du CNO-CIV, on lit aussi que vous n’avez pas respecté les délais de convocation de l’AG de décembre 2016.

BCD : Oui Palenfo, lors de cette rencontre m’a opposé cet argument contenu dans la plainte de Cissé Yao déposée au ministère des Sports. Et puisque j’avais sur moi mon dossier (réponse remis au ministre des Sports), je lui ai séance tenante, document à l’appui, apporté la preuve que les délais avaient été respectés. On ne peut pas me dire à moi qui ai organisé de nombreuses élections en Côte d’Ivoire qui ai été préfet intérimaire d’Abidjan, d’Abengourou, qui ai été directeur général de l’administration territoriale pendant 11 ans, ai pu ignorer des délais de convocation d’une assemblée générale ou d’un scrutin qui s’imposeraient?

LP : Le CNO-CIV vous reproche aussi d’avoir pris un faux huissier de justice

BCD : Ils l’ont qualifié de «faux huissier» parce que selon eux, il n’est pas inscrit à la chambre des huissiers et par conséquent le procès-verbal de l’AG de décembre 2016 qui a modifié nos textes est nul. Un peu troublé, je réponds au Général que nous n’avons pas pris la peine de vérifier si cet huissier était en situation régulière ou non et que nous l’avons engagé de bonne foi. Mais alors là, j’ai vu le Général Palenfo heureux et de lancer que «Dès que l’huissier ne remplit pas les conditions d’exercice de sa fonction, on n’y peut rien, l’acte est nul ; donc votre AG est nulle». Il a immédiatement fait venir son Conseiller juridique qui m’a asséné la règle de «nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.»

LP : Et alors ?

BCD : Pour terminer, il me lance ceci à la face: “Il faut que tu me reportes ton AG élective que tu as prévu pour le 8 avril. Reportes-moi ça! On va investiguer et écouter tout le monde et on verra”. Sonné, j’ai même accepté le principe du report de notre AG élective mais j’ai exigé qu’il me saisisse par écrit pour je puisse rendre compte au Comité directeur de la FITKD et j’ai insisté pour qu’ils me fassent connaître l’identité des plaignants et leurs plaintes parce que pour porter une plainte, il faut avoir la qualité pour le faire, l’intérêt pour le faire. Trois jours après, j’ai écrit au CNO-CIV pour réclamer le courrier qui n’arrivait pas. Alors on m’envoie un courrier sans les noms des plaignants et sans les plaintes. Et on reprend les mêmes griefs qu’on m’avait signifiés verbalement lors de la première rencontre. On me reproche plutôt d’avoir pris un athlète à la place d’un boursier olympique ; on me reproche d’empêcher les olympiens de participer à des compétitions internationales. Et que je dois éviter de poser des entraves à leur carrière et de tout mettre en œuvre pour qu’ils participent à des compétitions internationales. J’ai trouvé cela aussi prétentieux que Palenfo et son CNO-CIV qui ne me donnent rien comme argent m’intiment l’ordre de faire ce que je fais depuis huit ans et que je continue de faire sans les attendre. Ils me parlent comme s’ils avaient participé au financement de leur parcours.

Pendant qu’au ministère des Sports, on parle du manque d’argent, ceux qui ne donnent rien et qui n’ont jamais rien donné au Taekwondo, me disent de mettre tout en œuvre pour qu’ils aillent aux compétitions. Malgré la preuve que j’ai fournie, ils reparlent dans leur lettre d’une convocation de l’AG hors du délai fixé par les textes de la FITKD et insistent sur le fait que l’huissier ne remplit pas les conditions pour dresser un procès-verbal légal. Pour ainsi arriver à la confirmation de l’annulation de l’AG qui a modifié nos textes et exiger le report de l’AG élective.

LP : Vous étiez prêts à exécuter la directive du CNO-CIV mais en fin de compte vous ne l’avez-vous pas fait ?

BCD : Oui, j’avais presqu’accepté de me soumettre à leurs instructions du CNO-CIV. J’étais prêt à accepter mais ce qui m’a intrigué avec le Comité directeur et nous a alerté sur ce qui, de toute évidence, n’était que traquenard et mauvaise foi, ce sont les faits de revenir sur des griefs pour lesquels des explications claires ont été données telles que l’affaire de Konan Sébastien et des olympiens ; le délai de convocation qui pourtant a été respecté et ne pas avoir pris le temps de vérifier si l’huissier remplissait ou non les conditions d’exercice de sa fonction mais continuer de le qualifier de faux huissier. Le CNO aurait pu s’organiser pour que l’huissier se présente à lui avec les documents requis pour avoir une charge d’huissier de justice. Et même demander à son conseiller juridique de le documenter sur l’accession et la perte de la profession d’huissier de justice. Mais surtout et c’est là que Mr Palenfo et le CNO-CIV se sont disqualifiés et ont perdu tout crédit dans leur prétendue mission d’investigation. Avec une phénoménale promptitude, la lettre qu’il m’a adressée a été immédiatement transmise à l’ambassade de Corée, au ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, au ministère des Sports, l’Union Africaine de Taekwondo, à la Fédération Mondiale de Taekwondo, à l’Académie Mondiale de Taekwondo, le Kukkiwon à travers le Grand Maître Kim Young Tae. Il demandait en substance à la Fédération Mondiale de Taekwondo d’endosser ses sanctions. J’ai senti qu’on m’attirait dans un filet. J’ai donc convoqué une réunion du comité directeur de la FITKD pour qu’on regarde de près cette affaire et pour qu’on avise ensemble.

LP: A vous écouter, on conclurait à une conspiration contre la personne de Bamba Cheick.

BCD: Mais bien sûr ! C’était une pitoyable mais odieuse conspiration. On s’est bien informés et on connaissait les personnes qui faisaient et continuent de faire agir le Général Palenfo et je l’ai même dit lors de ma première conférence de presse en le ménageant avec respect. Je l’ai appelé lui-même à prendre conscience de ce qu’on lui fait faire, où de ce qu’on lui dit. Qu’ils sont entrain de l’induire en erreur. Et je ne me suis pas arrêté là. Je souhaiterais que vous le mentionniez bien. J’ai vainement cherché à les approcher pour que tout se règle en toute sérénité.

LP: Bamba Cheick Daniel ne serait-il pas victime de ses ambitions? Surtout qu’il se raconte qu’il lorgnerait la présidence du CNO-CIV.

BCD: Je crois qu’on leur a dit que leur CNO-CIV m’intéresse parce que les gens s’agitent inutilement. Si c’est ce qui les gêne tant, ils peuvent bien se tranquilliser. C’est un procès d’intention tout simplement. Je suis protestant méthodiste, je suis d’une grande famille musulmane, je suis chef de la famille d’une grande famille Bamba de Férentella (Région du Bafing ndr) mon père s’appelle Bamba Vamoussa. Chez nous, on ne s’amuse pas avec un tchèkroba (un ancien, un aîné, en bambara) quand il est sur une affaire. On ne cherche pas sa femme, on ne le trompe pas, on ne lui arrache pas quelque chose auquel il tient. Mon éducation ne permet donc pas de viser le fauteuil de Palenfo. J’ai appelé le Pr Ekra et je l’ai informé de mon souhait de le rencontrer suite à la réception de la lettre qui m’a été adressée. Il m’a dit qu’il y a la FIBA qui est là, qu’il a une réunion de basket, et qu’il me ferait signe dès qu’il aura le temps. Moi, son petit frère, un ancien membre du gouvernement qui dit qu’il veut te voir après que vous lui ayez écrit une telle lettre dont tu connais le contenu. Je pense qu’entre des réunions, il pouvait trouver une petite lucarne de 30 mn pour parler avec lui. Six mois après, il ne m’a toujours pas appelé et d’ailleurs c’est lui qui signe ces courriers de prétendue décision de suspension.

J’ai invité le frère cadet du Professeur Alain Ekra, mon ami Maxime Ekra chez moi pour qu’on parle de cette affaire. Il m’a fait l’amitié de venir chez moi. Je lui demandé ce que serait sa réaction s’il apprend que je fais des histoires avec l’ainé Alain, dans la presse. Il a juste dit qu’il ne serait pas content et que je dois d’abord parler avec lui. Donc je lui ai tout exposé. Et je lui ai confié le soin d’aller dire à notre aîné que je n’aurais jamais la prétention d’aller leur chercher noise en me portant candidat à la présidence du CNO-CIV comme le leur fait craindre certains de mes ennemis. Et que je suis prêt à être le directeur de campagne du candidat que Palenfo et Ekra auront choisi. Jusqu’aujourd’hui, c’est-à-dire trois mois plus tard, ni Maxime ni Alain EKRA ne m’ont rappelé.

J’ai invité chez moi le Président de la Fédération de Judo Me Angbo Isaac parce que je le considère comme le filleul du judoka Palenfo ayant appris que Palenfo serait en train de le préparer pour sa succession à la présidence du CNO. Je lui ai dit ceci : « Si Palenfo pense que je veux perturber vos plans par ma candidature au CNO vous vous trompez. Je t’ai appelé pour vous rassurer ; Vas donc lui dire que le CNO ne m’intéresse pas.»

Je suis allé voir un grand ami au Général Palenfo, le célèbre transporteur Ouattara Zanga dit Zanipé propriétaire du Groupe SOTRANSPO-SITO.

J’étais en 1991 Sous-préfet à Niellé et Palenfo allait lui rendre visite dans son village Ouarga près de Pogo. C’est en ce moment que j’ai connu le Gal Palenfo. Oui j’ai appelé Zanga et je lui ai dit que je souhaitais le voir. Il m’a dit :”Viens!”

Je lui ai posé la question de savoir qui me conduirait vers le doyen Palenfo si un jour je manifestais le désir de briguer la présidence du CNO-CIV. Il m’a répondu que ce serait lui-même en personne. Je lui ai donc présenté les courriers qui m’ont été adressés par Palenfo. J’ai gentiment demandé au grand-père Zanga d’en parler à Palenfo au nom de leur amitié, avant que je ne sois contraint de répondre aux courriers. J’ai même demandé qu’il lui demande pardon si d’aventure j’ai commis des impairs quelque part. Il a apprécié la démarche et a promis nous rencontrer. Effectivement il a appelé le général et lui a soumis la requête. En retour, il a préféré proférer des menaces à mon endroit.

C’est après tout cela que le Comité Directeur de la FITKD a décidé de répondre à la lettre de Palenfo, de ne pas reporter l’organisation de l’élection à la présidence de la FITKD et d’organiser une conférence de presse pour éclairer l’opinion publique sur cette affaire

LP: Comment vous vous sentez avec toute cette histoire?

BCD: Je suis triste. J’ai le droit avec moi mais je suis triste, désabusé. Mon épouse, mes enfants qui vivent avec moi tous ses sacrifices et qui m’ont suivi à Rio sont pratiquement traumatisés par tout ce qui m’arrive depuis le retour de Rio !

Mais aujourd’hui, c’est grâce à moi qu’il a eu des médailles olympiques et même une médaille d’or. Je l’ai honoré et chaque fois que j’organise une cérémonie, je l’invite, je l’encense. J’ai même des vidéos où il parle de moi avec admiration, estime. Je me dis mais “il ne peut pas m’oublier comme ça”.

Comment il peut écrire à l’ambassade de Corée, une ambassade qui m’a décoré dans un grade le plus haut qu’on donne à un non-Coréen. Grâce à notre travail, cette ambassade offre à la Côte d’Ivoire un Palais de presque 7 milliards F CFA, le président de la République Alassane Ouattara me met dans sa délégation pour aller signer la convention en Corée.

Je lui ai fait quoi pour qu’il m’écrire comme ça comme on écrirait à n’importe qui. Je suis un ancien Ministre comme lui, Ancien DG de l’Administration Territoriale comme il fut DG de la SOGEFIHA, etc. En dehors de la différence d’âge par laquelle je lui accorde ce grand respect, il m’en doit aussi en retour. Je vais allègrement vers mes 60 ans !

J’ai donc dit au grand frère Ouattara Zanga que j’allais faire ma conférence de presse pour expliquer aux gens que tout ce qui se passe n’est pas correct. Ce qui a été fait parce que j’ai écrit au général où je lui ai fourni dans les détails les preuves sur l’huissier de justice, son arrêté de nomination, son PV de prestation de serment, sa carte professionnelle, l’état de ses cotisations.

Je lui ai même dit qu’en Côte d’Ivoire, il n’y a pas encore de chambre d’huissiers mais plutôt une association. Et pour qu’un homme perde son statut d’huissier, c’est un arrêté du ministre de la Justice. Le monsieur a ses bureaux ouverts jusqu’aujourd’hui où je vous parle. Il travaille. Avec ça on me dit que j’ai pris un faux huissier.

Ça veut dire que les Coréens peuvent même me retirer ma décoration pour dire qu’ils ont été floués durant les trois ans d’enquête sur ma personne avant la décoration.

J’ai donné toutes les preuves mais rien. En plus, qu’est-ce qui empêchait le CNO-CIV de convoquer l’huissier? Qu’est-ce qui les empêchait d’entendre les anciens maitres ? Mais déjà, on m’humilie à tous les niveaux. Et le comble, le général Palenfo envoie un courrier à la Fédération mondiale d’endosser leur décision.

L’Union africaine ne comprend même pas sa démarche. Il a même écrit au Kukkiwon où siège le Grand maître Kim, 9è DAN depuis 24 ans, le plus ancien. Le Grand Maître KIM m’a appelé et m’a demandé de lui envoyer tout le dossier. Ce que j’ai fait sans hésiter. Les grands maîtres se sont assis et ont regardé le dossier et m’ont même adressé une lettre de félicitations parce que toutes les procédures ont été suivies.

Les Coréens sont méticuleux et vous pensez qu’ils donneraient une si haute distinction à quelqu’un qui fait du faux.

LP: La question qu’on serait tenté de poser est de savoir ce que veut réellement le CNO-CIV

BCD: C’est à eux qu’il faut poser la question. Je leur envoie tous les documents officiels, toutes les preuves. Ils ne me donnent pas de preuves contraires, pas de conférence pour dénoncer tel ou tel autre agissement ou remettre en cause un document ou une preuve. Le CNO-CIV n’aime pas les fédérations qui travaillent pour l’honneur du pays.

LP: Président, vous êtes suspendu ...

BCD: (Il nous arrête vigoureusement). Je ne suis pas suspendu. Je suis suspendu par qui? Je vous interdis de dire ce mot. Si quelqu’un a compétence pour suspendre le président et son Comité Directeur, ce n’est pas le CNO-CIV.

LP: Vous avez reçu tout de même une note du CNO-CIV mettant fin à vos fonctions de président de la Fédération.

BCD: J’ai reçu une note mais elle est illégale en ce sens que l’organe qui s’est auto-investi de ce pouvoir n’en a, en réalité, aucune compétence.

Lisez vous-même la Loi de 2014 sur le sport. Montrez à tous où il est écrit que le CNO-CIV a compétence pour suspendre un président de Fédération et son équipe. On y stipule que chaque fédération doit avoir un organe de conciliation et de discipline. A défaut, le CNO-CIV peut être saisi en cas de litige. Au Taekwondo, nous avons un organe de conciliation. Dès lors, le CNO-CI aurait pu renvoyer les plaignants vers l’organe de conciliation approprié. Nous avons un ministère de tutelle, c’est le ministère des Sports, le Conseil national des sports.

Lisez la charte olympique entièrement. Il n’est écrit nulle part que le CNO peut prendre la place d’une association de droit privé, qui a une assemblée générale.

Lisez la loi sur les associations ivoiriennes, c’est le même constat. Aucun CNO ne peut se lever et demander qu’un comité directeur dégage pour qu’il vienne s’installer.

Lisez l’article 14 des statuts de la Fédération Mondiale de Taekwondo que le CNO-CIV cite abusivement. La Fédération Mondiale dit tout simplement que c’est le défaut de paiement des cotisations, et si l’éthique n’est pas respectée, par exemple les athlètes et leurs dirigeants sont allés se battre lors d’une compétition la WTF peut sanctionner la Fédération en cause. Mais nulle part vous ne verrez que le CNO a pouvoir de sanctionner.

Donc je ne suis pas suspendu.

Pour être suspendu, il faut que celui qui te suspend ait qualité, compétence. On ne voulait pas répondre parce que ce qu’ils disent est supposé n’avoir jamais existé à notre niveau.

Pour être suspendu, il faut que cette sanction soit prévue par un texte. Les latins disaient : « No poene sine lege ». Or en l’espèce, aucun texte ne prévoit cette sanction.

Je me demande où Palenfo est allé la chercher avec son degré et sa durée : suspension au lieu de dissolution, 4 ans au lieu de 10 ans, et reprise de la gestion du Taekwondo ivoirien par lui ! Non mais dis donc ! C’est un véritable braquage qu’on veut opérer à ciel ouvert et à visage découvert.

LP : Mais quoiqu’il en soit le CNO-CIV, Zunon et Cissé-Yao contestent la légalité de vos AG et votre élection.

BCD : C’est à ce niveau que Palenfo est insuffisamment conseillé au plan juridique. Et ses cornacs juridiques, qui l’ont mis dans cette affaire dans laquelle il se débat maintenant tout seul, ne suivent pas véritablement ce dossier.

Nos deux AG et mon élection ont fait l’objet d’un récépissé de déclaration délivré par le ministère de l’Intérieur qui a, ainsi, pris acte des modifications de nos textes, de l’élection qui a eu lieu, du comité directeur mis en place. Et ce récépissé a été publié dans le journal gouvernemental d’annonces légales, Fraternité Matin, pour dire qu’on porte à la connaissance du public cet acte. Dès lors, c’est opposable à tout tiers comme on le dit en droit. Ce document a été transmis au secrétariat général du gouvernement de la République qui l’a publié au journal officiel de la République. Ça veut dire qu’il devient un acte porté à la connaissance de tout le public par l’Etat de Côte d’Ivoire par son gouvernement. Quiconque veut s’y opposer, doit s’adresser au juge.

C’est pourquoi vous avez vu Koné Cheick Oumar en justice avec l’Africa, Sidy Diallo (président de la FIF) et autres.

C’est pourquoi vous vous êtes vu, à la Boxe, Waby Spider et ses adversaires en justice.

Pourquoi le CNO-CIV ne s’est pas mêlé des affaires de la FIF? Et pourtant le football est un sport olympique. Tout simplement parce qu’il sait qu’il n’a pas la compétence ou bien qu’il a peur de la FIF et peut faire la gonflette quand il s’agit du Taekwondo. Là il s’est trompé !

Pourquoi pendant deux ans le CNO-CIV a entrepris une longue et pénible médiation au handball et qu’il n’a pas décidé, face à l’irréductibilité du Président Ouérega, de décider de le suspendre et de mettre le handball ivoirien sous sa coupe et de le gérer ?

S’ils ne se sont pas appropriés le handball et le gérer parce que ce sont eux le CNO-CIV, c’est parce qu’ils n’ont ni la qualité ni la compétence.

Les médiations foireuses du CNO-CI ont profondément affaibli certains sports tels que tuer le golf, le handball, la boxe

Au Taekwondo, on a vu le danger dans lequel Palenfo et son CNO allaient nous embourber avec cette procédure bizarre mortifère déjà mise en branle. Et on allait nous confier comme d’habitude à des seconds couteaux de médiateurs, le président Palenfo étant entre deux avions, en voyage, en France, en Russie,...etc

Pour ce qu’est aujourd’hui le Taekwondo ivoirien, cela aurait été une énorme irresponsabilité de laisser détruire ce qu’on a construit dans l’effort, la discipline, la cohésion, avec nos ressources financières, physiques, intellectuelles.

Si on est démocrate, on se doit de respecter la voix d’une assemblée qui s’est donné des textes et a élu son Président une légitimité et une légalité à 94% à plusieurs reprises. Lui avec deux autres personnes vont ramer à contre-courant de ce que les Taekwondo ins ivoiriens veulent. Soyons sérieux.

LP: Parlant de qui?

BCD : Bien sûr de Palenfo! Pourquoi il se donne autant d’étoffe pour aller contre toute une communauté. Même le président de la République Alassane Ouattara ne ferait pas ça. On n’est pas une soldatesque, des godillots, pour claquer au passage du Général. Mesure-t-il les souffrances qu’on a endurées pendant huit ans pour arriver à ces résultats?

Il a donné quoi au Taekwondo? A-t-il une seule fois donné un tapis, un dobok? Les bourses ne sortent pas de sa poche. Ce sont les cotisations de tous les pays. Qu’il me donne le nom d’un boursier CNO-CIV qui a ramené une médaille olympique ? Mes athlètes n’ont pas eu de bourse olympique. Ils ont été entrainés en Côte d’Ivoire avec des entraîneurs locaux. J’ai voulu apporter la preuve qu’on peut faire de grandes choses en Côte d’Ivoire avec peu de moyens. Il ne s’agit pas de venir dire qu’on a choisi un boursier olympique qui devrait aller à telle compétition et tu as refusé. Je sais pourquoi j’ai refusé.

LP: Pourquoi une telle fédération qui a, durant ces sept dernières années, été désignée meilleure fédération, se retrouve-t-elle subitement dans un tel imbroglio?

BCD: Je vais vous rappeler que notre fédération est la meilleure fédération africaine de Taekwondo. Au niveau interne, nous avons été primés, moi-même, deux fois meilleur président de fédération par le président Alassane Ouattara. Nous sommes effectivement la meilleure fédération sportive au niveau du ministère des Sports depuis sept ans. Vous voyez qu’au niveau de la parafiscalité, nous sommes les seuls à qui on remet 8 millions F CFA par trimestre. Nous avons successivement trois prix d’excellence Alassane Ouattara de meilleur athlète. Cissé Cheick a été le meilleur athlète africain aux Jeux Olympiques 2016 dont le prix a été décerné à Doha au Qatar. Et pour cela, la Corée m’a décoré, la Corée veut offrir un Palais de Taekwondo. Est-ce qu’on ne mérite pas un peu de respect. Le général Palenfo aurait pu même nous interpeler et nous dire qu’il y a trois membres de notre fédération qui ne sont pas contents et ensemble on allait évacuer leur colère.

Mais prendre fait et cause pour deux personnes sur un comité directeur qui compte 35 personnes, pour quelqu’un qui a deux clubs sur plus de 300 clubs existants en Côte d’Ivoire, on n’a jamais vu ça. C’est ahurissant! C’est choquant!

LP : On voit que Me Odane est vraiment en colère !

BCD : Mais il y a de quoi ! On me connait aussi dans ce pays. Je ne suis pas un homme qui verse facilement dans l’outrance verbale ! Mais quand vous finissez par avoir le sentiment que quand il faut transpirer, travailler âprement, on vous appelle ou vous vous auto-investissez sans calcul. Mais quand la moisson est belle, après quelques satisfécits décernés, on vous poursuit avec des piques pour vous massacrer.

Est-ce de cette manière qu’on traiter quelqu’un qui a fait tant d’efforts pour son pays? On pensait qu’on allait être chouchouté surtout que le président de la République nous a mis à l’honneur. La Primature, le président Guillaume Soro nous a reçu à l’Assemblée nationale après la session extraordinaire. Les députés nous ont félicités, il était là et il en a profité. La première Dame est allée avec nous jusqu’à Gagnoa, dans le village de Gbagbi Ruth.

Et pendant que tout le monde nous élève, Palenfo veut nous tirer vers le bas. C’est méchant! Il va même contre les intérêts de la Côte d’Ivoire sans peut-être le savoir et c’est grave qu’il n’ait pas mesuré la portée de ses intentions !

Il organise des séminaires où il dit chercher des bourses mais ce ne sont pas les bourses qui donnent les olympiens. Sinon on en aurait depuis des lustres. C’est les moyens qu’on donne aux fédérations pour que les jeunes aillent à des compétitions, c’est la gestion de la fédération, c’est la politique mise en place au sein de la fédération, ce sont les techniciens engagés au sein des fédérations.

Et lui Palenfo, n’est-il pas en place depuis plus de 20 ans ? Il réagit quatre mois après mon élection pour dire qu’il annule l’AG.

Où se trouve le problème de Palenfo si les Taekwondo ins disent qu’ils veulent leur Bamba Cheick?

Attendez pourquoi dans notre pays, certaines personnes peuvent subitement s’autoproclamer sorties de la cuisse de Jupiter et estimer que les autres sont taillables et corvéables à souhait et qu’elles ont droit de vie et de mort sur elles et leurs activités ? On se connait tous dans ce pays.

Je ne suis pas n’importe qui dans ce pays pour que Palenfo me traite comme une petite frappe de quartier, un petit voyou pour me salir devant une ambassade étrangère, les instances internationales du sport et les autorités ivoiriennes, l’opinion publique nationale ?

Et les Coréens nous ont reçu encore à leur ambassade à Abidjan jeudi dernier, la Fédération mondiale m’a invité pour aller participer aux élections pour son Président tout comme celui du Président de l’Union Africaine de Taekwondo. Si j’étais suspendu, pourquoi on m’invite en Corée avec mon équipe nationale et le ministère des Sports me laisse partir comme chef de délégation ?

LP : Que dit le Ministre des Sports

BCD : Le ministre des Sports est sage, il estime que c’est tellement gênant. Il nous observe. C’est une première dans les annales du sport qu’un Président de CNO de retour d’une belle épopée des JO s’active à détruire le sport qui a donné du bonheur à son Peuple. La Côte d’Ivoire ne doit pas entrer dans cette triste exception. Nous avons donné et mieux à donner au monde !

LP : Qu’allez-vous faire ? Etes-vous prêt à la réconciliation à une paix des braves ?

BCD : Mais ce que je voulais quand j’ai rencontré toutes les personnes que j’ai citées plus haut. Mais ce sont Palenfo et ses filleuls qui nous traquent et veulent nous détruire à tout prix ! En tout cas, conseillez Palenfo et dites-lui que si lui ne me respecte pas et ne respecte pas ce travail que j'ai fait là, moi-même je le respecte, le Président Ouattara le respecte, l’Assemblée nationale le respecte, le Conseil Economique le respecte, le peuple de Côte d’Ivoire et les journalistes le respectent.

Lui Palenfo, Il n’est pas au-dessus de la Côte d’Ivoire. Il n’est pas au-dessus du Taekwondo. C’est injurieux quand il dit que notre comportement ne respecte pas les valeurs du Taekwondo.

Donc lui, il est au-dessus du Kukkiwon qui nous a envoyé une lettre de félicitations du Grand maitre Kim ? Il est au-dessus des quatre 7eme DAN qu’on a (Gaston Ouassenan, Kraidy Lucien, Koné Souleymane, René Beauville), les trente-quatre 6eme DAN qui sont l’armature morale du Taekwondo ?

Le Do que nous avons, c’est non seulement l’Humilité, mais on appelle ça aussi la Responsabilité. Je ne peux pas poser un acte pour faire plaisir à M Palenfo et détruire le Taekwondo. Je le voyais venir.

On crache sur la considération que les Coréens me portent et on met sur les réseaux sociaux que si je suis un fraudeur, quelqu’un qui a triché, quelqu’un a fait de fausses AG.

C’est au Général Palenfo d’arrêter tout cela, de rapporter sa « décision » sinon, je serai obligé de le poursuivre pour diffamation, pour atteinte à mon honneur, à ma dignité, parce que si l’huissier de justice accepte d’être traîné de la sorte, d’être taxé de faux, sans réaction, moi je ne vais pas permettre ça.

LP: Trop occupé donc pour viser le CNO-CIV?

`BCD: Je n’oserais même pas. Même si le président de la République l’apprend, je ne pense pas qu’il serait d’accord. Et parce que je n’ai même pas le temps à ça. Il y a certes du travail à faire au CNO mais ça ne m’intéresse pas.

Je veux promouvoir le Taekwondo et la preuve, nous avons eu deux médailles olympiques. Ce n’est pas le fruit de la chance mais du travail. Je suis champion d’Afrique trois fois d’affilée, champion du monde francophone. J’ai mal quand je parle de toute cette méchanceté cette ingratitude. Je veux qu’on nous laisse tranquille travailler pour la Côte d’Ivoire.

Mais puisque le CNO-CIV est devenu une source de tourments pour les fédérations et le sport ivoirien, il urge qu’une réflexion approfondie soit menée sur son action et les restructurations nécessaires. Le Général Palenfo a transmis au Président de toutes les disciplines sportives olympiques en Côte d’Ivoire sa « décision » ; donc, elles droit à mon éclairage. A mon retour, nous allons nous réunir sur la grande question globale du CNO-CIV et aviser.

Mais lui, il a organisé quoi en Côte d’Ivoire un jour? Si ce ne sont pas les simulacres de journées olympiques faméliques où on va faire du gnagnalé.

En 20 ans, il a donné quoi au sport ivoirien? Il a créé quelle infrastructure? On voit ce que le CNO réalise comme infrastructure au Sénégal. Qu’a-t-il fait. Il attend seulement qu’on ait souffert, qu’on ait saigné pour aller aux JO avec nos athlètes?

Il m’écrit, bien que je sois « suspendu » par lui pour demander cinq athlètes pour aller aux jeux de la solidarité olympique. On me suspend et en même temps on me demande des athlètes. Les enfants sont revenus avec deux médailles de bronze. Ils n’ont même pas eu un perdiem, dans le froid, mal habillés. I

Il est seul, il fait ce qu’il veut avec le CNO-CIV. Même là, ils sont dans l’illégalité. C’est une élection de liste. C’est le ministre Lobognon qui l’a obligé à faire un simulacre d’élection pour qu’on soit dans les formes. Nous sommes en droit, nous, sports olympiques, de lui demander ce qu’ils font là-bas avec tous les moyens qu’on leur donne.

LP : A votre avis que se serait-il passé si le CNO-CIV arrivait à faire appliquer sa décision ?

BCD : Là-dessus, il n’y a pas de fiction à imaginer. Il faut se demander ce qui se serait déjà passé si le Comité Directeur avait accepté le report de notre élection. Je réponds que, fatalement cela aurait été la mort programmée du Taekwondo ivoirien.

D’abord on n’aurait pas connu ce que représentent réellement Zunon Alain et Cissé-Yao Jules dans le Taekwondo ivoirien. Pas grand-chose ! On n’aurait pas rapidement su ce que Bamba Cheick représente lui-même !

Ensuite, une délégation d’au moins 16 athlètes ne seraient pas allée participer aux Open de Luxor et d’Agadir pour se mettre en jambes et améliorer ou maintenir leurs rangs olympiques. Le Taekwondo ivoirien ne serait pas encore entrain d’aller à Muju pour prendre part à deux compétitions majeures à Muju et Chuncheon. Et aurait dégringolé dans le classement mondial

Enfin, l’organisation de deux compétitions prestigieuses, la finale des Grands Prix et la Coupe du Monde de Taekwondo que nous avons obtenu de haute lutte au Canada, aurait été délocalisée dans d’autres pays. Et nous aurons non seulement été absents quel que soit le pays qui les abriterait.

Occupés par la « médiation de Palenfo ou son Comité Ad hoc» qui allait gérer, selon lui le Taekwondo ivoirien ? Qui serait à ma place pour continuer à se battre pour obtenir, il y a un mois, le versement des 50 millions F CFA à la Fédération Mondiale de Taekwondo sur les 63 millions exigés comme droits pour l’organisation de ces deux compétitions. C’est Palenfo, c’est Zunon, c’est Cissé-Yao ?

En plus, il n’est pas évident que la construction du Centre Sportif et Culturel que le Gouvernement coréen aurait connu une accélération puisque je suis l’initiateur historique, le Directeur de ce projet et Palenfo dit qu’il me chasse.

On aurait cassé le mental et le moral de nos athlètes qui devraient repartir pratiquement à zéro en 2018 avec la perte de tout l’effort financier consenti pour être au niveau actuel

LP : Pourquoi vous doutez de la capacité du CNO-CIV et son Comité Ad hoc à prendre en main le Taekwondo ?

BCD : Bon ! Réfléchissons ensemble !

Palenfo suspend un Comité Directeur de 45 membres et donc les Présidents des ligues, les Directeurs techniques, les entraineurs et coachs que j’ai nommés; les gestionnaires actuel du Taekwondo ivoiriens triés sur le volet en raison de leurs grades, expériences, avec les vétérans et anciennes gloires du Taekwondo ivoirien. Ils sont tous suspendus pour 4 ans.

Palenfo va-t-il procéder à un recrutement extérieur pour gérer le Taekwondo avant les élections qu’il envisage d’organiser avec nos instances internationales ?

Ou bien, par un tour de magie juridique dont il a certainement le secret, il va recruter, de nouveau, parmi ses « suspendus » pour accompagner Alain Zunon et Cissé-Yao, ses filleuls, qu’il veut certainement installer à la tête de ce Comité Ad hoc alors qu’ils ne représentent pas grand-chose dans l’histoire du Taekwondo ivoirien et dans son opinion actuelle ?

Pour impressionner les autorités ampliataires de tous ses courriers, Palenfo n’arrête pas de rappeler que M Zunon est Magistrat Hors Hiérarchie, qu’il est conseiller à la Cour Suprême, qu’il est Ceinture Noire 4ème Dan. S’il ne le sait pas, je vais lui dire que Zunon fut mon propre élève et qu’il a arrêté le Taekwondo au grade de ceinture bleue 4ème Keup loin de la ceinture noire avant d’aller poursuivre ses études de magistrature en France. Son grade actuel lui a été décerné à titre honorifique par Me Coulibaly Siaka Minayaha.

Zunon Alain n’a jamais créé et entrainé un club de Taekwondo, n’a jamais formé une ceinture jaune de Taekwondo, n’a jamais géré une ligue de Taekwondo.

Cissé Jules l’élève de Me Adama Sherif 6ème Dan, mon propre élève, actuel membre du staff des entraineurs nationaux. Il n’a jamais créé de club de Taekwondo, à part un petit un gymnase à son domicile. Il n’a jamais géré une ligue du Taekwondo ivoirien. Si je m’en tenais aux absences aux réunions des instances de la FITKD, Cissé aurait déjà été viré de la FITKD.

Mettez ces deux personnes là devant un ordinateur et dictez-leur un texte ou demandez-leur de faire un PowerPoint ! Vous n’en tirerez pas grand-chose ! C’est eux qui veulent gérer cette grande fédération !

Mais subitement, après avoir passé huit ans avec Coulibaly Siaka pendant sa présidence sans lui inspirer des actions d’envergure internationale, ils se découvrent subitement des compétences pour gérer des projets de grande envergure tel que le Palais du Taekwondo et notre fédération !

C’est cette imposture que les Taekwondo-Ins ivoiriens ont rejetée et que veut leur imposer Palenfo ! Soyons sérieux ! Palenfo devrait se retourner contre eux pour l’avoir mis dans cette sale affaire et de le laisser se débrouiller seul avec ! Et puis comme nous sommes tous suspendus pour 4 ans donc certainement rendus inéligibles, c’est Palenfo qui certainement cooptera les candidats en dehors des « suspendus ». Du délire, rien que du délire tout ça ! Et il voulait que des responsables, comme nous, le suivions dans cette voie ténébreuse pleine de périls pour le Taekwondo ivoirien ? L’accompagner, comme un troupeau de moutons bêlant vers l’abattoir détruire ce qu’il n’a pas du tout contribué à construire ?

LP: A quel niveau se trouve le Palais du Taekwondo?

BCD: Tout avance parfaitement. Nous sommes au niveau du terrassement. Il y a eu un appel d’offres auquel six architectes ont postulé. Le Cabinet Koffi-Diabaté l’a remporté et, pendant deux ans, a travaillé avec les architectes coréens. Le dossier architectural est fin prêt. Ils sont en phase de lancer un appel d’offres pour qu’une société vienne exécuter les travaux. Ils ont souhaité que le premier coup de pioche soit fait à la mi-août. Ils ne sentent même pas concernés par nos affaires là.

Il ne leur vient même pas à l’idée que je ne sois plus là. Ils le disent eux-mêmes, c’est la personnalité du président Alassane Ouattara et de Bamba Cheick qui a convaincu la Corée pour la construction de ce Palais. Le président a versé presque la quote-part de la Côte d’Ivoire (VRD, assainissement, terrassement,...).

Mais lui, Palenfo il a fait quoi? Il vient d’où? Qu’il fasse un petit stade, un terrain de handball ou de volleyball à Cocody, Abobo ou à Adjamé à Niellé ou à Bouna pour montrer qu’il travaille pour le pays. C’est là on l’attend et non s’assoir pour dire je suspends, je vais détruire Bamba Cheick!

LP : Votre mot de la fin Président !

BCD: J’ai mal d’être aujourd’hui occupé à répondre aux demandes d’explications de tout le monde et sous les feux de l’actualité pour une histoire sans fondement et sans intérêt, et d’avoir à m’exprimer ainsi. Je présente mes excuses à tous ceux qui me connaissent bien : c’est-à-dire quelqu’un qui se veut homme de mesure et de respect des autres en toute humilité.

Mon grand-père m’avait donné le surnom de « Djèh Sou Ô Wa pôgnô Rôlêh ». Ce qui veut dire en substance « branche épineuse, bien que sèche, on ne s’avise jamais à t’utiliser pour se nettoyer les fesses ». Quand tu t’évertues à humilier un homme humble, respectueux, il peut dans l’exaspération, te servir des épines pour t’écorcher les fesses !

Réalisée par OUATTARA Gaoussou

Source : abidjan.net