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Universités publiques: pourquoi la violence est inévitable

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L’on s’attendait à mieux que ça, à l’issue du Conseil des ministres de mercredi dernier. Un discours rassurant et apaisant. C’est plutôt la fermeté qui a été servie aux étudiants de l’université de Cocody. Suspension des activités des syndicats d’étudiants, maintien de la police nationale sur les campus et nomination d’un nouveau président de l’université de Cocody nommé. Aucune annonce officielle sur le maintien des résidents du campus en lieu et place des athlètes des 7èmes Jeux de la Francophonie, à héberger l’année prochaine. Les émeutes de lundi dernier, au campus de Cocody, n’ont apparemment pas servi de leçon à ce régime. Depuis 2010 où Alassane Ouattara a pris le pouvoir d’Etat, les répressions policières, les emprisonnements d’étudiants, la suspension des activités des syndicats d’étudiants n’ont jamais prospéré. Bien au contraire, ils ont aggravé les tensions et provoqué affrontements sanglants. En décembre 2015, ces mêmes mesures ont été prises pour mettre des syndicats d’étudiants, dont la Fesci et l’Ageeci, sous l’éteignoir. Mais, force a été de constater que les universités, lycées et collèges publics ont été paralysés sur toute l’étendue du territoire national, par les militants de ces syndicats. Les mêmes erreurs se répètent sous nos yeux. Il faut maintenant tirer les leçons des échecs du passé. Plutôt que de satisfaire aux revendications des étudiants qui sont légitimes, (le respect des franchises universitaires, des libertés syndicales, de l’expression plurielle..), le régime Ouattara brandit le bâton. A un mauvais moment où la contestation sociale prend de l’ampleur. Vouloir brimer et réprimer est suicidaire dans ce contexte social et politique délètère. La panacée au retour définitif de la paix, c’est de discuter avec les étudiants et de trouver un modus vivendi. Comment peut-on éviter la violence si ce régime refuse délibérément de loger les étudiants ? Une seule cité fonctionnelle, sur les 11 existantes. Les autres nesont pas encore réhabilitées. Comment la paix peut-elle être possible si des Ufr manquent cruellement de matériels scientifiques au point que les années académiques d’étudiants en médecine, en pharmacie… ne peuvent pas être validées ? Comment ramener la quiétude si le gouvernement donne l’impression aux étudiants que ses promesses ne sont rien que de la propagande ? Les mêmes causes produiront encore et malheureusement les mêmes effets, si le gouvernement ne change pas de fusil d’épaule. La violence, rien que la violence. Il y a enfin la nomination des présidents d’universités d’universités qui continuent de susciter des grincements de dents. Les enseignants du supérieur et de la recherche, les syndicats maison (le Synares, l’Unesur, la Cnec) ne cessent d’interpeller le gouvernement et de réclamer des élections transparentes. Le gouvernement feint de ne pas les entendre.

Charles Bédé

abidjan.net