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Responsabilité Sociétale des Entreprises : Des universitaires proposent une approche nouvelle

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À l’initiative du Centre de Recherche et d’Action pour la Paix et la Banque Africaine de Développement, des universitaires ont élaboré un ouvrage intitulé «Responsabilité sociétale des Entreprises et Management Ethique en Afrique : Prolégomènes, Implémentations et Implications».

Certaines problématiques émergentes telles que la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ne sont pas toujours bien comprises, aussi bien par les populations que par les entreprises. Présentement, seulement 13% des grandes entreprises installées en Côte d’Ivoire disposent d’une RSE visible et effective.

L’idée étant de donner les clés d’une meilleure compréhension aux dirigeants sociaux, chefs d’entreprises et acteurs de la société civile. «La RSE est à ses débuts en Côte d’Ivoire. On ne dispose pas, à ce jour, d’un dispositif juridique adéquat pour la RSE. Elle relève, pour l’heure, du pouvoir discrétionnaire des entreprises et de leur bonne volonté», a soutenu Dr François Kaboré, Directeur CERAP/IDDH.

C’était à l’occasion de la conférence de presse de présentation du livre, au siège du CERAP, à Cocody. A l’en croire, la plupart des populations ne sont pas suffisamment informées sur leurs droits. Raison pour laquelle, soit elles n’attendent pas grande chose des entreprises ; soit elles ne manquent aucune occasion de rentrer en conflit ouvert avec ces dernières. «La question de la RSE qui est fondamentale pour la société ne doit pas être définie par l’entreprise. Il appartient à l’Etat d’organiser le cadre et la vie économique. Ne pas réglementer, c’est prendre un risque», a-t-il poursuivi.
A en croire M. Kaboré, il serait temps d’envisager une approche nouvelle dans la conception de la RSE en la considérant plutôt comme une Redevabilité.

Eugène D. Goussikindey, Directeur général du CERAP a, quant à lui, défini la RSE comme étant «ce qu’entreprend une entreprise au profit de ses parties prenantes et cela au-delà du strictement légal». Il s’agit, dit-il, d’inventer la rationalité économique à s’ouvrir à d’autres types de rationalités, en intégrant le social, l’environnement, l’humain et la réflexion éthique.

«Il revient éminemment aux gouvernements, en tant que premiers responsables de la vie sociopolitique et économique d’initier et d’orchestrer la conversation, avec bien sûr, la contribution vigilante de la société civile, les recherches du monde universitaire, le pragmatisme du secteur privé, les attentes légitimes des employés et des actionnaires, et le silence éloquent de notre conscience des besoins légitimes des générations futures», a développé le premier intervenant, François Kaboré.

Notons que l’ouvrage, disponible à la bibliothèque du CERAP, est en partie le fruit de la manifestation scientifique qui a connu une participation de plus de 25 experts de la diaspora africaine dans le domaine de la RSE et du Management éthique. Sa rédaction a mobilisé plus directement 10 auteurs africains dans le domaine de la RSE. Quatre autres experts ont participé à la critique scientifique et littéraire du livre.

Elisée B.

Source : abidjan.net