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Réhabilitation de la lagune Ebrié : Les acteurs se mobilisent

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Comment mettre fin à la pollution de la lagune Ebrié pour amorcer la remise en état de cet écosystème ? Tel a été l’objet de la table-ronde qui a réuni le mercredi 16 mars 2016, l’ensemble des parties prenantes impliquées dans la question de l’eau en Côte d’Ivoire, au centre des conférences du Ministère des affaires étrangères. Cette rencontre d’urgence initiée par le Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, le docteur Rémi Allah-Kouadio, suite à la publication du rapport d’évaluation environnementale post-conflit par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), s’est déroulée en présence du Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, Monsieur Kobenan Kouassi Adjoumani.
En juillet 2015, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, publiait un document intitulé « Côte d’Ivoire : évaluation environnementale post-conflit ». Ce document suscité par le Gouvernement ivoirien, après la décennie de crise qu’a connue le pays, porte un regard très critique sur la qualité de la lagune Ebrié et l’environnement en général. Ce document fait état entre autres de la forte pollution de la lagune Ebrié, constatée autour de la ville d’Abidjan, de l’empiètement de la lagune pour diverses utilisations, de la modification de la circulation hydraulique, du fait de la fermeture de l’embouchure de la Comoé à Grand-Bassam. En dépit du constat fait par les expert du PNUE qui ont été par ailleurs aidés dans cette tâche par des experts ivoiriens, il est encore possible de renverser la tendance pour faire de la lagune Ebrié, un lieu de loisir, de baignade, « une perle » comme autrefois. Ainsi, il a été question à cette table ronde, de faire le point sur ce qui a été déjà fait pour assainir la lagune et ce qui reste à faire, afin de solliciter auprès des partenaires les appuis financiers et techniques nécessaires. A ce sujet, le Ministre de l’Environnement qui s’est félicité de cette rencontre, a rappelé les importants investissements entrepris depuis 2012 pour solutionner la question de la baie de Cocody. Ce sont selon le Ministre « plus de 35 milliards de FCFA qui ont été déjà injectés par les partenaires au développement, et de la coopération bilatérale avec le Royaume du Maroc, un mémorandum d’accord a été signé en vue de mobiliser plus de 100 milliards pour de nouveaux aménagements au niveau de la baie et des embouchures. Aussi, le Ministre a-t-il évoqué ces investissements complémentaires qui, selon lui, permettront d’offrir une capacité plus importante de l’évacuation des eaux au niveau de la baie et sa mise en valeur touristique telle que recommandés par les experts. Le ministre Allah-Kouadio a rappelé quelques projets tels que la lutte contre les végétaux Aquatiques envahissants (VAE), qui à certaines périodes de l’année entrainent beaucoup de désolation chez les populations ; également la reconstitution de forêts de mangroves dégradées, pour stabiliser et assainir le milieu aquatique ; l’hydrologie comme remède à l’oxygénation du milieu, le projet d’assainissement des berges lagunaires envahies par les déchets de toutes sortes, le projet de suivi de la qualité lagunaire et la lutte contre les risques de déversement d’hydrocarbures. Le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, M. Kobenan Kouassi Adjoumani a, lui, relevé le caractère urgent d’assainir ce milieu, pour permettre aux pêches de se développer. La pollution des eaux en Côte d’Ivoire constitue un frein à l’autosuffisance en produit halieutique. La consommation de poisson s’élèverait à 350.000 tonnes par an en Côte d’Ivoire pour une production de 50.000 tonnes.

OG

abidjan.net