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‘’Paquinou 2016’’ : On se bouscule dans les gares

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Pâques, fête religieuse chrétienne à une autre connotation festive chez les Baoulé qui l’appellent ‘’Paquinou’’ et lui donne un accent particulier de retour au bercail. Toute chose qui change la donne dans les gares routières. Et les compagnies de transport les plus en vue de Côte d’Ivoire croulent sous le poids du mouvement migratoire des Baoulé vers leur village.
Comme chaque année en Côte d’Ivoire à l’approche de la fête de Pâques en Côte d’Ivoire, les populations «Baoulé » originaires du centre du pays, choisissent cette période pour célébrer à leur façon la résurrection de Jésus Christ, qu’elles appellent communément « Paquinou ». C’est un grand moment rêvé pour les retrouvailles des filles et fils du même village partis créer des plantations de café, cacao, hévéa… au Sud ou à l’Ouest du pays voire exerçant en zone urbaine. Ils y vont pour réfléchir sur les questions de développement local. Notre équipe de reportage s’est rendu à Adjamé dans les différentes gares routières pour s’imprégner de l’ambiance qui y règne.

On se bouscule dans les gares routières
A quelques heures de ce grand rendez-vous, la gare routière d’Abidjan-Adjamé ne se désemplit pas. On se bouscule. C’est l’effervescence totale au sein des compagnies de transport desservant le ‘’pays baoulé’’. Les gares sont prises d’assaut par ces voyageurs ‘’saisonniers’’ qui ont hâte de regagner la terre ancestrale, après une absence prolongée. « Je suis arrivée avec ma sœur à 4h du matin ce mercredi 23 mars 2016. Sur notre ticket, il est marqué 6e départ, notre car va décoller tout à l’heure, mais regardez le monde qui s’y trouve encore en train d’attendre » a indiqué Mlle Kouassi Hermance. Les compagnies de transport sont débordées, au point où les autocars n’ont plus de répit, comme l’explique Traoré Issa convoyeur dans l’une des compagnies desservant la localité de Dimbokro. « Notre flotte a 5 autocars dont 3 de 70 places et de 2 de 32 places. En cette période de grande affluence lorsqu’un car arrive en gare, aussitôt il fait son plein et sans attendre, il repart sur Dimbokro » a-t-il indiqué.

Un vrai parcours de combattant
A la gare de Toumodi, Dimbokro, Yamoussoukro, Bouaké, Didiévi, Sakassou, Botro, M’bahiakro… les voyageurs font le pied de grue pour avoir une place dans l’autocar après l’achat du ticket, qui, lui relève parfois d’un parcours de combattant. Les bousculades et les embouteillages sont assez fréquents. « Nous avons fait un rang pour acheter nos tickets. Je ne comprends pas pourquoi pour embarquer dans le car, il y a un tel désordre, pourtant sur les tickets sont inscrits les numéros des places. Quand nous demandons des explications au convoyeur, la seule réponse qu’il puisse nous donner c’est la fête, on n’a pas le temps pour contrôler tout ça » a déploré M. N’guessan Simon, enseignant.

Flambée des coûts
du transport
Pendant la fête de Pâques, les coûts du titre de transport d’un voyage de 90 Km avoisine celui, de 200Km à cause des magouilles de certains transporteurs. « Je suis très surpris car je ne m’attendais surtout pas à cette hausse soudaine des frais de transport. En temps normal, le transport Abidjan-Toumodi est de 2000 Francs. Aujourd’hui, j’arrive avec ma famille le prix a quasiment doublé. On me dit que le prix du transport est de 4000 Frs. Mais puisque c’est un voyage que je dois effectuer absolument, je n’ai pas le choix » a déploré Yao Anderson. « Moi, je ne suis pas étonnée de cette hausse des frais de transports, car en situation pareille, c’est ce que nous constatons dans les gares. Comme on le dit c’est leur ‘’traite’’ mais cela n’est que pour quelques jours. Après, ils reviendront au prix normal. Peu importe le prix, il faut que j’arrive à destination » a indiqué Brou Ahou Suzanne.

Une aubaine pour les
‘’Gnambros’’ et ‘’Coxers’’
‘’Les Gnambros’’ et ‘’Coxers’’ se frottent les mains pendant cette périodes, Leurs recettes sont estimées à 10000 Frs voire 20000 Frs par jour. « Notre rôle, c’est d’accompagner nos passagers dans les compagnies de transports. Une fois arrivé à la gare, le chef de gare donne notre ‘’kô’’, c’est le droit qu’on perçoit sur le passager. Sur un passager envoyé tu perçois la somme de 500 Frs. En pareille situation vu l’engouement, je peux m’arracher 40 passagers par jour, quand vous comptabilisez vous voyez un peu » a indiqué Koné Cheik que nous avons rencontré à la gare de Dimbokro.

Les voleurs sont là aussi
Combien sont-ils ces passagers ces passagers qui ont des frais des pickpockets ? A la gare, il nous a été donné de voir une femme pleurer parce que les voleurs venaient de lui ‘’faire la peau’’. Combien a-t-elle perdu ? Difficile de répondre tant le montant est important. Elle était inconsolable. Toute chose qui pousse certaines compagnies de transport à mettre des garde-fous devant les gares. Les responsables de ces gars tirent l’attention des passagers sur la présence éventuelle des voleurs. D’où un appel à la vigilance.
G.K

abidjan.net