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Maman Amazone (Veuve de Wemba): ‘’Papa Wemba a choisi sa terre…’’

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Trois mois presque jour pour jour après la disparition ici à Abidjan, sur la scène du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua), de Papa Wemba, votre époux, vous êtes de retour en terre ivoirienne. Peut-on en savoir le sens et la portée ?

Je suis venue avec ma fille aînée, Anahendo Kadi, le staff managérial et le frère de mon mari, au nom de tout le peuple de la République démocratique du Congo, ainsi que de tous les fans qu’il a de par le monde, témoigner ma gratitude au peuple et aux autorités ivoiriennes. Merci à SEM. Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire qui a honoré ma modeste personne, mes enfants et tout le Congo en décorant mon mari qui, du reste, ne nous appartenait pas, mais appartenait à l’Afrique et au monde. Merci au président Henri Konan Bédié et à Maman Henriette, son épouse, au président de l’Assemblée nationale, au Premier ministre et au gouvernement ivoirien. Ma gratitude va personnellement à l’endroit du ministre d’État, Hamed Bakayoko et au ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman. Merci à mon fils A’Salfo. Merci au peuple ivoirien. Qui, d’Abidjan à Kinshasa, nous a honorées, ma famille et moi.

Tout compte fait, il ne pouvait en être autrement, car, avant que Papa Wemba ne décède ici, il affirmait qu’il adorait ce pays. D’ailleurs, ma fille qui est ici à mes côtés, y a vécu. J’ai été même jalouse d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire. Surtout quand Papa, au début de notre union, passait son temps à fredonner le tube de Tabu Ley Rochereau: « Bel Abidjan, métropole, comme tu ressembles à Montréal…». Bref, et c’est cette terre qu’il a tant chérie qu’il a choisie pour mourir comme il l’avait rêvé, sur scène, devant son public à qui il appartenait en tant que Papa Wemba, l’artiste.

Cet artiste à qui le monde entier a rendu hommage. Je ne savais pas que l’homme qui était à mes côtés pendant 46 ans, pouvait susciter la réaction du Président Barack Obama ou faire observer une minute de silence lors de la finale d’un match de football américain aux Usa ou encore faire entonner des chants en lingala au Japon. Mieux, tout en remerciant le Président Kabila et tout le peuple congolais, pour le Congo que je connais, que les obsèques de Papa Wemba aient pu se dérouler sans incident. Ceci prouvant, plus que jamais, que mon mari était un homme au cœur bon, blanc, un rassembleur.

Justement, artiste au talent reconnu de par le monde, comment entrevoyez-vous son héritage musical, artistique ? Y a-t-il, au sein du clan Shunga Wemba, une graine de star qui devrait germer ?
Je ne peux que demander aux férus de la musique que faisait mon mari, au-delà de la Rumba, de perpétuer son œuvre. Celle qui a fait retentir la Rumba dans le monde, mais aussi, celle qui s’est ouverte à toutes sortes de métissages culturels. Moi-même, je vais défendre comme il l’a fait, la Rumba jusqu’à la fin. Justement, sur instruction du Président congolais, les ministres du Tourisme (assurant l’intérim du ministre des Arts et de la Culture, décédé dans la foulée des obsèques de mon mari auxquelles il a pris une part active) et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont entrepris les démarches pour faire inscrire la Rumba au patrimoine mondial de l’Unesco.

Papa Wemba et son œuvre appartiennent au patrimoine de l’humanité. Revenant à l’héritage musical, il y a tous ces musiciens congolais, particulièrement ceux de Viva La Musica qui peuvent continuer l’œuvre de mon mari. Mais aussi, tous les férus de la Rumba dans le monde. Il en est de même pour tout ce qui est de la construction d’un mausolée, d’un musée, etc., à Kinshasa comme à Abidjan ou ailleurs, qui nécessite une marge de temps pour que tout soit bien fait.
Au niveau familial, il y a des talents, à l’instar de ma fille cadette, Orphée qui chanta avec lui à l’Olympia de Paris, à l’âge de 7 ans. Elle avait exprimé à Papa son désir d’épouser une carrière artistique qu’il refusa. Lui intimant de poursuivre ses études. Aujourd’hui, elle a terminé ses études à l’Efap-Bordeaux, donc, sait-on jamais ! Surtout qu’elle s’est fait agréablement remarquer dans l’émission télévisée française de révélation des talents émergents, «La nouvelle star», la saison dernière. Sinon elle est une vraie chanteuse à voix, un peu comme Papa. Il y a aussi les petits-enfants, neveux, nièces…

abidjan.net