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Habillement, sculpture, mécanique, artisanat d’art, bâtiments: La Commune aux mille et un artisans

Votre Mensuel a décidé de s’attarder sur l’artisanat pour souligner son rôle déterminant dans le tissu socioéconomique (la fiscalité), l’habitat et la vie quotidienne de la Commune de Treichville.

Qualité d’artisan et catégories professionnelles S’il est une Chambre incontournable, lorsqu’il est question de l’artisanat, c’est bien la Chambre Nationale des Métiers de Côte d’Ivoire (CNMCI). Ses principales missions sont neuf (9). Les trois premières consistent à : représenter le secteur des métiers auprès des pouvoirs publics, tenir le répertoire des métiers et contribuer à la formation professionnelle. Les trois suivantes rationalisent l’apprentissage, assurent la promotion des produits artisanaux et organisent ou participent à des expositions. Les trois dernières missions sont une incitation à la création d’entreprises artisanales, une aide à la recherche de financement et une réalisation et gestion des équipements d’intérêt public. Selon cette Chambre, a la qualité d’artisan, toute personne, qui a un mode de production, qui est essentiellement manuel et à l’aide de machines non perfectionnées. Elle précise, que l’artisan, c’est, aussi, toute qui a une qualification ou une expérience professionnelle, qui détient sa carte professionnelle d’artisan, exerce à titre principal une activité professionnelle de production, transformation, réparation ou de service. En sus, elle clarifie, que l’artisan, c’est, en outre, tout chef d’entreprise, qui emploie au plus dix (10) salariés. D’après la CNMCI, près de deux cent quarante quatre (244) métiers ont été répertoriés et repartis en sept (7) branches d’activités ou corps de métiers. Ce sont le Bâtiment (35), les Métaux et mécaniques (54), le Bois (14), le Textile, l’habillement, cuirs et peaux (28), l’Hygiène, l’alimentation et les services (84), l’Artisanat d’art (13) et finalement l’Electronique et froid.
Perspectives et réformes
Rencontré en présence de Raphael Démarus Ackrah (coordonnateur de la PFS-T) , le vendredi 18 mars 2016 à la Plate Forme de Service de Treichville (PFS-T), le Président des artisans de Treichville et représentant de la CNMCI à Treichville a été formel. « Tous ces corps de métiers sont présents à Treichville. Nous en avons au moins deux cents (200). Nous sommes en train de les organiser en nous basant sur les exigences bienveillantes de la Chambre Nationale des Métiers de Côte d’Ivoire », affirme Sogodogo Bazoumana. Qui nous a permis de savoir les perspectives et réformes de ladite Chambre. L’amélioration de l’environnement économique et juridique du secteur (fiscalité, couverture, financement, légalisation, …), la progression de la qualification professionnelle des artisans et la création des fonds de garanties. A ces perspectives sont à ajouter les réformes. Elles sont neuf. Trois entendent rendre obligatoire l’inscription des artisans à la Chambre régionale des Métiers (CRM), puis instituer un registre des Métiers et des taxes d’importation et d’exportation des produits artisanaux. Trois autres persistent sur l’institution de l’autorisation d’importation et d’exportation des produits artisanaux, l’érection des CRM en chambres jouissant d’une autonomie administrative et financière et de la révision de la nomenclature des métiers. Les trois dernières réformes sont la révision du régime électoral, le nouveau cadre organique et d’autres reformes ayant aux ressources propres de la CNMCI. « Pour permettre aux différents corps de métiers de savoir ces perspectives et réformes, nous convoquons des rencontres avec les différents artisans ou leurs représentants. Nous sommes beaucoup satisfaits de voir, que les intéressés viennent nombreux et participent aux réunions. Nous faisons, donc, passer régulièrement nos différentes informations », a indiqué Sogodogo Bazoumana.

L’artisanat : 60% de l’économie et 70% de la population
Fabricants de tambours ou djembé, de masques (à l’avenue 15, rue 14) et de chapelets religieux (chrétiens et musulmans), les pâtissiers et boulangers, couturiers ( Koffi Christelle à l’avenue 16, rue 15, Traoré Saint Idriss et Diarra Ibrahim à l’ avenue 11, rue 23, Sans oublier les Grands ciseaux : PathéO, Saint Joe, Ciss Saint Moise… et les moins connus de l’avenue 5, rue 7 et autres de l’avenue 16, rue 112 ), les rebobineurs (Issouf Ouattara à l’avenue 5, rue 17), vulcanisateurs et bottiers (travailleurs de peaux et cuirs appelés communément cordonniers à l’avenue 12, rue 15 avec Knowledge is king de Assouan Thomas, et Issa à l’avenue 5 rue 18), bijoutiers, artisans de l’art (sculpteurs revendeurs à l’avenue 15, rue 15) et tapissiers, dockers,… considérable est le nombre de structures, qui compose l’artisanat. Ce secteur a, toutefois, plusieurs facettes. « Beaucoup d’argent circule dans ce secteur informel. Mais, un très grand nombre d’artisans échappent au fisc. Cela est une grande perte pour l’économie et le développement. Il serait très bien avisé de parvenir à contrôler tout ce flux d’argent en règlementant ce secteur avec l’appui de la Chambre Nationale des Métiers », a livré un agent des impôts sous le couvert de l’anonymat. « C’est inadmissible et incompréhensible de constater encore, qu’aucun contrôle n’existe véritablement sur cet immense flux financier. Il y a une double perte : an niveau de la trésorerie nationale et pour les travailleurs et eux-mêmes, qui ne bénéficieront d’aucune retraite financière. Mais, il n’est jamais tard » a renchéri, cette fois-ci, un employé du trésor, qui n’a pas, aussi, voulu décliner son identité. Est-ce pour autant, que les artisans doivent-ils être perçus comme les maillons inutiles de développement ? « Dans la commune de Treichville, on peut dénombrer près de deux cent (200) corps de métiers. Et la majorité d’entre eux paient les taxes municipales, il y en a, qui le font aussi pour les impôts. (Si on parle de recettes municipales, ce sont des taxes quotidiennes, qu’il s’agit. Et le paiement de ces taxes est à 97% le fait des artisans. En plus, quand on parle de chômage, l’artisanat est le secteur, qui récupère la majorité des jeunes formés, diplômés ou non. C’est, donc, un ensemble de corps de métiers, qui permet de lutter contre le chômage, parce qu’il est le premier créateur d’emplois dans la commune. En clair, les artisans de Treichville participent au développement économique de la commune. Cet apport peut être évalué à 60%, en ce sens, qu’il repose surtout sur le nombre des artisans. Ils sont près d’un millier et on les trouve dans chaque rue et avenue, et surtout dans les marchés, qui sont leurs résidences secondaires. Ils représentent 70% de la population. Ce qui veut dire, que si ces corps de métiers sont retirés de la Commune, elle sera vide et vidée de l’essentiel de ses pourvoyeurs quotidiens. L’importance de ce secteur est, qu’il n’exige pas de diplôme ou d’un niveau élevé d’instruction. L’apport utile de l’artisanat est le social. En effet, il est une voie pour l’amélioration des conditions de vie de tous ceux, qui veulent travailler. Tout ce qui est requis, ce sont la volonté et la détermination des postulants. Ce domaine générateur d’emploi alimente toute une chaîne humaine dans la mesure où il permet aux artisans de s’occuper d’eux-mêmes, de leurs familles et parents. L’artisan vit, donc, de son métier et fait vivre d’autres personnes. Moi, je suis dans la couture depuis une vingtaine d’années. J’emploie dix (10) personnes. J’invite et conseille, alors, tous les jeunes, qui veulent recherchant un emploi à se tourner vers l’artisanat. Ils ne seront pas déçus », a-t-il soutenu. Pour Kouassi Adjoua Clarisse (couturière à l’avenue 12, rue 23), « la couture est un métier honorable et Treichville attire beaucoup la clientèle ». Pour mieux situer l’opinion de Treichville Sogodogo ajoute : « Les corps de métiers en vogue sont l’Habillement (la Couture), la Mécanique, la cordonnerie (avec les bottiers), le commerce direct avec les femmes, les cybercafés. Il est vrai, que ceux, qu’ils veulent être artisans n’ont pas besoin au préalable d’être formés pour aspirer à un métier, cependant, la formation peut être faite de façon normale une fois dans l’entreprise. A ce niveau, entre la mairie et la Chambre Nationale des Métiers de Côte d’Ivoire (CNMCI-section Treichville), il y a un partenariat pour la formation des jeunes. Je suis aussi membre du Comité Local d’Insertion des Jeunes (CLIJ), un organe décisionnel, qu’on peut définir un peu comme le Conseil d’Administration de la Plate Forme de Service de Treichville, », a précisé Sogodogo. Avant de mettre l’accent sur la sensibilisation contre les installations anarchiques. « Beaucoup d’entre nous, malheureusement, s’installent comme bon leur semble, ce qui n’est pas sans poser l’épineuse question d’occupations anarchiques. Il y a, à ce niveau, une sensibilisation à faire. Nous avons déjà eu des rencontres avec beaucoup d’artisans. Ils évoquent, très souvent, le cas des taxes journalières, qu’ils jugent encombrantes, si bien, qu’ils croient que l’issue est de s’installer à la sauvette. Ce sont des pratiques, que nous leur déconseillons régulièrement, parce que notre but est aussi de les encadrer. »
Les apports de la maire avec la Plate Forme de Service et le Guichet Communal de l’Emploi

La Plate Forme de Service de Côte-d’Ivoire (PFS-CI) est un dispositif d’insertion des jeunes créé en 2012 dans le cadre du Projet d’Action Poste Crise (PAPC) et financé par des bailleurs de fonds, dont la Banque Mondiale (BM), afin d’insérer les jeunes dans le tissu socio économique. Mais, en les invitant, au préalable, à déposer les armes. Il y avait deux catégories de jeunes : ceux qui ont pris les armes et ceux, qui n’en ont pas pris, mais, qui seraient susceptibles d’imiter les autres dès que l’occasion se présentera. Cette démarche vient de ce qu’il a été constaté que le désœuvrement fait des jeunes des proies faciles en cas de conflits. Le PAPC a eu un double objectif. D’une part, amener les jeunes à assainir le territoire, dont la Commune de Treichville, par le ramassage, le tri et la vente des déchets plastiques à travers le projet Régie des Services territoriaux (RST). D’autre part, leur permettre, sans distinction, de subvenir à leurs besoins en les encadrant, orientant, mais, surtout, en les aidant à créer leurs propres activités, et, par conséquent, à se prendre en charge dans le tissu socioéconomique. En outre des projets de jeunes devaient être financés. Pour réussir sa mission la PFS-CI a installé des Plates Formes Locales, dont celle de la Cité n’zassa dénommée la Plate Forme de Service de Treichville (PFS-T) présidée par la Conseillère Levry Girmania. Sa première tâche a été, dans le cadre de ‘‘Cap emploi’’, d’identifier les jeunes de la Commune, les encadrer et les amener à apprendre un métier. Beaucoup d’entre-eux ont même perçu, durant leur formation, des indemnités directes d’encouragement de la PFS-T. L’artisanat (notamment la couture) a été le secteur le plus sollicité. La seconde action a été de trouver un fonds de garantie. Ce qui a été fait par le Conseil Municipal, d’un côté, et les bailleurs de fonds de l’autre. Les résultats n’ont pas, alors, attendu. Si certains jeunes ont obtenu, d’autres ont été aidés à s’installer à leur propre compte. D’autres moyens d’insertion ont eu lieu, dont ‘’Espoir-jeunes’’, qui a permis à une vingtaine de jeunes diplômés de la commune d’obtenir d’être salariés dans des entreprises. En 2014-2015, des jeunes (165) ont été engagés en RST pour le ramassage des ordures. Dans le cadre de l‘‘Emploi-jeunes’’, la PFS-T a marqué les esprits des Treichvillois le mardi 15 décembre 2015 en prêtant, grâce au fonds de garantie du Conseil Municipal, la somme de 35 millions de FCFA et du matériel à 50 jeunes de la Commune. On y trouve des cireurs, couturiers, fabricants de savons, gérants de cabine téléphoniques et de salons de coiffures, des vendeuses de fritures…, qui font l’objet d’un suivi mensuel. Une autre structure de la mairie, le Guichet Communal de l’Emploi (GCE), œuvre aussi pour l’insertion des jeunes dans l’Artisanat (coiffeurs, commerçantes, sculpteurs…). L’initiateur, le Maire François Albert Amichia a pris le soin de le présenter : « Aujourd’hui, l’une des préoccupations majeure de nos administrés, c’est le travail, c’est l’emploi, c’est l’autonomisation qui permet de satisfaire aux autres besoins et qui donne l’accès aux services de base. Et c’est la raison pour laquelle, le Conseil Municipal et nous même, avons décidé de mettre un point d’honneur à cette préoccupation, en dotant la commune d’un dispositif novateur et stratégique : le Guichet Communal de l’Emploi, qui vient apporter des réponses au chômage de nos jeunes et au financement d’activités pour nos femmes et filles. Le Guichet leur offrira des profils professionnels de qualité, à travers des formations modulaires, à travers des cabinets de référence, et qui répondent aux besoins en ressources humaines de leurs entreprises, c’est l’une de ces missions et c’est également du « win-win », du « gagnant-gagnant ». Le savoir-faire local sera renforcé et orienté vers votre compétitivité, à travers, une bourse locale de sous-traitance et la création de Groupements d’Intérêts économiques, qui tiennent compte des opportunités et des offres que vous présenterez. La Mairie à elle seule ne peut relever ce défi, mais la participation, la fédération des énergies des professionnels de la question et des décideurs institutionnels, des acteurs opérationnels et des cibles potentielles peuvent et doivent nous permettre d’adresser de façon efficace et durable la problématique de l’Emploi. Jeunes de Treichville, Femmes de la Cité n’zassa, Responsables d’entreprises et Opérateurs économiques, le Guichet Communal de l’Emploi est un Dispositif Majeur pour lequel la Synergie de nos Efforts doit être une réponse efficace, concertée et probante ». Plus de 1017 personnes ont été retenues pour la formation sur un an (novembre 2014-novembre 2015), dont 627 pour ayant terminé leur formation, 107 en instance de financement et 21 personnes mises en stages diplômant. Ces apports de la mairie se justifient, dans la mesure où de par leur présence active dans le tissu socioéconomique (la fiscalité, la population et la vie quotidienne) de la Commune de Treichville, les artisans occupent une place de choix dans la cité cosmopolite.

Libre Opinion
Raphael Démarus Ackrah (Coordonnateur de la PFS-T)
« Aider les artisans à faire valoir légalement leur droit à la retraite »

« La particularité de Treichville est son caractère commercial renforcé par la densité de l’artisanat, qui attire les personnes de tout âge et de tout niveau, notamment les femmes. Le marché du travail étant saturé, il est judicieux d’encourager la création des entreprises et de les promouvoir. En la matière, notre Commune n’a pas failli à travers la Plate Forme de Service (PFS de Treichville) et bien d’autres structures initiées par Monsieur le Ministre François Albert Amichia, Maire de la Commune. De façon générale, les taxes payées par les petites entreprises, qui composent ce secteur, sont essentielles pour les recettes de nos communes. Toutefois, il est bien indiqué de sortir ces entreprises de l’informel. En d’autres termes, elles doivent être formellement constituées, régularisées et leurs employés déclarés légalement. Au niveau de la PFS-T, nous les aidons à sortir de l’informel. Et je suis persuadé, que du côté du Conseil municipal, des études sont menées pour savoir comment organiser ce secteur. Cela peut-être des coopératives ou des structures associatives légalement mises en place, de sorte à pouvoir identifier formellement les différentes structures et les suivre efficacement. Je le dis aussi pour la fiscalité et des taxes municipales, l’organisation permettra des recouvrements record pouvant améliorer ce qui est déjà fait et qui est à saluer. A partir des différentes, les prévisions fiscales peuvent être moins approximatives. Pour le dire autrement, on peut d’avance savoir, de façon formelle, ce qui sera recouvré comme montant. Nous sommes à l‘orée de l’émergence, il nous faut, donc, prendre toutes les dispositions pour que ce secteur en pleine croissance soit considéré comme un autre moyen maillon essentiel de notre économie. Il y a, déjà, de grands efforts, qui sont faits, mais le développement, en tant que progrès, n’est pas une fin en soi, mais plutôt une amélioration des acquis. C’est pourquoi, il y a encore des efforts, beaucoup d’efforts, pour sortir de l’informel et déboucher sur des employés déclarés à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) et perçant des émoluments à la retraite. Cela est possible. Le couturier, le cordonnier et d’autres, le sculpteur, le fabricant et vendeur de savon, tous peuvent être faire valoir leur droit retraités de façon légale. C’est, donc, un appel, que je lance aux autorités pour aider les artisans. Si la Plate Forme de service est saisie, elle dispose de personnes compétentes et de structures à même de faire des propositions à notre outil commun, qu’est la mairie, dans le sens du bien-être des populations ».

abidjan.net

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