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Côte d’Ivoire: Lutte contre l’orpaillage, ASSEST-EAU, «si rien n’est fait, nous allons mourir de soif d’ici à 2020»

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–Mercredi 28 juin 2017- L’Association pour l’Environnement et les Sciences et Techniques de l’Eau (ASSEST-EAU) a initié, en collaboration avec le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), dans le cadre de la journée « Eau et Environnement 2017 », une campagne de sensibilisation sur les dangers sanitaires auxquels s’exposent la Côte d’Ivoire dans un futur proche, par l’exploitation minière informelle, communément appelée orpaillage.    

Cette journée de sensibilisation tenue ce mercredi, à l’amphithéâtre D de l’Université NANGUI ABROGOUA, autour du thème central « l’exploitation minière face à la gestion des ressources en eau en Côte d’Ivoire », a permis de savoir les conséquences des vapeurs de cyanure et autres matières chimiques utilisées sur les sites d’orpaillage qui se répandent à des centaines de mètres dans les eaux, l’air et les sols.   

L’exploitation de l’or est une pratique légale et reconnue par le code minier ivoirien, mais a pris une tourne informelle ou artisanale en se répandant sur le territoire ivoirien, à l’occasion de la crise militaro-politique qu’a connue le pays et la montée des cours de l’or, a reconnu le professeur Yapo Bernard (Sous-Directeur du Laboratoire Central de l’Environnement- CIAPOL), lors de son exposé sur le premier sous-thème : Impact de l’orpaillage sur les ressources en eau.    

Ces orpailleurs en provenance généralement du Burkina Faso et de la Guinée Conakry, expliquent-til, ont bénéficié de la porosité des frontières due à l’instabilité politique en Côte d’Ivoire pour instaurer une pratique moins connue par les locaux, qui a contribué à installer dans les zones exploitées, le banditisme, la prostitution et des conflits fonciers, non sans oublier l’impact de l’orpaillage sur les eaux.   

Les sites d’orpaillage sont généralement en amont des cours d’eaux où se déversent après les résidus chimiques composées de mercures, de cyanure, des éléments traces métalliques (ETM), qui détruisent les couches vitales de ces eaux, causent leur appauvrissement voire leur tarissement ou la fermeture de station d’eau potable.    

« Si rien n’est fait, nous allons mourir de soif d’ici à 2020 », a reconnu le professeur Yapo Bernard face à l’avancée de l’orpaillage sur le sol ivoirien.   

Le danger s’étend encore plus auprès des populations qui consomment crustacé, carpe, poisson et autres animaux tels que les bœufs et moutons, etc., qui viennent s’abreuver de ces cours d’eau et qui se retrouvent ensuite sur le marché, a indiqué le Docteur Messou Aman (Enseignant- chercheur à l’Université NANGUI ABROGOUA), pendant son exposé sur le deuxième sous- thème : contamination des poissons d’une zone minière artisanale et risques sanitaires associés : cas de Hiré, une partie du pays où d’orpaillage se développe à grande échelle.   
 
 Pour lui, le transfert des polluants dans les cours d’eaux contamine les poissons et autres animaux en créant une forte concentration de substances nocives dans leurs organismes. De ce fait, il a déconseillé les populations de consommer les poissons en provenance des eaux proches des sites d’orpaillage à Hiré (région de Divo).   

Comme alternative pour réglementer l’orpaillage en Côte d’Ivoire, les deux exposants ont convenu de l’importance de « rationnaliser » l’activité en la confiant à des industrielles qui appliquent les mesures de sécurités sanitaires, afin qu’elle profite à l’économie locale et nationale.   


De plus, ils ont noté l’impérieuse nécessité de laisser tomber la pratique de l’orpaillage en Côte d’Ivoire au profit de l’agriculture qui tue moins le sol. 



Casimir Boh, Abidjan

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Source : Koaci