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Côte d’Ivoire/Violences universitaires: Que veut la FESCI? Que peut la FESCI?

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Une question somme toute assez banale, mais pas forcément inutile ! En effet, la réponse à cette question est d’autant plus importante, qu’elle devrait déterminer la stratégie d’action de ce mouvement estudiantin qui n’est pas né de la dernière pluie. On pourrait peut-être aller vite en répondant simplement que la FESCI veut améliorer les conditions de vie des étudiants et des élèves de Côte d’Ivoire. Chemin faisant semble-t-il, la FESCI a voulu aussi se saisir d’une autre mission : celle de participer activement à la condition de vie de tous les ivoiriens. D’où sa rencontre plus ou moins heureuse avec les hommes politiques. Mais quelque soit le cas de figure, la FESCI ne peut échapper à l’épreuve inévitable et incontournable du bilan de tout mouvement.

Sans être particulièrement sévère, si l’on s’en tient aux derniers mouvements de grève lancés par la FESCI suivis de l’arrestation et de l’emprisonnement de plusieurs étudiants et de leur leader, on peut dire qu’après plus d’un quart de siècle d’existence, la FESCI continue encore à se battre et toujours avec les mêmes moyens. On peut donc résumer la situation en disant que malgré le diagnostic posé par le médecin ‘’FESCI’’ et malgré les médicaments qu’il a utilisé pour soigner son malade, c’est-à-dire l’école, celui-ci est toujours malade :

Aujourd’hui le gros lot des étudiants a peur d’aller sur les campus.
Aujourd’hui les enseignants ont peur de la FESCI.
Les parents ont peur pour leurs enfants.
Les responsables de la FESCI regardent le pouvoir comme le diable malgré l’évolution des choses.
Alors de deux choses ou l’une ? Ou le diagnostic n’est pas le bon, ou bien alors le médecin et les médicaments ne sont pas appropriés ?

Supposons que le diagnostic du médecin FESCI est bon, tout comme le médicament prescrit ; mais que malgré cela, l’état du malade selon le médecin lui-même ne s’est toujours pas amélioré. Alors que faut-il faire pour sauver le pauvre malade ? Normalement dix (10) principes doivent venir à l’esprit du médecin :

Il faut sauver le malade à tous les prix. Il faut tout faire pour ne pas aggraver le mal et la souffrance.
Il faut reconnaitre ses propres limites : Savoir jusqu’où on peut aller.
Faire appel dans l’humilité à d’autres expertises médicales, car la maladie en question peut être beaucoup plus complexe qu’on ne le croit. Il faut la synergie entre plusieurs spécialités pour un meilleur diagnostic.
Chaque petite amélioration doit être notée et consolidée. Exemple : aujourd’hui le visage extérieur de l’université fait plaisir. Malgré la crise, plusieurs dizaines de milliards y ont été investis. Certes il reste beaucoup encore à faire. Cependant le peu qui a été fait est la preuve que tout est possible et qu’il faut peut-être persister dans ce sens.
Il faut se consacrer entièrement à son malade et sur la partie vraiment malade pour éviter de gangrener tout le corps. Il ne faut pas se disperser.
La politique est une affaire de spécialistes. On l’apprend. Mais il faut l’apprendre à la bonne école. Comme toute science, il y a un moment pour apprendre, il y a un moment pour l’appliquer.
On a beau être étudiant ou syndicaliste en Afrique on reste toujours un enfant en face des parents. Et en Afrique on n’insulte pas, on ne défie pas les parents. Quand on n’est pas d’accord on y met la manière en l’exprimant.
Dans tout combat, il faut non seulement connaitre les rapports de force, mais il faut aussi maitriser ses propres faiblesses et ses atouts. On se rappelle quand l’actuel Président de la République a voulu aller en campagne en 2010 sur le campus, la FESCI lui a interdit pratiquement d’y mettre les pieds. Cela n’a pas empêché leur ‘‘ennemi’’ d’être président de la République et d’être réélu en 2015 et surtout de reconstruire entièrement et sans rancunes l’Université Félix Houphouët Boigny où règne la FESCI.
Dans l’opposition frontale avec l’adversaire, il faut avoir recours à des médiateurs, les vrais. Pas ceux qui vous poussent la nuit à l’affrontement. Mais ceux qui ont aussi bien votre confiance que la confiance de votre adversaire du moment et qui soient soucieux de votre avenir. Pourquoi ne pas avoir recours à Soro Guillaume, Hamed Bakayoko, très proches à la fois des jeunes et du Président de la République ? Ou Henri Konan Bédié et Henriette Diabaté très écoutés du Président Alassane Ouattara ? Il ne faut jamais croire que votre adversaire ou votre ennemi d’hier, le sera toujours. Il peut changer si vous changez aussi.
Quelle que soit la justesse de vos revendications, quelle que soit votre capacité de défiance des pouvoirs publics, si vous ne réussissez pas à faire et à compléter de bonnes études vous serez perdant pour toujours.

Alors que faire ?

abidjan.net