Home Société Attentats de Bassam: la France en première ligne

Attentats de Bassam: la France en première ligne

59

Abidjan et Paris ont décidé de renforcer leur collaboration dans la lutte contre les jihadistes. Pas de cellule franco-ivoirienne, mais du « donnant-donnant sous forme d’échanges sérieux et réguliers ».

Entre la Côte d’Ivoire et la France, c’est l’union sacrée. Le 14 mars, au lendemain de l’attentat, François Hollande a appelé Alassane Ouattara pour exprimer la solidarité des Français avec la Côte d’Ivoire. Puis, le 15 mars, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et son homologue de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, sont allés à Abidjan, où ils ont été aussitôt reçus par le président ivoirien. Les deux pays vont renforcer la coopération entre trois de leurs unités d’élite. Côté français, les forces spéciales, les policiers du Raid et les gendarmes du GIGN. Côté ivoirien, les forces spéciales, les policiers du Frap et les gendarmes de l’UIGN.

Ce qui est moins médiatisé, c’est que les services de renseignements français et ivoirien vont intensifier leurs échanges. Pas de cellule de coordination, mais un partenariat fort. « Une cellule franco–ivoirienne, c’est une formule à l’ancienne. Mieux vaut du donnant-donnant sous forme d’échanges sérieux et réguliers », souffle un diplomate français, qui ajoute : « Depuis deux ans, notre coopération a permis de déjouer plusieurs attentats en Côte d’Ivoire, mais jusqu’à présent les services de renseignements ivoiriens se sont trop concentrés sur la politique intérieure [sous-entendu : la traque du camp Gbagbo]. Ces derniers jours, après l’attentat de Grand-Bassam, ils ont encore laissé filer des suspects. Il faut qu’ils se professionnalisent dans la lutte contre les jihadistes et qu’ils soient mis à niveau au point de vue technologique. »

Africatime CI