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60ème session de la commission de la condition de la femme à New York: l’intégralité de la déclaration de la ministre Euphrasie Yao

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Monsieur le Président,

Je voudrais à l’instar des délégations qui m’ont précédé, vous adresser les félicitations de la délégation ivoirienne pour la conduite éclairée des débats et vous assurez de notre pleine collaboration pour le succès des travaux.

Je voudrais également transmettre les meilleures salutations du Gouvernement de Côte d’Ivoire à la Directrice Exécutive de l’ONU FEMMES pour le choix du thème prioritaire de cette Session de la Commission de la Condition de la Femme.

Ma délégation souscrit à la déclaration faite par la Thaïlande au nom du Groupe des 77+ la Chine ,ainsi que celle de la République Unie de Tanzanie au nom des Etats africains.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Depuis son accession au pouvoir en 2011, le Président de la République, Son ExcellenceMonsieur Alassane OUATTARA, n’a cessé d’oeuvrer pour une participation équitable de tous les ivoiriens (nes) au processus de développement de notre pays.

En effet, après avoir voté depuis 1998 des lois réprimant toutes les formes de violences à l’égard des femmes et les mariages précoces, notre pays s’est dotée en 2012 d’une nouvelle loi sur le mariage qui permet aux femmes mariées et responsables de familles de bénéficier au même titre que l’homme de la réduction de l’impôt général sur le revenu. La Côte d’Ivoire a également adopté en 2015 une nouvelle loi relative à l’enseignement qui rend obligatoire la scolarisation de tous les enfants, filles et garçons, âgées 6 à 16 ans.
Outre ces réformes légales, notre pays a renforcé le Fonds d’Appui au Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) dont le capital actuel de 10 milliards permet aux femmes (aujourd’hui au nombre de 110 000 à travers la Côte d’Ivoire) de réaliser des activités génératrices de revenus afin de se mettre à l’abri de la précarité et entrevoir l’avenir avec sérénité.
De plus, le Gouvernement ivoirien a adopté le 02 mars 2016 en Conseil des Ministres le Programme Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI) afin de renforcer la visibilité, la participation et le leadership des femmes dans la gestion des affaires publiques et privées. Outil de valorisation des compétences féminines unique en son genre dans le monde, le COCOFCI dispose d’une base de données dynamique contenant à ce jour plus de 10.000 femmes compétentes de tous les secteurs d’activités identifiées de manière rigoureuses et participative.
Sur la base de ce programme, SEM le Président de la République a renforcé la présence des femmes au Conseil Économique et Social (passant de 17 à environ 30%)et au Gouvernement (de 15 à 25%).
Par ailleurs, en Côte d’Ivoire l’augmentation du nombre de femmes dans des secteurs d’activités, longtemps demeuré la chasse gardée des hommes et ouverts seulement en 2014 aux deux sexes, se poursuit. L’effectif des filles à l’Ecole Militaire Préparatoire et Technique (EMPT) s’est renforcé passant de 20 à 37 soit environ 34% des admis grâce à l’excellent travail des fillettes. Au niveau de la Gendarmerie Nationale, ce corps d’élite des forces de défense et de sécurité, dont la barrière de glace a longtemps constitué un frein majeur à la promotion du genre dans le secteur, le Gouvernement a construit de nouveaux bâtiments, inaugurés le 25 février 2016 dernier, pour tenir compte des besoins des élèves gendarmesfemmes dont le nombre continue de croitre.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,
Pour mieux conduire les changements opérés, des structures crées récemment notamment le Conseil National de la Femme installé le 02 mars 2015 et l’Observatoire National de l’Équité et du Genre crée en décembre 2014 verront leurs rôles renforcés dans la perspective de l’amélioration des statistiques sexospécifiques.
Aussi, pour arriver à des actions d’envergure, la Côte d’Ivoire a-t-elle inscrite la promotion des droits des femmes et des jeunes au nombre des cinq priorités de son action gouvernementale sur la période 2016-2020.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

La Côte d’Ivoire est consciente qu’elle doit encore relever un ensemble de défis en vue d’éliminer toutes les formes de discrimination entre les sexes qui persistent aussi bien en milieu rural qu’urbain. Il s’agira notamment de :

Poursuivre les réformes juridiques sensibles au genre en vue d’améliorer le taux de représentativité des femmes au Parlement et dans les Instances de gouvernantes locales.

Renforcer le mécanisme institutionnel pour une prise en compte systématique du Genre dans tous les secteurs d’activités assorti d’un système de redevabilité efficace;

Amplifier les interventions visant la réduction du taux d’analphabétisme des femmes qui constitue pour nous la porte d’entrée de toutes interventions en matière d’autonomisation des femmes ;

Mobiliser les ressources pour étendre le Programme Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire sur toute l’étendue du territoire national et en particulier au niveau des femmes qui excellent dans leur domaine d’activités en milieu rural et péri-urbain.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Au regard de l’engagement du Président de la République, de son Gouvernement et du peuple ivoirien en faveur des droits des femmes et avec l’accompagnement constant de nos partenaires techniques et financiers, Nous disons que le moment est favorable et ce moment c’est maintenant!

La Côte d’Ivoire ne reculera pas face au terrorisme et continuera avec sérénité sa marche vers l’autonomisation des femmes pour un développement durable à l’horizon 2030.

JE VOUS REMERCIE DE VOTRE AIMABLE ATTENTION

Fait à New York, le 15 mars 2016

EUPHRASIE KOUASSI YAO

Ministère de la Promotion de la Femme,

de la Famille et de la Protection de l’Enfant

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