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Procès Simone Gbagbo: les "discours incendiaires" de l’ex-Première dame ivoirienne ont eu des "répercussions" sur la vie des populations (Témoin)

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Un témoin au procès de Simone Gbagbo, poursuivie pour « crimes contre l’humanité », a déclaré mercredi que les « discours incendiaires » de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire pendant la crise postélectorale ont eu des « répercussions » sur la vie des populations, au palais de justice du Plateau à Abidjan.

« Ce qu’elle a dit a eu des répercussions sur nos vies », a dit à la barre Alassane Diomandé, estimant que l’attaque armée en avril 2011 de la mosquée qu’il fréquente à Yopougon (ouest d’Abidjan) est la « conséquence » des « discours incendiaires » de Mme Gbagbo « à la télévision ».

Cet étudiant de 27 ans a raconté que des « civils » et des « hommes en tenue (…) armés » ont attaqué la « grande mosquée de Yopougon camp militaire » dans « la nuit du 04 au 05 avril 2011 », faisant « quatre morts (dont) le plus jeune avait 17 ans ».

M. Diomandé a estimé que des propos de l’ex-Première dame tenus lors d’un « meeting au Palais de la culture » à Abidjan, où elle appelait à « lutter contre les agresseurs de la République », sont « montés à la tête des jeunes », conduisant à l’attaque de cette mosquée.

« C’est l’effet des discours à l’égard de nous autres qu’ils considéraient comme des terroristes. (…) On a eu le malheur d’être nordistes, d’être musulmans et d’être dans une mosquée », a-t-il poursuivi.

Persuadé que « des éléments de l’armée ne peuvaient pas entrer dans un lieu sacré sans avoir reçu d’ordre », il a désigné Simone Gbagbo comme la responsable de cet acte « sans humanité », considérant qu’en tant que « leader d’opinions » elle aurait dû être « consciente de ce qu’elle disait ».

Depuis le 31 mai l’ex-Première dame ivoirienne est jugée pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » commis pendant la crise postélectorale qui a officiellement coûté la vie à au moins 3.000 personnes.

MYA

abidjan.net