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Nouvelle Constitution, législatives 2016, rencontre avec les exilés pro-Gbagbo: Cissé Ibrahima dit Bacongo se lâche et dit tout

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« Voici le profil du vice-président »
• Des confidences sur Ouraga Obou et le Comité d'experts
• Ce que Sidiki Bakaba veut faire avec le président Ouattara

Membre du Comité d'experts chargé de la rédaction de l'avant-projet de nouvelle Constitution ivoirienne, Cissé Ibrahima dit Bacongo était récemment en France, où il a rencontré des exilés proches de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Il en parle dans cette interview et fait un tour d'horizon de l'actualité politique.

Bonjour Monsieur le ministre, la nouvelle Constitution de la République de Côte d'Ivoire a été promulguée par le chef de l'Etat. Il demeure cependant une question centrale, à savoir la nomination d'un vice-président. Vous qui êtes proche du chef de l'Etat, et qui avez été membre du Comité d'experts chargé de la rédaction de cette Constitution, où est-ce qu'on en est avec la nomination d'un vice-président ?

Ce que vous devez retenir, c'est qu'à chaque jour suffit sa peine. Vous l'avez dit, la Constitution a été promulguée, mais les choses ne se font pas au pas de course. Nous ne sommes engagés dans aucune course, le président de la République n'est engagé dans aucune course. La Constitution a été promulguée, la date des prochaines élections législatives a été donnée, c'est le 18 décembre 2016. Pour le moment, nous sommes en train de nous préparer pour aller à ces élections dans les meilleures conditions, après quoi, certainement, le président de la République va procéder à la nomination d'un vice-président, à tête reposée.

Entre temps, il y a la question de la vancance de pouvoir qui fait débat...

Il n'y avait pas de poste de vice-président dans l'ancienne Constitution. Les choses étaient réglées d'une certaine manière. Si une situation comme celle que vous envisagez devait se produire, la Constitution prévoit, dans le cas extrême, ce qui doit être fait. C'est-à-dire que si le président de la République n'est pas là, que le vice- président qui doit assurer son intérim n'est pas là, c'est le Premier ministre et les membres du gouvernement, dans l'ordre protocolaire, comme le prévoit la Constitution. Nous espérons que nous n'allons pas commencer avec un tel cas. Dieu fera en sorte que toutes les choses se passent comme nous l'allons prévu. Que le chef de l'Etat, après les élections, prenne les décisions les unes après les autres afin que notre pays continue sa marche vers l'émergence.

Selon vous, quel devrait être le profil du vice-président ?

Mais, dès lors que le vice-président doit gérer la Côte d'Ivoire en cas d'intérim, c'est quelqu'un qui doit avoir la même taille que le président de la République actuel, le même visage et la même compétence que lui.

Dans certaines de vos contributions publiées dans la presse, vous indiquiez que vous êtes favorable à la levée de la limitation d'âge et du nombre de mandats pour le président de la République. Devrait-on comprendre que vous souhaitez que le président Alassane Ouattara reste au pouvoir ?

Je ne sais pas si j'ai été suivi ou pas, mais ce que j'ai écrit dans une série d'articles sur la réforme constitutionnelle, entre autres choses, c'était qu'il n'y ait pas de limite au nombre de fois que le président de la République peut se présenter. Pour moi, c'était antidémocratique parce que le choix appartient au peuple. C'est le peuple qui est souverain, ce ne sont pas les individus. Limiter le nombre de mandats du président de la République, c'est limiter le nombre de candidats, le nombre de choix que le peuple peut faire. Et on pourrait se retrouver, par application d'une telle disposition, avec un président par défaut. C'est-à-dire que comme le nombre de mandats du président est limité, on pourrait se retrouver dans une situation où le président sortant est encore jeune. Il a accédé au pouvoir à 35 ans, et après 10 ans de pouvoir, il a 45 ans, et il ne peut plus se présenter, alors qu'il a géré le pays comme il faut, mais malheureusement avec la limitation du nombre de mandats, il ne peut plus se présenter. A contrario, on pourrait avoir des gens qui n'ont pas le profil de l'emploi. Comme on le dit souvent, au pays des aveugles, le borgne est roi, on n'aura pas de candidats valables, capables de poursuivre l'oeuvre, et on sera obligé de prendre celui qu'on aura sous la main, qui peut nous conduire dans une situation où le pays est divisé en deux, où pendant 10 ans la Côte d'Ivoire va faire la marche sur place. Une situation où les Agoras et les Parlements seront les lieux de fréquentation des jeunes, parce qu'ils n'ont rien à faire. C'est pour cette raison que j'étais contre la limitation du nombre de mandats. Mais ce qui a été retenu finalement, c'est que le président de la République est élu pour 5 ans, renouvelable une seule fois. Il n'y a donc plus de débat. Certains disent que le président Alassane Ouattara cherche à se maintenir au pouvoir, mais le président Ouattara a dit qu'il ne sera pas candidat. Et malgré la plaidoirie de Bacongo, il dit qu'il ne sera pas candidat.

Que dites-vous alors du verrou de l'âge qui a sauté ? C'est au minimum 35 ans, et le plafond est ouvert. Quel commentaire faites-vous ?

Mais le commentaire que je fais, c'est que je ne comprends pas le débat sur cette question, parce que les jeunes ont été pris en compte. S'il s'agit de mettre son cœur en bandoulière pour les jeunes, je pense que la cause a été entendue. Le curseur était à 40 ans, et désormais on permet aux jeunes d'être candidats déjà à partir de 35 ans Donc les jeunes ne peuvent pas dire qu'ils ne sont pas pris en compte. Je m'attendais à ce que les jeunes sortent pour dire que cette Constitution est leur Constitution. Les moins jeunes ne peuvent pas, eux aussi, être contre cette Constitution, parce que le fait que le plafond de l'âge a sauté, cela permet à celui qui n'a pas pu être candidat même à 60 ans, de l'être à 70 ans, 80 ans. Dans tous les cas, c'est le peuple qui a le dernier mot.

A la remise de l'avant-projet de Constitution au chef de l'Etat, le professeur Ouraga Obou a indiqué s'etre débarrassé d'un fardeau. Qu'est-ce qu'il a voulu dire ?

Il faut bien comprendre ce que le professeur Ouraga Obou, président du Comité d'experts, a voulu dire. Il ne cherchait pas à se débarrasser d'un travail qui l'encombrait ; ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut comprendre le professeur. Il voulait tout simplement dire que nous étions tenus par une obligation de stricte confidentialité. Il aurait fallu qu'un seul membre du Comité d'experts perde le sang-froid pour laisser filtrer un seul article que tout parte dans tous les sens. Il a donc fallu faire violence sur nous-mêmes pour maintenir la stricte confidentialité sur nos travaux. Le jour où le texte a été remis au président de la République, c'était comme un accouchement, c'était comme si le Comité d'experts était délivré, au sens de l'accouchement, pas au sens de la mort.

La Cour africaine de justice et des droits de l'Homme vient de condamner l'Etat de Côte d'Ivoire relativement à la composition de la Commission électorale indépendante (Cei), qui ne serait pas conforme à certaines règles internationales. Quel est votre commentaire ?

D'abord, je n'ai pas connaissance de la décision, conséquemment je ne sais pas quels sont les motifs, l'argumentation de la Cour africaine de justice et des droits de l'Homme. J'aurais pu m'en tenir à ça. Mais, réfléchissant à haute voix, je dis que la composition de la Cei n'est pas décidée par un individu, en fonction de ses humeurs. Le principe de la création de la Cei se trouve gravé dans la Constitution. Déjà celle de 2000 dispose qu'une commission chargée d'organiser les élections va recevoir les candidatures et faire tout ce qui doit être fait pour les élections, aussi bien présidentielles, législatives, municipales que régionales, mais que cette commission va être mise en place sur la base d'un texte. Il existe donc un texte, une loi pour être plus précis, qui met en place la commission, en définit l'organisation, les attributions, mais également le fonctionnement. Alors, que la Cour de justice africaine considère que la commission ne respecte pas des règles, je n'en sais rien. Est-ce qu'il existe des règles au plan supra-national qui imposent aux différents pays de mettre en place leur commission électorale ? Ce qui ne me paraît pas le cas. Dans notre cas en Côte d'Ivoire, la mise en place de la commission est un acquis de la lutte menée notamment par le Rdr depuis 1995. Nous avions des revendications telles que l'encre indélébile, la mise en place d'une commission électorale, parce que nous n'avions pas confiance en l'administration dans l'organisation des élections. Donc voilà l'histoire de notre Cei. Si la Cour a un texte qui fonde sa décision, on peut regarder, mais notre commission électorale a été mise en place sur la base d'un texte qui existe et qui prévoit que toutes les formations politiques puissent se retrouver dans les différentes articulations de cette commission.

L'actualité est dominée par les élections législatives. Comment vous abordez ces élections en tant que cadre du Rdr ?

Nous préparons ces élections avec beaucoup de sérénité, beaucoup de confiance. Au plan national, les différents partis membres du Rhdp ont effectué beaucoup de réunions pour dégager des candidatures communes partout où cela paraît la voix à suivre. Les accords ont pu se faire rapidement sur un certain nombre de circonscriptions. Pour d'autres circonscriptions, tout choix étant arbitraire, les choix qui ont été opérés ont pu déplaire à des formations politiques, à des militants. Ces différentes situations sont gérées, Dieu merci, sans éclats. D'autres continuent d'être gérées, parce que ceux qui ne sont pas satisfaits menacent de se présenter en candidats indépendants. Malgré tout cela, nous pensons qu'il n'y a pas lieu de céder à l'angoisse ou à une panique quelconque. Bien au contraire, nous allons partir à ces élections avec de très fortes chances de revenir les bras chargés.

Vous êtes candidat à Koumassi, comment les choses se passent à ce niveau ?

Les choses se passent très très bien. Vous savez, en pareille situation, il y a beaucoup de rumeurs, beaucoup de bruits de couloir, beaucoup de manœuvres. Mais tout cela est normal, parce que les élections, comme vous le savez, sont l'occasion d'exprimer les ambitions même les plus folles. Vous verrez qu'un candidat à qui vous avez envie de donner l'aumône dira qu'il va vous battre à plate couture. C'est tout cela qui anime la précampagne. En dehors de cela, à Koumassi, il n'y a aucun problème.

Pas même entre vous et le maire N'dohi Raymond ?

Entre monsieur le maire et moi, à ma connaissance, les relations sont au beau-fixe. Pour preuve, quand je suis allé en France, comme je n'ai pas pu l'informer avant de partir, arrivé sur place, je l'ai appelé. Il m'a dit qu'il se préparait lui aussi à aller en France. Je lui ai dit que s'il arrivait, qu'il m'appelle pour qu'on prenne un pot ensemble. C'était là notre toute dernière conversation.

Au Rhdp, l'Udpci engage des candidats pour ces législatives, pareil pour l'Upci. Est ce qu'un affrontement Rhdp contre Rhdp ne risque pas finalement de réduire les chances du Rhdp face à une opposition qui affirme de plus en plus sa volonté d'entrer au Parlement. Je rappelle que le Fpi d'Affi N'guessan a positionné, à lui seul, 210 candidats.

Moi, je pense plutôt que tout cela contribue à augmenter les chances du Rhdp. Comme je vous l'ai dit, à certains endroits, les candidats qui ont été positionnés par le Rhdp bénéficient du soutien le plus large de tous les partis du Rhdp. A d'autres endroits, il y a eu quand même quelques grincements de dents, mais on finit toujours par mettre en avant l'intérêt général de notre mouvement. Il y a aussi d'autres endroits où on estime que les choses n'ont pas été du tout ce qu'on pensait, et c'est à ces endroits qu'on constate des candidatures indépendantes, en dehors du Rhdp. Si ces candidats indépendants sont puissants, alors ils peuvent gagner. Mais ils demeurent toujours membres de leurs partis, et de ce fait toujours membres de la grande famille du Rhdp, dans la mesure où leurs partis demeurent dans le Rhdp.

Qu'en est-il de l'opposition, qui fait quand même une montée en puissance dans ces législatives, avec 210 candidats pour le Fpi ? Ne faut-il pas craindre à ce niveau ?

Non, ce n'est pas une montée en puissance le fait de proposer 210 candidats sur 250 à présenter pour couvrir toutes les circonscriptions de la Côte d'Ivoire. Ce n'est déjà pas mal de présenter autant de candidats. Une chose est de présenter des candidats, mais que ces candidats gagnent effectivement, aient une légitimité sur le terrain, est une autre réalité. C'est plutôt une bonne chose que nous ayons tous ces candidats de l'opposition, que ce soit de la tendance Affi N'guessan ou celle d' Abou Drahamane Sangaré, ou d'autres formations politiques. Cela demontre la vitalité de notre démocratie, au delà de tout ce qui est dit sur les difficultés, les prétendues entraves à la démocratie en Côte d'Ivoire.

Sériez-vous candidat pour les élections municipales, après les législatives ?

Je dirai oui, dans la mesure où en 2013, j'ai été candidat et les choses ne se sont pas passées comme nous l'avions prévu. Il est donc tout à fait normal qu'aux prochaines élections municipales, je sois candidat, ne serait-ce que par principe. J'ai été candidat, si j'avais gagné, j'aurais pu me présenter pour défendre un bilan. Je n'ai pas gagné, il faut que je me présente pour évaluer le travail que j'ai fait sur le terrain, si ce travail a été apprécié par les populations. Donc, pour les prochaines élections municipales, il est évident que je serai candidat. Cela dit, je suis membre d'un parti politique qui s'appelle le Rdr, qui va certainement devenir le Rhdp dans le cadre du parti unifié, je n'en sais rien, en tout cas c'est notre souhait. Si ce parti unifié voit le jour, il lui appartiendra de choisir les meilleurs de ses cadres pour les prochaines élections municipales et régionales partout sur le territoire national. Si d'ici là, ce parti unifié ne voit pas le jour, il appartiendra au Rdr de choisir ses candidats aux prochaines municipales, et dans ce cas-là, ma position me laisse penser que je ne peux pas ne pas être candidat.

Vous revenez d'une mission en France, quel était justement l'objectif de cette mission ?

En réalité, j'étais allé pour deux raisons. La principale raison, c'était vraiment pour prendre quelques jours de repos ou de vacances. Je n'avais malheureusement pas pu prendre de vacances, compte tenu de l'élaboration de la nouvelle Constitution. Après quoi, le président de la République a autorisé que je puisse prendre quelques jours de congés. J'ai profité de l'occasion pour joindre l'utile à l'agréable. J'ai donc communiqué sur la nouvelle Constitution, parce que pour moi, il est important que nous fassions la promotion de la Constitution. C'est faute de n'avoir pas fait de l'anticipation avant le référendum que nos adversaires, ayant été les premiers sur le terrain, avaient vraiment entrepris d'intoxiquer à outrance les populations, au point d'aller dire exactement le contraire de ce qui est inscrit dans la Constitution. Notamment dans son article 12, à savoir que désormais vos terres ne vous appartiennent plus, alors que c'est le contraire qui est écrit. Certains sont allés jusqu'à dire que le poste de vice-président a été créé en réalité pour que le président Blaise Compaoré soit président de la République de Côte d'Ivoire. Vous savez, la Côte d'Ivoire ne se limite pas dans les villes, la Côte d'Ivoire, c'est aussi les zones rurales, et là-bas, nous savons comment les choses se passent. Dans ces zones, les cadres, ou quelquefois même les demi-lettrés qui jouent le rôle de cadre sont les éclaireurs de consciences. Nos adversaires étant sortis avant nous, ils avaient donc réussi à intoxiquer un certain nombre de populations. C'est vrai que la campagne, même si elle a été de courte durée, a permis quand même de rattraper les choses. Après que la Constitution ait été votée, il ne faut pas baisser la garde, surtout qu'il a été dit qu'elle a été votée avec un taux de participation de 2 %. Quand cela vient d'un seul côté et qu'il n'y a pas de contradiction, cela peut faire mouche. Donc, j'ai profité de ma présence en France pour faire un peu de promotion de la nouvelle Constitution. Et je crois qu'il s'agit d'un travail que tout le monde doit pouvoir faire, pas seulement les membres du Comité d'experts ou les conseillers du président de la République. Mais il y a des juristes, des journalistes, des hommes politiques qui doivent s'impliquer, parce que cette Constitution est notre Constitution à tous. Aucune œuvre humaine n'étant parfaite, il n'est pas exclu que dans un an ou deux ans, des failles apparaissent qu'il faille corriger. A ce moment-là, on pourra les corriger. Mais pour le moment, ce qu'il y a à faire, c'est ce que moi j'ai essayé de faire au cours de mon séjour à Paris.

En marge de cette promotion de la Constitution, vous avez également rencontré certains exilés ivoiriens en France, je présume, dans la perspective de leur retour au pays. Comment les contacts ont été noués et que doit-on retenir de vos échanges ?

Je voudrais dire, pour être très précis, que je n'ai jamais de projet, en partant en France, de rencontre avec des exilés. Quand je vais en France, ce sont des compatriotes que je rencontre. Et je les rencontre partout, souvent en ville. Ceux dont j'ai les contacts, je les appelle pour qu'on se rencontre pour échanger. J'ai rencontré à plusieurs reprises Serge Kassy, je lui ai demandé de rentrer, parce qu'on n'est jamais mieux ailleurs que chez soi. Je lui ai dit de rentrer parce qu'il ne risque rien du tout, à moins que je ne sache pas tout. Sinon, s'il s'agit de l'Etat de Côte d'Ivoire, s'il s'agit des forces de sécurité ivoiriennes, il ne craint rien de personne. Bien au contraire, ceux qui ont pris les armes et qui se sont battus sont en Côte d'Ivoire, se promènent et chacun vit et vaque à ses occupations. A l'époque, j'avais également appelé Gadji Céli à deux reprises, Nst Coffie, puisque ce sont des gens que je rencontre très souvent. J'ai pu également rencontrer Doumbia Major, Tiburce Koffi à plusieurs reprises, j'ai parlé à Kahé Eric, Barouan Kipré, ancien Dg du Burida, et beaucoup d'autres. Sidiki Bakaba, qui devait venir me voir avec Tiburce Koffi, mais dont Tiburce Koffi a rapporté l'état d'esprit, à savoir qu'il est prêt à prendre le président par les pieds, pour lui présenter des excuses au cas où il l'aurait blessé par actions ou par intention. J'ai rencontré pratiquement une vingtaine de personnes.

Sont-ils prêts à revenir au pays, et quelles sont les conditions qu'ils posent ?

Alors, ce que j'ai noté, c'est qu'ils sont tous pressés de rentrer au pays. Il y a cependant une préoccupation qui revient assez régulièrement, c'est celle de savoir ''qu'est-ce que je vais faire une fois arrivé au pays ?'' Ce n'est plus ''comment ma sécurité va être assurée'', mais c'est ''qu'est-ce que je vais faire ?'' Parce que là-bas, ils ont quelques petites possibilités pour joindre les deux bouts. Ils bénéficient de l'assurance, des allocations, des bénéfices liés au statut d'exilé. S'ils laissent tout cela et qu'ils rentrent au pays, qu'est-ce qu'ils vont faire ? C'est la préoccupation majeure de tous ceux et celles que j'ai pu rencontrer là-bas.

Est-ce qu'il y a une réponse à cette préoccupation au niveau de l'Etat de Côte d'Ivoire ?

Comme je ne suis pas l'Etat de Côte d'Ivoire, je ne peux pas répondre de façon claire à cette préoccupation. La personne, au niveau de l'Etat de Côte d'Ivoire, qui peut donner une réponse à cette question, c'est la ministre Koné Mariatou. Elle pourra se pencher sur cette préoccupation après que je lui ai donné l'information, parce que je vais la lui donner. Dans tous les cas, et malgré sa bonne volonté, elle ne pourra donner que ce qu'elle a, et ce qu'elle a, c'est d'abord la sécurité, un petit appui pour ceux qui peuvent apporter les preuves qu'ils ont été des victimes de la crise. En ce qui concerne leur insertion dans le tissu socio-économique, cela va dépendre de beaucoup d'autres paramètres qu'elle seule ne maîtrise pas forcément. Mais, c'est sur place ici qu'une réponse pourra être valablement apportée à cette préoccupation.

Vous êtes revenu de vacances, quelles seront vos prochaines occupations ?

Après le repos, et revenant au pays, je viens retrouver tout le travail à faire sur le plan politique à Koumassi. Mais au delà de Koumassi, il y a toute la réflexion qu'il faut mener de façon générale sur le pays, sur le parti, le Rdr, sur le Rhdp. Il faut savoir que j'ai été désigné au Rhdp comme le président du comité ad'hoc chargé de l'élaboration des textes fondateurs du parti unifié Rhdp. Il s'agit, bien sûr, de la note d'orientation, le manifeste du Rhdp, à savoir ce qu'il y a derrière le Rhdp, ce qui justifie sa création en tant que parti unifié, sur le plan philosophique, social, culturel. Et il y a, bien sûr, les statuts et règlement intérieur. Le comité ad'hoc sera composé d'un membre du Mfa, du Pdci, de l'Udpci et de l'Upci. Il y a donc ce travail sur lequel nous avons beaucoup avancé, mais qu'il va falloir reprendre là où nous nous sommes arrêtés, pour aller rapidement. Après les élections législatives, il y a les municipales et les régionales, et je vous ai dit que ces élections, on pourrait les préparer dans le cadre du parti unifié. Donc il faut aller très vite.

En vous confiant ce travail, est-ce qu'un délai vous a été imparti comme ce fut le cas pour la rédaction de l'avant-projet de nouvelle Constitution ?

Bien évidemment, nous avons été instruits par le président du praesidium du Rhdp, le président Henri Konan Bédié, de déposer un avant-projet au plus tard en septembre, il y a de cela un ou deux mois en arrière. Donc nous avons déposé un avant-projet, mais nous continuons notre travail, en prenant en compte toutes les observations qui ont été faites et qui sont en train d'être faites, de sorte à avoir des textes qui prennent en compte toutes les préoccupations.

Entretien réalisé par Hamadou ZIAO et Yacouba DOUMBIA

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