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Côte d’Ivoire : Coup de fil au Burkina, Michel Gbagbo, H. Bakayoko, Koné Moussa du camp Soro répond !

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FAYAMA ARDJOUMA, dit KONÉ MOUSSA bonjour. Vous êtes le Conseiller technique du Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, M. Soro Kigbafori Guillaume. Vous êtes en service au protocole. Nous vous remercions d’avoir accepté d’échanger avec nous sur un certain nombre de points concernant l’actualité du président Soro dont vous êtes un des plus fidèles collaborateurs. Nous allons justement parler de lui tout le long de notre entretien.

Tentative de coup d’État au Burkina Faso en septembre 2015, comment le nom du président Guillaume Soro s’est-il retrouvé dans cette affaire ?

Je pense qu’il a été mêlé à cette affaire pour sa très forte relation avec le président Blaise Compaoré. Avant la rébellion, nous avions séjourné au Burkina Faso où nous avons bénéficié des services et de la protection du président Compaoré. Il s’est lui aussi retrouvé dans des difficultés et a trouvé refuge en Côte d’Ivoire. Dès lors, tout ce que faisaient ses partisans au Burkina Faso était considéré comme ses manoeuvres, mais aussi celles de M. Guillaume Soro, ce qui n’est pas vérifié. Le président Soro Guillaume avait été accusé de vouloir aider son ami à retrouver son fauteuil. Voilà comment son nom s’est retrouvé dans cette histoire.

« avec les technologies modernes, il est facile d’imiter la voix de quelqu’un et de lui attribuer des propos… »

Dr Doumbia Major a certifié un enregistrement audio mettant en cause M. Soro. Il le défiait également de porter plainte contre lui s’il se sent diffamé. Pourquoi n’a-t-il pas donné suite ?

Monsieur, vous savez très bien qu’avec les technologies modernes, il est facile d’imiter la voix de quelqu’un et de lui attribuer des propos. Il aurait fallu une certification de ces enregistrements par une instance compétente. Les personnes qui accusent le président Soro auraient disposé d’arguments un peu plus crédibles pour l’attaquer. Cela n’a jamais été fait. Pourquoi le président Soro devrait-il répondre à des gens qui l’accusent n’importe comment sans preuve ? Il est le numéro 2 de l’État de Côte d’Ivoire. Il faut une accusation officielle pour qu’il organise sa défense. Le président Ouattara a très vite pris le problème à son compte et a décidé de le régler par la diplomatie. Nous devions donc nous en tenir à cette.

Il a quoi comme outils, M. Doumbia Major, pour certifier l’authenticité d’une conversation trouvée sur les réseaux sociaux ? Mon métier de diplomate ne me permet pas d’être discourtois envers les autres dans les médias, et donc je vais éviter de m’attarder sur ce genre de choses. Le président Soro est à un niveau de responsabilité qui l’oblige à accepter toutes ces médisances. Il ne va pas répondre à ça, il n’a pas à le faire.

Des experts français disent douter de l’authenticité de ces enregistrements. Ils n’ont pas non plus dit de façon ferme que le président Soro n’était pas l’un des interlocuteurs.

Le président Soro Guillaume n’est nullement mêlé à cette affaire. C’est des montages grossiers qui ont été faits pour le salir. J’apprécie d’ailleurs la décision des autorités du Burkina Faso sur ce chapitre. Je les félicite pour cette issue. Soro n’est pas mêlé à cette affaire. Il ne renie pas ses relations avec les anciennes ou nouvelles autorités du Burkina Faso. Je suis avec lui depuis la rébellion de 2002. Sa discrétion, nous l’appelons « La tombe ». Donc je sais combien il sait se montrer discret et prudent. Ses conversations privées ne se seraient pas retrouvées sur les réseaux sociaux, c’est n’importe quoi.

« Hamed Bakayoko est un frère pour Soro… »

Le camp Hamed Bakayoko a été soupçonné d’avoir organisé les fuites en complicité avec certains dirigeants burkinabés contre Soro. Qu’en dites-vous ?

Au regard de mes responsabilités auprès du président Soro, je ne peux accuser une personnalité ou un camp sans disposer de preuves. Je ne peux dire à ce jour qu’Hamed Bakayoko ou son camp se soit comporté de la sorte. Hamed Bakayoko est un frère pour Soro. C’est ensemble que nous avons mené le combat pour la libération des populations opprimées. Et nous gérons ensemble le pouvoir sous la conduite du président Ouattara.

Il est vrai que circulent de plus en plus d’informations sur la rivalité entre les deux hommes et l’intention d’Hamed Bakayoko de devenir président. Cela ne peut l’amener à manigancer des plans contre Soro avec des complicités au Burkina. Je ne le pense pas. Il me faut des preuves pour le croire. Je n’en ai pas cher Monsieur.

Que dites-vous donc du faible soutien des médias proches du RDR, Le Patriote, notamment, à M. Soro au plus fort de cette affaire ?

Nous sommes une famille. C’est le RDR, sous la conduite du président Ouattara. La grande famille est le RHDP. Dans notre famille, lorsque des instructions sont données, à savoir que personne ne doit s’attaquer à son camarade ou se prononcer sur un sujet donné, la discipline est de mise. Le président Ouattara a demandé à tout le monde de garder son calme et qu’il allait régler le problème diplomatiquement. Il ne revenait plus aux médias proches du RHDP de faire des commentaires qui auraient pu gêner son action. Donc vous devez prendre cela en considération.

Si les journaux proches d’Hamed Bakayoko n’en ont parlé qu’à la fin, c’est parce que l’on connaissait le résultat des échanges entre les autorités des deux pays. Nous étions donc libérés de la consigne et les journaux ont pu dire ce qu’ils pensaient.

« La personne de l’agent diplomatique est inviolable… »

Vous êtes bien placé pour savoir l’impact qu’a eu l’affaire de la plainte de M. Michel Gbagbo contre M. Soro. Votre réaction ?

J’ai déploré cette façon de faire des autorités judiciaires françaises. Même si le président Soro n’était pas en mission officielle, dès lors qu’il possède un passeport diplomatique, il n’avait pas à être traité de cette façon. Selon la convention de Vienne conclue le 18 avril 1961 – en son article 29, qui dit : « La personne de l’agent diplomatique est inviolable… » C’est clair !

La première des choses à faire était de saisir l’État de Côte d’Ivoire pour entamer une procédure régulière. On ne peut pas se lever contre le N°2 d’un État souverain, envoyer 17 gendarmes à sa poursuite avec un mandat d’amené sans informer son État en toute violation des procédures judiciaires adéquates. Franchement, la France à ce niveau n’a pas respecté les relations diplomatiques avec la Côte d’Ivoire. (1/2) Retrouvez la seconde partie de l’interview ici…


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