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Chronique politique Par Denis Kah Zion / "Notables" de Ouattara, réagir, agir au lieu de gémir demain

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Par quoi reconnaît-on, dans nos contrées profondes, la force d’un Chef, prenons au bas niveau, un chef du village ? Réponse simple : par la qualité de ses notables ! Par la discipline et la cohésion de ses populations autour de lui. Dans nos contrées à ordre, et pour éviter le désordre, dès que survient une situation, surtout fâcheuse, les notables montent au front en premier. Le chef n’intervient qu’au dernier moment.

Qui sont-ils donc les notables du chef de l’Etat qui doivent le rendre fort ? En premier ressort, ce sont ses proches collaborateurs, ceux en qui il a placé sa confiance pour faire partager son quotidien dans la gestion, oh combien délicate, des affaires de l’Etat. Je ne voudrais pas citer de noms ici. Mais, ils se connaissent ceux qui ont accès à lui directement, de jour comme de nuit, pour prendre certaines décisions. Ensuite, il y a les ministres à qui le président a confié des départements et qui, par solidarité gouvernementale, constituent le rideau offensif-défensif du chef. A côté d’eux et/ou au-dessus d’eux, il y a les présidents d’Institutions, les Pca, les Dg et les autres hauts responsables de l’Administration publique ou parapublique. Toujours dans la catégorie des notables, il faut souligner la place qu’occupe sa formation politique, le Rassemblement des républicains (Rdr) et par translation, les partis politiques réunis au sein de l’alliance des Houphouétistes, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), à savoir, le Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié, le Rdr d’Alassane Ouattara, l’Union pour la démocratie et la paix (Udpci) d’Abdallah Albert Mabri Toikeusse, de l’Union pour la République (Upci) de Gnamien Konan, du Mouvement des Forces d’avenir (Mfa) Anzoumane de Azoumanan Moutayé, du Parti ivoirien des travailleurs (Pit) de François Kouablan qui a demandé son adhésion à ce groupe, qui constitue aujourd’hui, au moins 80% de l’électorat ivoirien. Voici le « notabilat » du président Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.

Il faut tirer des leçons de l’histoire des évènements du monde quand on a le privilège de siéger auprès d’un chef d’Etat. Monsieur Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie, était à l’extérieur de son pays quand une conspiration, composée de militaires, de magistrats et d’enseignants, a voulu l’évincer du pouvoir. De l’extérieur, il a lancé un appel à son peuple et à ses fidèles. En un rien de temps, les rues étaient « blanches » de monde. Toutes les artères des grandes villes, principalement de la capitale politique Ankara, étaient envahies par les populations. Les chars des militaires, qui avaient occupé des points stratégiques du pays ont été obligés de se retirer. Voici ce qui s’appelle avoir plébiscité un président de la République.

Dans quelle langue donc faut-il s’exprimer, au regard, des déclarations de leaders politiques, en interne ou à l’exil, des réunions secrètes, des mouvements sociaux, principalement, ce prétexte de la grogne contre la Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie), pour que les Ivoiriens prennent conscience qu’on cherche à déstabiliser un régime qui gagne. Oui, sans fausse modestie, nous pouvons affirmer que, depuis le 21 mai 2011, Alassane Ouattara, épaulé par son aîné Henri Konan Bédié, gagne sur tous les plans. Nous disons bien, sur tous les plans : économique, diplomatique, social… ! Depuis quand des investisseurs accourent-ilsdans un pays où il ne fait pas bon vivre pour faire des affaires ? L’investisseur place son argent pour faire des bénéfices. Allez savoir combien d’investisseurs placent leur argent en Libye, en Syrie et tout près de nous, au Tchad ou au Soudan du Sud, aujourd’hui ? Peut-on confier à un pays qui n’est pas stable la tenue d’une Assemblée générale de deux organisations aussi sérieuses que l’Union africaine (Ua), et l’Union européenne ? Pour l’année 2017, c’est la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara qui a été retenue tout récemment au sommet de l’Ua à Kigali pour abriter les assises du Sommet Afrique-Europe.

Quand on sait que certains ont passé dix ans aux affaires d’Etat sans attirer un maigre moustique d’investisseurs pour venir ronronner dans leurs oreilles et que, jaloux, ils ne manquent aucune occasion pour brocarder le régime en place et parler de « match retour », on comprend mal l’amorphie de ceux qui ont bravé tous les dangers pour que le président Alassane Ouattara soit là où il est aujourd’hui.

Non, non, cette tiédeur des « Houphouétistes » est incompréhensive et n’a pas sa place au moment où le chef est attaqué et qu’on cherche à déstabiliser son régime. Oublie-t-on que l’échec d’Alassane Ouattara sera aussi l’échec de tous ses notables, des jeunes, des femmes, de tous ceux qui croient en lui pour que la Côte d’Ivoire ne s’arrête pas en si bon chemin ?

C’est pourquoi, il y a lieu, ici et maintenant, de réagir et d’agir au lieu de gémir demain quand il sera déjà trop tard ! Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) doit monter au créneau, illico presto, par un Bureau Politique extraordinaire.Comme on en a vu en 2010 au plus fort de la crise. Même dans leur réclusion du Golf Hôtel. Les associations de femmes, de jeunes, proches du Rhdp, la société civile, éprises de paix, les religieux, les rois et chefs, doivent se faire entendre. Il ne faut pas attendre pour jouer aux pompiers. Face aux pyromanes déjà en action, il faut vite réagir. Et bien. Mais surtout avec vigueur et intelligence. Sans émotion ni passion.

C’est à une grande mobilisation de tous les citoyens, ceux qui se disent véritablement patriotes (au vrai sens du terme) pour le bien de la Côte d’Ivoire, qu’il est fait appel pour que le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, termine son deuxième et dernier mandat de cinq ans dans la sérénité pour « le progrès pour tous et le bonheur pour chacun » des Ivoiriennes et des Ivoiriens et de ceux qui ont choisi cette terre de paix d’Houphouët-Boigny pour y vivre !

DKZ

abidjan.net