Home International Un « nouveau modèle de croissance économique » pour l’Algérie

Un « nouveau modèle de croissance économique » pour l’Algérie

« Les événements d’Algérie sont, pour l’observateur de l’économie de ce pays que je suis, prodigieux à bien des égards. D’abord parce que  je considérais cette révolte comme hautement improbable venant d’un peuple d’abord soumis à la barbarie terroriste pendant plus de dix ans »

« Les événements d’Algérie sont, pour l’observateur de l’économie de ce pays que je suis, prodigieux à bien des égards. D’abord parce que  je considérais cette révolte comme hautement improbable venant d’un peuple d’abord soumis à la barbarie terroriste pendant plus de dix ans » « Les événements d’Algérie sont, pour l’observateur de l’économie de ce pays que je suis, prodigieux à bien des égards. D’abord parce que  je considérais cette révolte comme hautement improbable venant d’un peuple d’abord soumis à la barbarie terroriste pendant plus de dix ans »
« Les événements d’Algérie sont, pour l’observateur de l’économie de ce pays que je suis, prodigieux à bien des égards. D’abord parce que  je considérais cette révolte comme hautement improbable venant d’un peuple d’abord soumis à la barbarie terroriste pendant plus de dix ans » DPA / Photononstop

Tribune. Les événements d’Algérie sont, pour l’observateur de l’économie de ce pays que je suis, prodigieux à bien des égards. D’abord parce que, comme bien d’autres, je considérais cette révolte comme hautement improbable venant d’un peuple d’abord soumis à la barbarie terroriste pendant plus de dix ans, puis lourdement conditionné par le torrent de subventions déversé par le pouvoir pendant l’embellie pétrolière, et même après le contre-choc pétrolier de 2014.

Ensuite, parce que je m’étais convaincu, au bout de mon expérience au sein d’une task force d’experts réunie par l’ex-premier ministre Abdelmalek Sellal entre novembre 2015 et mai 2017, que seule la contrainte externe pouvait amener le régime à accepter des réformes structurelles. A l’époque, je pensais « réformes économiques », et je voyais le Fonds monétaire international (FMI) dans le rôle de père Fouettard. Mais je ne pensais pas qu’une révolte populaire pourrait conduire à revisiter les fondements mêmes de la République algérienne.

La task force fut réunie en raison de la crise économique causée par la chute du prix du brent de plus de 100 dollars en juin 2014 à un minimum de 32 dollars en janvier 2016. Cette chute brutale, combinée à l’augmentation ébouriffante du budget de l’Etat en réponse au « printemps arabe » en 2011 et à la faible diversification de l’économie algérienne (les hydrocarbures comptant pour plus de 90 % des revenus d’exportation du pays), avait conduit le pays à des déficits budgétaires abyssaux – environ 15 % du produit intérieur brut (PIB) en 2015 et 2016.

Le confortable matelas de réserves de change se délitait (220 milliards de dollars avant juin 2014, moins de 87 milliards fin 2018…). Le seul atout du pays à ce moment-là était son très faible endettement extérieur et interne (moins de 10 % du PIB en 2014) et l’existence d’un Fonds de régulation de recettes pétrolières (FRR), qui avait permis d’amortir les chocs budgétaires du « printemps arabe » de 2011 et le contre-choc pétrolier de 2014. Mais le FRR était déjà quasi épuisé en 2016 !

Ne voyant pas le prix du brent remonter (contrairement à ce qui s’était passé après la chute de 2009), le gouvernement avait décidé, plus d’un an après le contre-choc, de recourir à six experts algériens pour évaluer la situation. Il y avait d’abord et surtout l’urgence budgétaire à affronter, mais aussi, de fil en aiguille, la nécessité de programmer (enfin !) la transition vers un nouveau modèle de croissance déconnecté de la rente pétrolière et de la dépense publique subséquente.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le monde ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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