Home International Liens du camp Trump avec la Russie: parfum de crise à Washington

Liens du camp Trump avec la Russie: parfum de crise à Washington

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« Le vrai scandale est que des informations classifiées soient distribuées illégalement par le renseignement comme des bonbons. Très anti-américain! » a dénoncé Donald Trump sur qui a tenu une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre israélien.

Lors de cette conférence de presse, le nouveau locataire de la Maison Blanche a soigneusement évité de répondre à toute question embarrassante sur le sujet, comme le rapporte le correspondant de BFMTV à Washington.

« Une fois de plus, Donald Trump se retrouve empêtré dans une polémique en lien avec la Russie », note The Washington Post, qui estime que la démission de Michael Flynn « n’est que le dernier chapitre d’une saga qui dure depuis des mois ».

Ces rebondissements ont renforcé la cacophonie et le sentiment de désorganisation au sommet de l’État, une partie de la classe politique se demandant si le pays était vraiment gouverné, alors que la Maison Blanche est ébranlée par le départ du conseiller à la sécurité nationale, des fuites quotidiennes, et des rumeurs de guerre interne entre différents clans. « Qui commande? » s’est alarmé le sénateur républicain John McCain.

Des contacts avec le renseignement russe

Le quotidien new-yorkais a révélé, citant quatre responsables ou ex-responsables américains, que les services possédaient des relevés et des écoutes téléphoniques entre des membres de l’équipe de campagne du républicain, non identifiés sauf un, l’ancien directeur de campagne Paul Manafort, et de hauts responsables du renseignement russe.

Le contenu des conversations ne révèle pas de coopération, selon les sources du journal. Paul Manafort a démenti avoir « jamais parlé en connaissance de cause à des agents du renseignement », soulignant que les espions ne portaient pas de badge. Le Kremlin, de son côté, a dénoncé une « intox ».

Les sanctions suspendues?

L’enquête du FBI est née du piratage du parti démocrate en 2015 et 2016, attribué aux Russes par Washington. Les Américains se sont aperçus que des proches de Donald Trump communiquaient régulièrement avec des intimes du Kremlin.

Les écoutes similaires de l’ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, ont également révélé que l’homme choisi par le président élu pour diriger le conseil de sécurité nationale, Michael Flynn, lui avait parlé des sanctions américaines imposées le 29 décembre par Barack Obama, laissant entendre qu’elles pourraient être suspendues quand Donald Trump arriverait à la Maison Blanche. Après avoir nié, le conseiller a été poussé à la démission lundi soir.

Plusieurs enquêtes parlementaires

En janvier, l’administration sortante a accusé le gouvernement russe d’avoir fomenté le piratage du parti démocrate, et notamment d’un proche conseiller d’Hillary Clinton, dans le but de l’empêcher d’être élue à la Maison Blanche. L’opposition démocrate évoque désormais ouvertement le scénario d’une collusion entre Moscou et le candidat Trump, qui a régulièrement exprimé son admiration pour Vladimir Poutine, et louait encore « l’intelligence » du dirigeant russe en décembre.

Outre les investigations du FBI sur les interférences russes dans la campagne électorale et les contacts éventuels entre la Trump Tower et Moscou, plusieurs enquêtes parlementaires ont été lancées au Congrès, contrôlé par les républicains. Pour le Los Angeles Times, ces enquêtes ne sont pas indépendantes: les commissions du renseignement du Congrès sont dirigées par des républicains.

« Obama a-t-il été trop mou avec la Russie? »

Les démocrates veulent aller plus loin avec la création d’une commission d’enquête spéciale aux pouvoirs étendus, comme pour le scandale du Watergate ou après le 11-Septembre, ce que refusent les chefs républicains à ce stade. La convocation de Michael Flynn semble toutefois inexorable, afin qu’il s’explique sur ses communications avec les Russes, et réponde à la question sur toutes les lèvres: avait-il reçu pour mission du président élu d’envoyer un message à Moscou sur une éventuelle levée des sanctions imposées par son prédécesseur?

La Maison Blanche, mardi, a absolument nié l’existence d’un tel marché. Un chroniqueur du Washington Post s’interroge: « pourquoi un général à la retraite, éduqué au respect de la chaîne de commandement, aurait parlé avec Kislyak sans consulter son boss, Trump ».

Pour tenter de calmer la tempête, le président américain s’est efforcé de prouver sa fermeté face à la Russie, rappelant que la Crimée avait été rattachée à la Russie sous le regard impuissant de son prédécesseur. « Obama a-t-il été trop mou avec la Russie? » s’est-il demandé sur Twitter.


Source : afriquetv.info

afriquetv.info