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Histoire des Zoos humains: racisme ordinaire, dignité sous zéro

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Histoire des Zoos humains

Histoire des Zoos humains: racisme ordinaire, dignité sous zéro

L’histoire stupéfiante et peu connue d’hommes, de femmes et d’enfants qui furent exposés, exhibés, aux même titre que des animaux exotiques en Europe, Amérique et Japon. Depuis la seconde partie du XIXème siècle jusqu’au début de la Première Guerre Mondiale, c’est ici une histoire internationale qui est contée. Ce récit part de l’ère de la pré-mondialisation et concerne les populations les plus diverses de chaque continent.

Pendant plus d’un siècle, aussi bien en Europe, qu’aux Etats-Unis et au Japon, des êtres humains à part entière ont été considérés comme des attractions. L’Homme est alors exhibé à l’Homme dans le cadre d’expositions universelles ou coloniales, dans des zoos, des cirques ou des villages indigènes reconstitués. On compte entre trente et trente-cinq mille figurants, exhibés devant plus d’un milliard deux cent millions de visiteurs.

Pour la première fois, un documentaire fait ressurgir ce pan oublié de l’histoire de l’humanité en s’appuyant sur les témoignages de six parcours singuliers à découvrir, six histoires emblématiques, six destins incroyables ! Ce film est une occasion unique pour comprendre, grâce à des récits personnels et des images inédites, ce pan de notre Histoire.

Retrouver toutes les informations sur le site d’Achac

Afrik.com

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Les zoos humains : racisme ordinaire, dignité sous zéro

Indiens Galibis, Jardin d’Acclimatation de Paris. Affiche créée en1882. Photo : Jules Chéret/Groupe de Recherche Achac

La pratique d’exhiber son prochain comme s’il s’agissait d’une bête exotique a été fortement répandue au tournant du 20e siècle. En Europe comme en Amérique, ces zoos humains ont constitué l’attraction principale d’expositions coloniales et de cirques et cherchaient à démontrer la prétendue supériorité des Occidentaux par rapport au reste du monde, rappelle l’historien Carl Bouchard.

De cette façon, des scientifiques comptaient classifier les êtres humains, comme on le faisait avec les espèces végétales et animales. Ils y voyaient aussi une manière d’assouvir une certaine curiosité malsaine.

Des représentants de peuples africains, asiatiques ou américains ont été déracinés pour être montrés dans les grandes villes européennes. Ils ont été placés dans des enclos et des grillages les séparaient du public. Dans ce qu’il est convenu d’appeler une mise en scène grossière, on tentait d’y restituer leur cadre de vie, avec les stéréotypes raciaux qui allaient de pair.

Le cas de la Vénus hottentote
En 1810, Saartjie Baartman, issue du peuple khoïkhoï d’Afrique du Sud, est amenée à Londres pour être présentée dans les salons et sous les chapiteaux. On lui a fait jouer la sauvage, on l’a tenue en laisse et on l’a mise en cage.

Surnommée la Vénus hottentote, elle a été présentée comme un spécimen hors normes. On a exhibé ses organes génitaux surdimensionnés et son postérieur de grande taille. Elle a sombré dans l’alcoolisme et la prostitution, avant de mourir en 1815.

Le Musée d’histoire de Paris a récupéré sa dépouille. Jusqu’en 1974, ses organes ont été exposés tout comme un moulage de son corps.

Il a fallu attendre en 2002 pour que sa dépouille soit restituée officiellement au gouvernement d’Afrique du Sud et qu’elle obtienne une véritable sépulture. Un film, Vénus noire, raconte sa vie.

Le destin tragique d’Abraham Ulrikab et des siens
Deux familles inuites du Labrador ont aussi été broyées par les zoos humains. En 1880, elles ont quitté le Canada pour se rendre à Hambourg et faire partie des spectacles organisés par l’Allemand Carl Hagenbeck, qui présentait ces spécimens comme des trophées.

Abraham Ulrikab était de ceux-là. Il a consigné par écrit les détails de ce voyage funeste. Les huit Inuits ont succombé à la variole, les organisateurs ayant oublié de les faire vacciner. Une auteure gatinoise, France Rivet, a écrit le livre Sur les traces d’Abraham Ulrikab (Horizons polaires, 2015), qui apporte un éclairage nouveau sur le récit d’Ulrikab.

« Ces spectacles dénotaient une candeur certaine, mais aussi un rapport très ambigu à l’autre », souligne Carl Bouchard.

On souhaitait démontrer qu’il fallait à tout prix apporter la civilisation occidentale à ces tribus que l’on considérait comme sauvages et attardées.

La téléréalité, zoo humain moderne?
L’historien Carl Bouchard se demande aujourd’hui si les émissions de téléréalité, où l’on exhibe des gens 24 heures sur 24 dans un environnement fermé, ne sont pas les nouveaux zoos humains.
« Ces émissions confortent l’idée qu’en tant que spectateurs, nous sommes mieux que les participants. »


La bande-annonce du film Vénus noire, d’Abdellatif Kéchiche

Source: Radio Canada

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Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Ici Abidjan

 

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