Home International En 1967, « Toutankhamon », première exposition pharaonique

En 1967, « Toutankhamon », première exposition pharaonique

Le masque de Toutankhamon lors de son déballage, à son arrivée au Petit Palais.

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Le masque de Toutankhamon lors de son déballage, à son arrivée au Petit Palais. Le masque de Toutankhamon lors de son déballage, à son arrivée au Petit Palais.
Le masque de Toutankhamon lors de son déballage, à son arrivée au Petit Palais. Keystone France

Le 4 janvier 1967 au soir, un chef d’Etat étranger débarque à Paris dans le plus grand secret. Le visage couvert d’un masque doré, il est escorté en pleine nuit par une escouade de motards, de CRS, de pompiers et de policiers en civil depuis l’aéroport du Bourget jusqu’à son lieu de séjour dans la capitale.

L’arrivée du monarque, entourée de mesures exceptionnelles de sécurité, a été précédée par l’envoi du fastueux mobilier nécessaire à son séjour. Un navire militaire, un avion-cargo et un autre vol commercial ont été nécessaires pour déménager le tout. Comme à l’accoutumée, les Français, qui se targuent régulièrement d’avoir coupé la tête de leur roi, n’adorent rien tant que recevoir et admirer ceux des autres. Celui-ci, bien que décédé il y a quelques milliers d’années, est plus attendu que la reine d’Angleterre. Tout le monde veut le voir, l’approcher…

L’exposition « Toutankhamon et son temps » est la grande affaire de ce début d’année 1967 à Paris, du moins dans le domaine de la culture. Le pharaon, mort à 18 ans en 1327 avant J.-C., fascine bien au-delà des cercles d’amateurs d’archéologie. Fils d’Akhenaton, l’inventeur sacrilège du monothéisme, et probablement de l’une de ses sœurs ou encore de Néfertiti, la double cousine germaine de son père, Toutankhamon s’est illustré, pendant son court règne, en restaurant le culte d’Amon et en réinstallant la capitale de l’Egypte antique à Thèbes.

« La tombe de Toutankhamon légitime le côté “chasse au trésor” de l’archéologie. » Vincent Rondot, égyptologue au Louvre

Mais, si Toutankhamon est passé à la postérité, c’est grâce à la découverte de son tombeau, intact, par Howard Carter et Lord Carnarvon en 1922. Visité peu après sa fermeture au IIsiècle avant J.-C., le monument est ensuite tombé dans l’oubli, comme le jeune pharaon, que ses successeurs ont tout fait pour effacer de l’historiographie. Jusqu’au 26 novembre 1922, quand Howard Carter pénètre dans la sépulture une bougie à la main.

Carter, persuadé que la tombe de cet obscur souverain pourrait livrer des secrets insoupçonnés, convainc le comte de Carnarvon, un riche mécène britannique propriétaire d’une concession de fouilles dans la vallée des Rois, de financer plusieurs campagnes à partir de 1917.

Celle de 1922 est la dernière : les fonds s’épuisent et Lord Carnarvon s’impatiente. « Des démonstrations d’une telle force, il y en a très peu en archéologie, explique Vincent Rondot, directeur du département des antiquités égyptiennes au Louvre. Si Toutankhamon nous touche autant, c’est parce que la mise au jour de sa tombe légitime le côté “chasse au trésor” de l’archéologie. Elle valide aussi le cliché du pharaon, despote oriental couvert d’or. »

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le monde ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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