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Accord en RDC: la Cenco s’impatiente et refuse toute prolongation

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Aucune avancée mardi 24 janvier dans les discussions sur l’arrangement particulier. Les évêques n’ont pas caché leur mécontentement. Ils disent avoir imposé aux acteurs politiques un calendrier. La question du gouvernement d’union nationale doit être abordée ce mercredi et le chronogramme d’application de l’accord, jeudi, pour une signature de cette dernière phase de négociations ce samedi. Il n’y aura pas prolongation, assure la conférence épiscopale.

Le vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), l’archevêque Fridolin Ambongo, ne cachait pas son mécontentement ce mardi soir : « Ce n’est pas un blocage. Je crois que c’est une paresse de la part de la classe politique, dénonce-t-il. Il y a des contacts qui auraient dû prendre, mais ils n’ont pas pris. Pour quelle raison ? Eux-mêmes savent pourquoi, mais nous, nous ne pouvons pas continuer à jouer à ce jeu-là ».

L’accord sur la composition du Conseil national de suivi, premier volet de cet arrangement particulier, avait réjoui lundi soir l’Eglise catholique. Mais des points de blocage demeurent, notamment au niveau du partage du pouvoir au sein du futur gouvernement d’union nationale. La majorité et le Rassemblement de l’opposition n’arrivent pas encore à s’entendre, ni même à se voir.

Malgré les difficultés, le nonce apostolique, l’émissaire du Vatican, Mgr Montemayor, croit qu’un accord peut être arraché : « Rien n’est facile, admet-il. Ici c’est une lutte permanente pour donner des petits pas pour des grands bouts pour préparer les élections. Je compte qu’il y aura des tentatives de blocage (…) Mais la pression internationale sera là continuellement et personne ne veut la déstabilisation de ce pays parce qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Les autres ont échoué. Si ça est un échec aussi, alors il y aura des explosions sociales ». Ultimatum de la Cenco, pressions internationales, chaque jour compte, dit l’Eglise catholique, pour tenir l’objectif d’élections d’ici à la fin 2017.

Un seul motif de satisfaction pour l’Eglise Catholique, trois des quatre délégués proches du Premier ministre Samy Badibanga qui refusaient de signer l’accord du 31 décembre se sont présentés pour participer aux discussions. Les ministres José Makila, Jean-Lucien Bussa et Azarias Ruberwa.

L’UDPS se défend sur l’absence d’Etienne Tshisekedi

Concernant le Conseil national de suivi dont Etienne Tshisekedi doit prendre la tête, l’opposant historique a quitté le pays sur recommandation de son médecin. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), son parti, dément que cette absence puisse gêner les discussions ou même la mise en œuvre de l’accord.

« Je pense que ça n’aura aucun impact sur le bon fonctionnement des travaux, affirme Augustin Kabuya, le porte-parole de l’UDPS. D’abord un, l’équipe de Rassemblement est conduite par le secrétaire général adjoint, M. Félix Tshisekedi. Et en ce qui concerne l’installation ou bien la notification comme les évêques l’ont dit, ils étaient clairs là-dessus, que le président du Conseil national du suivi de l’accord sera notifié le 26 janvier de cette année. Là on parle de la notification, pas de l’investiture. Même s’il était présent, on n’allait pas lui remettre la notification en main propre, on pouvait déposer ça au niveau de secrétariat de son cabinet et au retour, son directeur de cabinet pouvait lui faire parvenir l’information. C’est comme ça que les choses doivent se passer. »

Et le porte-parole se veut confiant quant à l’état de santé d’Etienne Tshisekedi. « Personne ne peut nous assurer aujourd’hui qu’il sera absent du pays pendant un long moment. Non, ça ne se fera pas comme ça. C’est pour le contrôle médical, ça n’a rien à voir avec toute la chaîne de la mouvance est en train de diffuser matin, midi et soir, pour déranger un peu les esprits de la population. Ça n’a rien à voir », assure Augustin Kabuya, promettant que l’opposant sera prêt à prendre la tête du Conseil national.


afriquetv.info