Home International A Abidjan, poulet braisé sauce Marguerite Abouet

A Abidjan, poulet braisé sauce Marguerite Abouet

96

Chronique BD. Avec leur nouveau personnage, le commissaire Kouamé, la scénariste et le dessinateur Donatien Mary proposent un polar burlesque dans la capitale ivoirienne.

Chronique. Costume, cravate et chapeau de feutre, le commissaire Marius Kouamé ne craint pas la chaleur. D’ailleurs, dans ses locaux, les malfrats se retrouvent menottés à des radiateurs, histoire de cracher plus rapidement leurs aveux sous la pression du mercure. Nous sommes à Abidjan, au cœur des quartiers « chauds bouillants » si chers à la très créative Marguerite Abouet. L’auteur internationalement connue de Aya de Yopougon (six tomes, 17 traductions et une adaptation cinématographique) et de la petite Akissi, a choisi cette fois le genre du polar pour nous conter d’une nouvelle manière sa Côte d’Ivoire et ce pays d’enfance qui l’anime et la pousse à créer.

Kouamé écume la ville en tous sens et nous entraîne, tambour battant, à la recherche des auteurs d’un assassinat. L’affaire est d’autant plus grave que la victime est un haut magistrat très connu et prénommé… Compliqué. Kouamé marche à grands pas pressés, soucieux de n’omettre aucun détail et d’examiner chaque pièce à conviction avec acuité, malgré l’épaisseur de ses verres de lunettes. A la base de son crâne dégarni, ses cheveux grisonnants en disent long sur son expérience de vieux grigou de la police criminelle de la ville. Ils en disent long aussi sur son appartenance à la vieille école, celle des époques passées où l’on coffrait les criminels sans un regard pour les billets tendus dans l’espoir d’arranger les choses en graissant quelques pattes. Avec Kouamé, pas moyen de moyenner. Flanqué d’un chauffeur et garde du corps blanc en outre collectionneur de petites voitures et intimidateur en chef, le commissaire joue les justiciers incorruptibles.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/01/14/a-abidjan-poulet-braise…

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Africatime. Ivoire times n’est pas l’auteur de contenu de cet article.