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Approvisionnement en produits prohibés du marché de « Roxy » : Un sergent de l’Armée et un soldat démobilisé, mis aux arrêts

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Koné Daouda, sergent des Forces armées de Côte d'Ivoire ( Faci), détaché au Bataillon de sécurisation du sud-ouest ( Bsso) et Sanogo Moriba, qui lui est soldat démobilisé, sont aux arrêts. Ces deux individus, dont le premier n'honore pas du tout la Grande muette, sont membres attitrés d'une bande de trafiquants de produits pharmaceutiques prohibés, non déclarés.

 En effet, nos sources qui donnent l'information, indiquent que le vendredi 6 octobre 2017, un véhicule de marque Peugeot, de type 307, roule en direction d'Abidjan. Mais alors qu'il parvient au Pk 142, sur l’autoroute du nord, c'est l’infortune. C'est qu'à la suite de la crevaison de l'une des roues, le conducteur perd le contrôle de la voiture, qui fait alors une sortie de route. Nous sommes à 18h45'.

Des témoins de cet accident alertent immédiatement les gendarmes de la brigade routière de N'Douci. Ces derniers se déportent promptement sur les lieux, aux fins de procéder à un constat d'usage. Et là, c'est avec désolation que les gendarmes découvrent que les deux hommes, à bord de la voiture accidentée, sont des frères d'armes. A savoir, des militaires. Toutefois, les agents de la brigade routière sont rassurés de constater que les deux hommes ne sont pas blessés. Ils sont tout simplement sonnés. D'ailleurs, le sergent Koné Daouda et son collègue Sanogo Moriba, c'est d'eux qu'il s'agit, retrouvent leurs esprits.

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Mais alors qu'ils en sont à expliquer les circonstances de l’accident, que les éléments de la maréchaussée remarquent quelque chose de pas du tout ordinaire. C'est que le véhicule des deux militaires est bourré de produits pharmaceutiques, notamment des comprimés, non déclarés. Bizarre pour des hommes en tenue.

Là, les gendarmes qui voient qu'ils ont affaire à des frères d'armes d'une nature bien curieuse, les immobilisent sur place. Et tout de suite, ils alertent leurs collègues de la brigade de gendarmerie de Tiassalé. Ces derniers, compétents pour les affaires criminelles, débarquent sur les lieux. Ils saisissent la Peugeot 307, ployant sous l'importante quantité des médicaments prohibés. Le sergent Koné Daouda et son collègue Sanogo Moriba sont interpellés et conduits à la brigade de gendarmerie de Tiassalé. Et c'est ainsi qu'on va découvrir leurs hideux visages de trafiquants. En tout cas, dans leurs aveux, rapportés par nos sources, ils vont édifier les gendarmes.

On apprend donc que préalablement, le sergent Koné Daouda achète la Peugeot 307, aux mains d'un tiers. Un véhicule carrément sans pièces afférentes et sans plaque d'immatriculation. Il importe donc pour le militaire du Bsso, de voir son véhicule en règle. Seulement voilà, la facture risque d'être une quinine pour lui. Malheureusement pour lui, il n'a pas les sous pour le faire.

Et là, il se se souvient de son pote Sanogo Moriba qui, à la vérité, n'est plus en activité au sein de l'Armée. C'est plutôt un soldat démobilisé qui vit désormais de coups tordus et de business malveillants. Le sergent Koné Daouda le rejoint à Man où il réside. Une fois que les deux hommes se rencontrent, le militaire en activité raconte ses déboires financiers au démobilisé, qui lui répond qu'il n'a pas à s'en faire. La solution à ses pépins financiers, il l'a. Pourvu tout simplement que son interlocuteur marche. Et quelle est cette solution là ?

Sanogo Moriba répond pour dire qu'il s'agit de récupérer à la frontière avec la Guinée voisine, des médicaments prohibés. Puis, de les convoyer à Abidjan, pour alimenter le fameux marché de « Roxy », à Adjamé. Et cela, pour le compte de femmes trafiquantes, basées à Man. Et ce convoyage, assure Sonogo Moriba, est très bien rémunéré.

Devant ce discours, le sergent Koné Daouda voit là, ses emmerdes de pognon s'éloigner de lui. Tout heureux, il saute dans les bras de son interlocuteur, pour un « atouhou » des plus chaleureux. Alors, pour se lancer dans cette « affaire », il faut bien un moyen de mobilité. Et justement, le véhicule du sergent Koné Daouda tombe à pic.

Mais le problème, c'est que ce véhicule n'a pas de papiers. Au final, ce « pétard » n'en sera plus un. Les deux individus, mauvais garçons jusqu'au bout, ont là encore, la solution. Et ici, c'est la Mercedes de Sanogo Moriba. Ce véhicule sur cale dans un garage, ils en récupèrent les plaques d'immatriculation, qu'ils fixent sur la Peugeot 307, du sergent Koné Daouda et le tour est joué.

Et pour bien faire les choses, Sanogo Moriba « dépoussière » son treillis rangé au placard et l'enfile. Leurs tenues militaires sont, à présent, des passe-droits. Ils échappent à tout contrôle sur le trajet. Les vrais agents des forces de l'ordre, les prenant pour des collègues. Et tranquillement, chaque fois, ils convoient les produits pharmaceutiques des trafiquantes, depuis la frontière avec la Guinée, jusqu'à Abidjan. Les choses roulent au super pour eux. Ils se « tapent » du fric.

Mais hélas, avec ce « maudit » accident de la circulation, survenu dans la soirée du vendredi 6 octobre 2017, où ils seront dévoilés. Leurs masques de malfrats tombés, le militaire et le démobilisé, après leurs aveux, sont conduits le lundi 9 octobre 2017, devant le parquet de Tiassalé. En ces lieux, les choses sont davantage mal embarquées pour eux, quant ils sont placés sous mandat de dépôt. Ainsi s'arrête la malveillante aventure pour ces deux larrons.

 

KIKIE Ahou Nazaire


Source : L'infodrome