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Côte d’Ivoire: Filière hévéa, les exportateurs dénoncent le blocage de 20 mille tonnes de caoutchouc naturel dans les ports ivoiriens faute d’embarquement

Samuel Espérance Mobio vendredi à Abidjan (ph )

– Samedi 18 août 2018 – Depuis le mois de mai, les activités de l’Association des exportateurs de caoutchouc naturel fond de tasse de Côte d’Ivoire (AEXCI) sont en berne.

Sa production estimée à 20 mille tonnes est bloquée dans les deux ports ivoiriens car les armateurs refusent de l’embarquer dans les bateaux.

Selon le Président de l’Association, Samuel Espérance Mobio, les armateurs soutiennent que le produit est trop humide.

«Nous avons quelques difficultés liées à des contraintes avec les armateurs qui expliquent que le caoutchouc est trop humide et son transport pose problème dans les bateaux. Ils soutiennent que le produit sali les bateaux et peut contaminer d’autres produits consommables, » a expliqué hier, M. Mobio au cours d’une rencontre avec la presse au siège de l’Association à Cocody Angré.

Il rassure néanmoins, les planteurs et les acteurs de la filière hévéa de la reprise des activités de l’Association dans les prochains jours.

Depuis près de 3 mois, 20 tonnes de caoutchouc naturel sont bloquées dans les deux ports ivoiriens faute de transport.

«Nous avons des contrats à l’extérieur qui nous permettent de vendre tous ces produits,» a précisé le Président de l’AEXCI.

Il reconnait qu’avec le blocage des 20 mille tonnes de caoutchouc, l’Association ne peut plus acheter de nouveaux produits.

En collaboration avec le ministère de l’Agriculture, une nouvelle procédure d’exportation du caoutchouc naturel est en train d’être mise en place comme annoncé par le Président.

«Une nouvelle procédure élaborée qui est en train d’être améliorée. Nous allons trouver des sites de mûrissement et nous allons ensuite fumiguer le produit, » a expliqué M. Mobio.

Il espère que cette procédure pourra un temps soit peu être la solution au problème posé par les armateurs.

«Près de 50 mille tonnes de produits étaient bloquées, ils restent à ce jour 20 mille tonnes. Les armateurs avaient promis que ce produit devait être transporté cette semaine mais rien n’est fait. Nous espérons que la semaine prochaine ça sera fait, sinon, nous ne pourrons plus en acheter. Nous estimons que les armateurs feront ce qu’ils nous ont promis pour que le caoutchouc puisse partir et nous continuerons nos exportations, » a-t-il ajouté.

60 mille tonnes de caoutchouc naturel seraient aux mains des planeurs que l’Association veut enlever immédiatement.

«Nous ne pouvons plus tergiverser. Il n’y a pas de raison que nous n’achetions pas le produit pour permettre aux planteurs d’assurer la scolarité de leurs enfants, » a indiqué le Président.

Il rassure les planteurs que dès que le problème d’exportation sera réglé, il verra dans quelles mesures améliorer les prix appliqués en ce moment.

Le blocage du caoutchouc dans les ports cause d’énormes préjudices aux exportateurs.

Les pertes estimées sur les 20 mille tonnes seraient autour de 200 millions de FCFA.

«Les amateurs nous ont écrit. Ils soutiennent que les bateaux qui sont partis et sont revenus leur ont causé des pertes de 650 millions de FCFA. Ils espèrent nous imputer ces sommes en tant qu’exportateurs, nous sommes en discussion, nous n’avons pas encore trouvé de solution à cette situation, » a déploré, M. Mobio.

Si les armateurs tiennent parole, les exportateurs reprendront les activités jusqu’à la fin août pour absorber tous les produits en souffrance chez les planteurs en une semaine ou deux.

Le Président prévient enfin que si rien est fait, la Côte d’Ivoire connaîtra une crise sans précédent dans la filière hévéa.

Notons que la Côte d’Ivoire produit près d’un million de tonnes de caoutchouc naturel par an et transforme moins de la moitié.

Créée en janvier 2018, l’AEXCI est chargée d’exporter le reste du produit qui n’est pas transformé.

Cette activité a vu le jour depuis 2013 et elle a été rendue formelle en mars 2018, grâce à un arrêté interministériel.

Wassimagnon, Abidjan

Source : Koaci

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site

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