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Littérature : Christine Binlin-Dadié sur les traces de son père

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Fille de l’écrivain centenaire Bernard B. Dadié, Christine Binlin-Dadié est sur les traces de son père. Cette diplômée en Bachelor ès Arts, option sciences politiques et philosophie et en études bibliques résidant au Canada où elle a fait ses études secondaires et universitaires, vient de sortir son premier ouvrage « En l’Afrique combattante j’y crois ! » paru aux éditions Clé (Cameroun) et distribué en Côte d’Ivoire par Les Classiques ivoiriens.

Passionnée d’art sous toutes ses formes, Christine Binlin-Dadié croît en une Afrique qui bouge, une Afrique libérée des idées reçues, des préjugés et des prétentions de ceux qui, aujourd’hui encore, se veulent détenteurs d’une civilisation supérieure et seuls habilités à donner des leçons au monde. C’est donc blessée dans sa chair et affligée par l’injustice sous toutes ses formes et par le traitement infligé à son continent par des "pacificateurs armés", que Christine Binlin-Dadié a décidé de sortir sa plume pour restituer l’histoire de l’Afrique tout en présentant le continent comme une terre d’espérance, une terre où il fait bon vivre, une terre qui a de grandes valeurs en terme d’intelligentsia et de leaders emblématiques.

Ainsi, dans son ouvrage « En l’Afrique combattante j’y crois ! » qui se présente à la fois comme un essai politique et un recueil de poèmes, l’auteure, à travers ses nombreux voyages sur le continent et dans des contrées où se trouvent des descendants d’Africains, Christine Binlin-Dadié dresse un tableau plus reluisant de l’Afrique à travers des modèles comme Cheick Anta Diop, Nelson Mandela, son père Bernard B. Dadié, Malcolm X…

D’ailleurs, pour marquer son opposition aux préjugés sur l’Afrique, l’auteure ouvre sur un poème « Berlin ». Cette capitale de l’Allemagne (1884-1885) à partir de laquelle selon l’auteure, les occidentaux ont procédé au partage de son continent. Toute chose qui, terminera-t-elle dans son poème, a fait le lit des malheurs de l’Afrique. « À Berlin, du sceau diabolique sont partis les malheurs de mon peuple, savamment orchestré, tu fus l’antithèse de la thèse du grand destin africain », peut-on lire.

Toutefois, soutient-elle, même si les malheurs de l’Afrique sont partis de Berlin, l’auteure est convaincue que son continent est loin d’avoir dit son dernier mot en assistant, impuissante, à ce tragique destin. « Je le dis, le proclame, nous ne laisserons pas notre peuple périr par tes mains, tu n’auras pas le dernier mot », a-t-elle proclamé. Parce que pour elle, citant un proverbe algérien, « celui qui est vêtu avec le bien d’autrui est en réalité nu ».

Pour Christine Binlin-Dadié, il n’est point question pour les africains de croire en la fatalité. Les africains, à l’en croire, doivent croire en leurs rêves d’une Afrique prospère, d’une Afrique libre, d’une Afrique débarrassée des images macabres, d’une Afrique solidaire, d’une Afrique de justice et d’égalité. D’où son second poème « Je rêve l’Afrique ».

Alors, encourage-t-elle, les Africains au « Combat » pour présenter un autre visage de son continent. « Il devient autre mon continent », rêve-t-elle. Parce que dira-t-elle fermement, « En l’Afrique combattante, j’y crois ». Puis de terminer l’ouvrage 116 pages sur une lueur d’ « espoir » tout en demandant aux fils du continent de sécher les pleurs car les africains auront eux-mêmes compris son message, celui du réveil et de la volonté de voir dans la même direction.

Née à Abidjan, Christine Binlin-Dadié a étudié au Collège Jean Mermoz, puis au Lycée Classique de Cocody. Elle quittera son pays, la Côte d’Ivoire, pour continuer les études secondaires au Collège Mérici de Québec où elle obtient un DEC (Diplôme d’Études Collégiales) en Sciences Humaines. Inscrite à ’Université Laval (Québec), elle obtient un Bachelor ès Arts, option sciences politiques et philosophie. Elle est par ailleurs diplômée en études bibliques.

DA

Source : abidjan.net