Home Culture Côte d’Ivoire: Tiken Jah reconnait avoir lutté pour le pouvoir actuel et...

Côte d’Ivoire: Tiken Jah reconnait avoir lutté pour le pouvoir actuel et s’explique sur son silence

370
SHARE

Tiken

– Jeudi 01 Juin 2017 –A l’occasion de la présentation de son maxi single dénommé « 3è dose », Moussa Doumbia dit Tiken Jah s’est confié à un confrère.

Lors de l’entretien accorder au média, le reggaemen a reconnu avoir lutté pour le pouvoir actuel.

Il s’est également prononcé sur son rapatriement de la RDC, son silence constaté depuis l’arrivée des nouvelles autorités et les échéances électorales en 2020.

« S’il y a un artiste qui mérite de manger aujourd’hui parce qu’il a lutté pour ce pouvoir actuel, c’est bien moi. Mais, si je ne mange pas, c’est parce que je veux rester moi-même. Je veux rester reggaemen, le contre-pouvoir. Je veux garder ma liberté », a indiqué l’homme qui se dit être le défenseur des opprimés, avant de s’attaquer à la classe politique.

« Vous savez que bientôt, on sera en 2020. Les manipulations des politiciens ont commencé encore à monter les uns contre les autres, à diviser pour régner. Il y a une lutte acharnée pour le pouvoir. Nous sommes pris en otage par trois personnes : Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Les gens vont même jusqu’à oublier la Côte d’Ivoire. On oublie que c’est dans la stabilité que nous avons notre intérêt. On oublie que nous avons le devoir de réserver une Côte d’Ivoire stable à nos enfants et à nos petits-enfants. Et que c’est quand il y aura la stabilité que les investisseurs viendront et créeront des emplois. Il y en a quand ils se lèvent, leur problème, c’est qu’Alassane soit président de la Côte d’Ivoire éternellement. Il y en a quand ils se lèvent, ils vont à Daoukro voir Bédié. Ils mangent, ils dorment, ils n’apportent rien à la Côte d’Ivoire. Enfin, il y en a, leur programme de gouvernement, c’est libérer Gbagbo. Je veux dire à la population de faire attention à ces manipulations. Faisons tout pour éviter le piège de nous taper dessus. »

Le natif de Gbéléban à Odienné est revenu sur son rapatriement par les autorités Congolaises en juin 2015. Il s’est dit choqué par la décision avant d’expliquer selon lui, sur les raisons ignorées officiellement jusqu’à ce jour.

« J’étais choqué car la République démocratique du Congo (RDC) est un pays africain. J’ai pour habitude de dire que je suis africain d’origine ivoirienne. Aller dans un pays africain et être rapatrié, c’est choquant », a déploré le chanteur avant de poursuivre.

« Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que j’étais déjà à l’aéroport de Kinshasa. Et on m’a rapatrié dans le même avion qui m’a amené, sous prétexte que je n’avais pas le visa d’affaires. Les autorités congolaises ont estimé qu’on avait un visa touriste. Alors que c’est l’ambassade de la RDC à Paris qui nous a donné le visa avec une lettre de l’organisateur du concert. Donc, l’ambassade savait que nous allions pour travailler. Pourquoi, elle nous donne un visa touriste ? On pouvait au moins nous dire : comme vous avez un visa touriste, alors, vous entrez mais vous ne jouez pas. On ne nous a même pas laissés visiter le Congo. Cela veut dire tout simplement que les autorités congolaises avaient peur du message du reggae et elles ne voulaient pas que le reggae vienne éveiller les consciences des gens. Mais ce qui m’a fait le plus mal, c’est que je m’attendais au moins à une réaction de mon pays. Que l’ambassadeur de la RDC à Abidjan soit appelé pour être entendu. Rien n’a été fait. Donc j’étais encore plus sous le choc. Si vous touchez au cheveu d’un Français en Afrique, vous allez entendre la réaction de la France. Du coup, cela fait de moi un citoyen banabana. »

Donatien Kautcha, Abidjan
Suivez l'évolution de l'actualité en temps réel avec notre application mobile Android (cliquez et installez la sur votre mobile)


Source : Koaci