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Pluies diluviennes: San Pedro coupé du monde

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Les trois axes principaux qui mènent à la deuxième ville portuaire de la Côte d’Ivoire ont été rendus impraticables par les eaux de pluies.

Trois évènements exceptionnels qui se déroulent en même temps. Comme s’ils avaient été programmés. Deux ponts qui cèdent, une buse qui s’affaisse. Les trois principaux axes routiers qui mènent à San-Pedro ne sont plus fonctionnels. Impossible donc de joindre cette importante ville économique. Impossible d’accéder au deuxième port du pays. Le pont de Baba, situé sur la voie qui relie San Pedro à Grand-Béréby a offert le spectacle le plus désolant. Il s’est écroulé hier sous le poids des eaux de pluie comme dynamité.

Le bitume s’est fendu laissant découvrir la terre rouge. Et le lit de la rivière qu’il couvre. Les précédentes pluies s’étaient chargées de ronger les fondements de l’ouvrage avant que les précipitations d’hier ne l’achèvent. Rendant l’accès de San Pedro par Tabou et Grand Bereby impossible. Autre accès impossible, la voie qui mène à Soubré. a la hauteur du corridor, une buse a cédé. Une voie d’issue a été bricolée pour les petits véhicules mais elle ne peut offrir ses services aux camions chargés de marchandises.

Le dernier par lequel on peut rallier San Pedro a lui aussi son hic. La Côtière déjà un calvaire pour les automobilistes a vu un de ses ponts s’affaisser sous les eaux. Le président du conseil régional qui n’a pas fermé l’oeil à l’annonce du désastre, résume la situation.

« San Pedro est effectivement coupé du monde. Les trois principaux axes de la région sont impraticables. Sur la voie qui mène à Soubré, à deux kilomètres du corridor, une buse a cédé sous le poids des eaux de pluie. L’ingéniosité des populations a permis de dégage une voie utilisable par quelques petites voitures. Le second axe, San Pedro Bereby, avant le corridor de Baba, un pont s’est affaissé. Enfin sur la côtière, le pont de Brimé situé à 10 kilomètres de la ville a aussi cédé. Conséquence, San Pedro est fermé au monde. »

Le gouvernement a alerté ses services compétents. Des équipes techniques ont été mises en route pour trouver une solution à l’enclavement de deuxième port du pays.

Pont et Port

Port et pont ou port et pont. Ce n’est pas une rime. Ni un jeu de mots. C’est un lien vital. Si les ports sont considérés comme des poumons de l’économie, il faut admettre que les routes, matérialisées ici par les ponts, sont les vaisseaux sanguins. De la même façon qu’un poumon si énergétique et si généreux en apport d’oxygène soit-il, ne sert à rien si les vaisseaux qui l’irriguent en sang sont interrompus. Idem donc pour un port sans voie d’accès. De fait ce n’est plus un port, c’est une plage. Une plage pour marchandises. Disons, un parking.

La route, pour une ville portuaire comme San Pedro qu’on veut plus performant, est plus que vital. La Côtière, depuis quelques années est impraticable. Ce qui éloigne davantage le Port de San Pedro des autres villes du sud. La route de Soubré, la seule qui relie le deuxième port au reste du pays, vient d’être coupée par les eaux. Idem pour la voie qui mène à Touba, frontière du Liberia. San Pedro sans route, c’est la Côte d’ivoire sans son second port. C’est une importante partie de notre économie qu’on asphyxie. C’est une bonne partie de notre population qu’on isole.

BLEDSON Mathieu


Source : Africatime CI