Côte d’Ivoire: négociations en cours entre l’état-major des armées et les mutins

Côte d’Ivoire: négociations en cours entre l’état-major des armées et les mutins

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En Côte d’Ivoire, on ne sait toujours pas ce que donnent les négociations entre l'état-major des armées et les mutins des forces spéciales qui sont à leur tour entrés dans la danse des revendications de primes. Mercredi, alors qu'on attendait une prise de parole du ministre de la Défense au sortir d'un conseil des ministres où le sujet a été évoqué c'est le porte-parole du gouvernement qui a fait une sobre déclaration.

Difficile exercice d'équilibriste que celui du porte-parole du gouvernement en temps de mutinerie. Evoquant la mutinerie d'Adiaké, le ministre Bruno Koné expliquait mercredi devant la presse que les autorités ivoiriennes réprouvent la méthode violente et approuvent le dialogue paisible.

Un dialogue oui, mais sur quoi ? À cette question, « moins on en dit mieux on se porte », répondaient les ministres interpellés à la sortie du conseil du mercredi.

Seule indication, les négociations sont en cours, les commandements de l'armée et des forces spéciales sont sur place puisque le général Sékou Touré, chef d’état-major des armées et le commandant Lassina Doumbia, patron des forces spéciales, sont à l'écoute des mutins d'Adiaké.

On envisage même, dit le porte-parole du gouvernement, une rencontre avec le ministre de la Défense à une date non encore définie. Seule certitude, ces mutineries à répétition font désordre dans un pays qui vise l’émergence en 2020 et a besoin pour cela de stabilité pour se développer. Ce type de mutineries à répétition risque d'amenuiser les ressources de l’Etat au sens large et d'impacter en particulier les soldes des militaires ivoiriens mutins ou pas.

■ Des mouvements de grogne partis de Bouaké

Cette nouvelle poussée de fièvre au sein des forces de défense et de sécurité n’est pas nouvelle. Des membres des forces spéciales des camps d'Adiaké et Olodio se sont soulevés cette semaine. Ils réclament des primes. Ce mouvement fait suite à une vague de mutinerie courant janvier. Des mouvements de grogne qui étaient partis de Bouaké début janvier avant de s'étendre à différentes régions du pays et différents corps des forces de sécurité. Le gouvernement avait promis de verser 12 millions à plus de 8 400 soldats. Cinq ont déjà été payés en janvier. Un million sera ensuite versé chaque mois. Une décision qui avait suscité des convoitises. Abidjan avait également demandé au grand commandement et au ministre de la Défense d’initier des rencontres avec toutes les composantes des forces de défense et de sécurité.

Certains canaux de discussions sont ouverts entre gouvernement et forces de sécurité. Mais les attentes restent fortes. Selon des soldats qui s'étaient soulevés début janvier, les contacts sont réguliers avec le ministre de la Défense. « C'est un homme ouvert. Le cas des primes est réglé. On discute surtout de sensibilisation des hommes », explique un de leurs représentants.

Quant aux forces spéciales en colère depuis mardi, « elles font une lecture erronée et opportuniste de la situation », dit-il. Un contact existe aussi entre démobilisés et pouvoir. Se sentant oubliés, les anciens rebelles voulaient manifester. « Le Premier ministre nous a appelés. Une réunion est prévue avant la fin du mois », explique Ladji Ouattara, un de leurs porte-paroles à Bouaké, qui appelle les forces spéciales à déposer leurs armes. « C'est triste. Ils font peur aux gens. Ils touchent leur solde. Alors que nous, nous sommes au chômage et pourtant nous restons non-violents », estime l'ex-rebelle.

Mais d'autres affirment n'avoir aucun contact avec les autorités. « Le gouvernement tergiverse », confie un sous-officier non inclus dans les versements de primes. « Les autres ont touché de l'argent. On attend la même chose », déclare-t-il.

Enfin un garde pénitencier qui s'était rebellé mi-janvier ronge son frein. « Personne n'est venu nous voir. S'il y avait un dialogue, il n'y aurait pas de tirs, dit-il avant de conclure : Un père ne peut pas traiter ses enfants différemment. Si ça continue, nous nous mutinerons encore. »


Source : Africatime CI

Africatime CI

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