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Législatives en Côte d’Ivoire : "L’opposition met fin à la politique de la chaise vide"

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Après avoir boycotté de nombreux scrutins, l’opposition ivoirienne du FPI espère faire son retour sur la scène politique à l’occasion des élections législatives de ce dimanche. Le camp présidentiel espère, lui, la majorité absolue.

Les Ivoiriens sont appelés aux urnes dimanche 18 décembre pour renouveler leur Assemblée nationale. Près de 1 300 candidats sont en lice pour 255 sièges au Parlement. "Un chiffre record", précise Anna Sylvestre-Treiner, la correspondante de France 24 à Abidjan. Près de la moitié des candidats sont des indépendants. "Certains sont des déçus du parti au pouvoir, des dissidents", précise la journaliste de France 24.

La coalition présidentielle du président Alassane Ouatarra, justement, vise la majorité absolue. "Donnez-moi une forte majorité pour me permettre d'accélérer les travaux que j'ai comme objectifs pour les quatre années à venir", a lancé le président Alassane Ouattara, qui vante les mérites de son bilan économique pour convaincre les électeurs.

Son camp devra toutefois faire attention aux candidats du Front populaire ivoire (FPI), l’ancien parti de Laurent Gbagbo, actuellement jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

"C’est le grand retour de l’opposition qui avait boycotté les précédentes législatives en 2011 [à l'issue de la crise post-présidentielle ] et la plupart des scrutins", explique la correspondante de France 24. "Aujourd’hui, c’est la fin de la politique de la chaise vide. Le FPI espère arracher une trentaine de sièges à l’Assemblée". À noter toutefois qu’une branche du FPI, des frondeurs qui se disent fidèles à Laurent Gbagbo, continue d’appeler au boycott.

Le taux de participation regardé de près

Quelque 6,2 millions d'inscrits sont attendus dans 19 800 bureaux de votes à travers le pays. La campagne électorale, qui a démarré une semaine auparavant, s'est achevée vendredi dans le calme. Mais plusieurs incidents ont eu lieu ces derniers mois (commissariats et gendarmes attaqués) et quelque 30 000 membres des forces de sécurité ont été déployés pour surveiller le scrutin.

Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant mercredi, mais des résultats provisoires pourraient tomber "dès dimanche soir", selon un membre de la Commission électorale indépendante (CEI).

De son côté, le président de la CEI, Issouf Bakayoko, a souhaité que l'élection se déroule dans "un climat apaisé". "Il revient maintenant à chacun de nous, candidats et électeurs, de jouer sa partition, en évitant toute violence et toute entrave au libre exercice du choix légitime des autres", a estimé Bakayoko, dans un discours à la veille du scrutin.

Le taux d'abstention sera regardé de près. Selon de nombreux observateurs, le nombre de votants devrait être à la hausse.


Africatime CI