Gambie: les principaux ministres du gouvernement du président Barrow prêtent serment

Gambie: les principaux ministres du gouvernement du président Barrow prêtent serment

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Dix des 18 ministres du nouveau gouvernement gambien, dont une femme, ont prêté serment mercredi, six jours après le retour dans le pays du président Adama Barrow, a constaté un correspondant de l’AFP.

Par ailleurs, le nouveau président a limogé le chef de la très redoutée Agence nationale du renseignement (NIA), considérée comme l’instrument de répression du régime de son prédécesseur Yahya Jammeh, tout juste renommée « Service de renseignements d’Etat », a annoncé la télévision publique GRTS mercredi soir.

Le directeur général de ce service « a été relevé de ses fonctions et un nouveau directeur général a été nommé pour superviser les réformes à venir de cette institution. De plus, toutes les détentions confiées à l’ancienne NIA ont été reprises par la police », selon un communiqué officiel lu à la télévision.

Le chef de l’ex-NIA « Yankuba Badjie a été remplacé par Musa Dibba, le directeur des finances de la NIA », a précisé à l’AFP une source de sécurité sous le couvert de l’anonymat.

Un communiqué diffusé par le même canal 24 heures auparavant annonçait le changement de nom de ce service, ajoutant qu' »il « s’abstiendra désormais de toute arrestation, détention ou activité inconstitutionnelle, en particulier au regard des droits civiques et humains ».

Parmi les principaux ministres figurent deux avocats de formation: aux Affaires étrangères le chef historique de l’opposition à Yahya Jammeh, Ousainou Darboe, et à l’Intérieur le conseiller spécial de M. Barrow, Mai Fatty. Amadou Sanneh, ancien trésorier du principal parti d’opposition, a obtenu le portefeuille de l’Economie et des Finances.

Une dirigeante de l’opposition à M. Jammeh, Isatou Touray, est nommée ministre du Commerce et de l’Intégration régionale.

M. Barrow a désigné le 23 janvier une autre femme, Fatoumata Jallow Tambajang, membre de sa coalition et ex-ministre de Yahya Jammeh, vice-présidente, une nomination controversée en raison d’une limite d’âge constitutionnelle pour ce poste.

– ‘Compétence et professionnalisme’ –

MM. Darboe et Sanneh sont sortis récemment de prison.

Né le 8 août 1948, diplômé des universités nigériane de Lagos et canadienne d’Ottawa, Ousainou Darboe, chef du Parti démocratique uni (UDP), a été battu par M. Jammeh aux élections présidentielles de 1996, 2001, 2006 et 2011.

Arrêté en avril 2016 avec d’autres opposants pour participation à une manifestation non autorisée et condamné en juillet à trois ans de prison ferme, il a été libéré sous caution sur décision judiciaire le 5 décembre, après la victoire de M. Barrow au scrutin du 1er décembre.

Amadou Sanneh avait été condamné en décembre 2013 à cinq ans d’emprisonnement pour avoir écrit dans une lettre ouverte à l’en-tête de son parti que deux militants de l’UDP risquaient la mort s’ils ne partaient pas en exil. Il a bénéficié lundi d’une grâce présidentielle.

Né le 12 septembre 1969, Mai Fatty a été l’avocat de plusieurs opposants avant de créer en exil son propre parti, le Congrès moral de Gambie (GMC), en 2009, pour rentrer en Gambie en 2011.

Les ministres restants seront désignés « en fonction de la compétence des individus, de leur expérience et de leur professionnalisme », avait indiqué mardi à la presse le porte-parole de M. Barrow, Halifa Sallah.

« Dès que les ministres auront prêté serment, ils se mettront au travail », avait ajouté M. Sallah.

La Gambie sort d’une crise à rebondissements de six semaines provoquée par le revirement de Yahya Jammeh, qui a annoncé le 9 décembre contester la victoire électorale de M. Barrow, candidat d’une large coalition de l’opposition, une semaine après l’avoir reconnue.

Accueilli le 15 janvier au Sénégal, à la demande de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui craignait pour sa sécurité en Gambie tant que M. Jammeh était en place, M. Barrow a prêté serment le 19 janvier à l’ambassade de Gambie à Dakar.

Peu après, la Cédéao lançait une opération pour forcer au départ M. Jammeh, qui a finalement quitté le pays le soir du 21 janvier pour un exil en Guinée équatoriale, à la suite d’une ultime médiation mauritano-guinéenne.


afriquetv.info

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