Burundi : manifestations à l’appel du pouvoir contre le Parlement européen

Burundi : manifestations à l’appel du pouvoir contre le Parlement européen

161
SHARE

À l’appel du gouvernement, des milliers de Burundais ont manifesté, samedi, pour dénoncer une résolution du Parlement européen appelant l’ONU et la CPI à enquêter sur la crise qui déchire le pays depuis la réélection de Pierre Nkurunziza.

Le gouvernement burundais a organisé, samedi 28 janvier, des manifestations à travers le pays pour exprimer son hostilité envers une résolution du Parlement européen, qui appelle le Conseil de sécurité de l’ONU et la Cour pénale internationale (CPI) à enquêter sur la crise déchirant le pays depuis avril 2015.

Dans la capitale, Bujumbura, un long cortège emmené par le maire de la ville, Freddy Mbonimpa, et le numéro deux du ministère de l’Intérieur, Thérence Ntahiraja, s’est arrêté devant le siège de la représentation de l’UE. Des témoins joints par l’AFP ont fait état d’environ 6 000 personnes et les autorités ont évoqué 10 000 participants.

« Nous sommes ici pour dénoncer la résolution mensongère du Parlement européen du 19 janvier, qui est un véritable montage contre le gouvernement du Burundi », a déclaré Thérence Ntahiraja. Il a évoqué « une campagne de désinformation et de diabolisation (…) en faveur de certains déstabilisateurs », épinglant une nouvelle fois la Belgique,
l’ancienne puissance coloniale, ainsi que des ONG et des médias.

Le gouvernement organise régulièrement des manifestations de ce genre. Comme souvent, la foule incluait samedi des taxis-vélos et conducteurs de touk-touks qui, selon de nombreux témoignages concordants, dont ceux des intéressés, sont parfois rémunérés pour participer aux manifestations, ce que le pouvoir a toujours nié.

Plus de 500 morts

Le 19 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution appelant notamment le Conseil de sécurité de l’ONU et la CPI à « ouvrir rapidement une enquête complète sur les violations des droits de l’Homme qui auraient été commises au Burundi (…) au cours de la récente crise dans le pays ».

Le Burundi est plongé dans une grave crise émaillée de violences, qui ont fait plus de 500 morts, depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, avant d’être réélu en juillet.

La résolution salue également les sanctions prises par l’UE contre Bujumbura, soutient le déploiement d’une force de police onusienne jusqu’à présent refusée par le Burundi, et exprime son « inquiétude quant à l’annonce du 30 décembre par le président Nkurunziza selon laquelle il pourrait briguer un quatrième mandat en 2020 ».

Un rapport de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), publié en novembre, a pointé du doigt la radicalisation et l’isolement croissant du régime burundais, qui coupe les ponts avec la communauté internationale : en octobre, Bujumbura, vivement critiqué par l’ONU, a rompu toute coopération et surtout a annoncé son retrait de la CPI.

>> À lire : Le Burundi libère un quart de ses prisonniers dans le cadre d’une grâce présidentielle

Cette dernière avait ouvert en avril 2016 un examen préliminaire, étape préalable à l’éventuelle ouverture d’une enquête, sur des accusations de meurtres, torture et autres exactions au Burundi. Un rapport de l’ONU publié le 20 septembre a accusé le gouvernement burundais d’être responsable de graves violations des droits et mis en garde contre de possibles « crimes contre l’humanité » et un « grand danger de génocide ».

Le Burundi est sous sanctions de l’UE, dont l’objectif est de pousser le gouvernement à engager un dialogue avec son opposition en vue d’une sortie de crise, ce qu’il a toujours refusé jusqu’ici.

Avec AFP


afriquetv.info

Commentaires

commentaires