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Un Expert de la Banque mondiale charge Ouattara : « La nouvelle loi sur le foncier est source de conflits »

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Inscrite dans la nouvelle constitution votée par référendum en octobre 2016, la nouvelle loi sur le foncier en Côte d’Ivoire dénie le droit à la propriété à tout étranger. Dans l’interview qu’il a accordée à Linfodrome, Maître Zéhouri Paul-Arnaud Bertin, Notaire international et Expert à la Banque mondiale en charge du foncier dévoile les failles d’une loi qu’il estime conflictuelle. Entretien.

Qui est Maître Zéhouri Paul-Arnaud Bertin?

Maître Zéhouri est un ivoirien qui a choisi un métier qui est dédié à la personne humaine. Je suis notaire. Notaire veut dire conseiller. Je suis compétent particulièrement dans le domaine juridique. J’ai étudié de longues années pour avoir cette expertise. Je suis longtemps parti en Europe pour étudier, notamment en France. Je suis titulaire d’un niveau doctoral de Bac + 8 en notariat. J’enseigne le droit des affaires dans les universités. Je suis enseignant-chercheur. Je suis expert à la Banque mondiale dans le domaine foncier.

Depuis quand et pourquoi avez-vous décidé de revenir au pays ?

Choisir de revenir au pays s’est imposé à moi du fait de ma profession. Je suis notaire. J’ai commencé à exercer en France et j’y suis toujours. Le métier de notaire est un métier fondamentalement attaché au sol. Le notaire, c’est d’abord la famille et bien évidemment l’entreprise. La grande partie de notre champ d’action, c’est surtout la famille. Etant à l’étranger, loin des miens, il serait un peu difficile de déployer mes compétences auprès de mes parents. L’Afrique est en pleine émergence. Elle a donc plus besoin aujourd’hui de notaires que n’importe quel pays dans le monde. Voici ce qui a motivé ma volonté de revenir en Côte d’Ivoire. Mais mon retour n’est pas encore définitif car je vis toujours en France avec femme et enfants. J’ai décidé de venir faire connaitre un secteur délaissé parce que nombre de personnes n’avaient plus confiance dans les opérations immobilières, bancaires en Afrique de l’Ouest. Ces personnes avaient besoin d’un personnage à la fois outillé dans la pratique du droit français et dans le droit communautaire OHADA que nous pratiquons ici chez nous. Pour le moment, j’ai décidé de m’installer sur l’axe Paris-Abidjan.

Quel sens donnez-vous à toutes ces actions que vous menez actuellement à Divo ?

Je suis natif de Divo. Mon village s’appelle Akabia. Divo m’a tout donné. Aujourd’hui, j’ai l’exaltante tâche de rendre à Divo ce qu’elle m’a donné. Les populations ont plusieurs besoins. Des besoins d’ordre public et privé, selon moi. Les besoins d’ordre public sont ceux que j’attribue à l’Etat, notamment l’école, la santé, la sécurité qui sont des secteurs régaliens que l’Etat couvre selon ses possibilités et ses moyens. Ensuite, il y a la vie privée des gens qui concernent la solidarité, l’entraide. Du côté de l’Etat, nous sommes des Etats jeunes. J’entends donc que l’Etat ne peut pas tout faire. Nous devons donc apporter notre pierre à l’édifice de la nation quand il le faut. C’est pour cela qu’avec des amis, nous n’avons pas hésité à offrir des équipements médicaux au CHR de Divo. Nous avons offert une ambulance médicalisée qui a été qualifiée par le ministère de la Santé comme étant l’ambulance la plus médicalisée de la Côte d’Ivoire, à la sous-préfecture de Nébo. Nous donnons également des kits scolaires aux enfants pendant la rentrée scolaire. Toutes ces actions parce que nous sentons qu’il y a un besoin au niveau des populations. C’est une façon d’aider nos parents et aussi de soulager l’Etat dans ses fonctions régaliennes.

Que répondez-vous à ceux qui qualifient toutes vos actions de politiques?

Source : abidjan.net

abidjan.net