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Face aux rumeurs de mesures de représailles de la part du gouvernement, le SYNARES appelle les fonctionnaires ivoiriens à rester déterminés

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Face aux rumeurs de probables mesures de représailles qui seraint en voie d’être adoptées par le gouvernement Ouattara face à la détermination des fonctionnaires ivoiriens, le Syndicat National de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (SYNARES) a, dans un communiqué paru sur sa page facebook, appélé leurs collègues enseignants-chercheurs et chercheurs ainsi que tous les fonctionnaires et agents de l’Etat à rester sereins et mobilisés. Mais surtout à s’armer de courage pour ne pas céder aux devant les manœuvres dilatoires du gouvernement. Car, souligne le communiqué signé par le Secrétaire Général par intérim du SYNARES, Glin Léon, seule la lutte paie. Il en veut pour pruves les précédentes batailles remportées par le SYNARES dans les années 90, au moment où Alassane Dramane Ouattara était premier ministre du président Félix Houphouët-Boigny.

A travers un tour d’horizon historique, le communiqué du SYNARES rappelle que c’est par la lutte que les 3 syndicats autonomes, Le SYNARES (conduit par Marcel Etté), le SYNESCI (conduit par Tapé Kipré, NDLR) et le SYNACASCI (conduit par Dr. Assoa Adou, NDLR) ont engagé la lutte des travailleurs pour le multipartisme. Pousuivant, monsieur Glin Léon a souligné la lutte de 1990 a également été rude. La lutte présent ne saurait faire exception.

«Vous comprenez, chers camarades et collègues fonctionnaires et agents de l’Etat, que toutes les conquêtes sociales sont souvent difficiles. Notre parcours a été jonché de luttes parfois âpres. Les luttes actuelles ne peuvent donc déroger à cette règle», a-t-il conseillé.

Ci-dessous, l’intégralité de l’adresse du SYNARES

CamaradesCollègues fonctionnaires et agents de l’Etat

L’heure est certes grave, surtout avec des rumeurs de mesures de représailles de la part du gouvernement face à notre détermination, mais il en a toujours été ainsi de toutes les grandes conquêtes sociales. Un rappel et quelques moments clés de nos conquêtes collectives sont utiles.

En septembre 1989, alors que les programmes dajustement structurel sabattaient sur la Côte d’Ivoire et que le président Houphouët-Boigny ne savait plus où donner de la tête, il a convoqué le Conseil national du PDCI-RDA, instance de concertation du parti-état pour présenter un plan visant à l’équilibre budgétaire du pays par la réduction des dépenses. Il a ainsi proposé le plan KOMOE, du nom du ministre du plan d’alors, qui visait une réduction de salaire pour l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’État dans des proportions de 5 à 15 %. Cest alors que le SYNARES, par la voix de son secrétaire général ETTE marcel, a demandé officiellement au Président Houphouët-Boigny de procéder dabord à louverture démocratique par lapplication de larticle 7 de la Constitution. Les 3 syndicats autonomes, Le SYNARES, le SYNESCI et le SYNACASCI ont engagé la lutte des travailleurs conduite par le SYNARES pour le multipartisme. Le 30 avril 1990, Houphouët-Boigny a concédé le multipartisme et la renonciation aux réductions de salaire en présentant le plan Alassane Dramane OUATTARA.

Alassane Dramane OUATTARA, nommé premier ministre après la réélection du président Houphouët-Boigny, prend les décrets 91-817 et 91-818 du 11 décembre 1991 réduisant à peu près de moitié le salaire des enseignants et chercheurs recrutés pour compter du 11 septembre 1991. C’est le raccrochage.

C’est en ce moment que, constatant que l’État ne tient pas compte de la date de nomination pour la promotion des fonctionnaires et agents de l’État, le SYNARES pose le problème des arriérés de glissements catégoriels et des avancements sans incidence financière. En 1993, le gouvernement fait droit à cette revendication, mais seuls les enseignants et chercheurs du Supérieur perçoivent un rappel.

En 1996, le point de la situation des effectifs dans l’Enseignement Supérieur est catastrophique : 67 % des postes ouverts sont vacants par manque de candidature, en raison de la rémunération non attractive suite au raccrochage. Au lieu de trouver une solution durable au problème, le gouvernement conduit par monsieur KABLAN Duncan propose la contractualisation dans l’Enseignement Supérieur. La lutte s’engage et c’est seulement en 2000 que ces décrets iniques sont abrogés et que la contractualisation devient une option.

En 1998, lors des séances de travail avec le gouvernement, le SYNARES avait déjà indiqué que tout paiement non effectué par l’État, par manque de ressources, devrait être considéré comme une partie de la dette publique à honorer plus tard.

Au cours de cette même année (1998), le SYNARES sengage aux côtés de la CONASYFOP dirigée par BEGNANAN Bogui pour réclamer la gestion de la MUGEF-CI. A l’issue dune grève mémorable de 5 jours qui a enregistré la participation de l’UGTCI pour la première fois de son histoire depuis sa création, l’État cède la gestion de la MUGEF-CI aux Centrales syndicales (UGTCI-FESACI). BEGNANAN Bogui devient alors le premier président de la MUGEF-CI.

En 2001, le SYNARES prend une part très active dans la préparation du Forum social, instance censée prendre en compte la réforme de la Fonction Publique ivoirienne. Dans son exposé liminaire, le SYNARES dénonce le système de valeurs colonial sur lequel repose la Fonction Publique ivoirienne. Ce système se caractérise par deux grands maux, à savoir :

– Un système dallégeance généralisée

– Une prééminence excessive des fonctions de collecte et de manipulation de fonds sur les autres.

Sur la base de ce constat, le SYNARES demande la mise en place dune Fonction Publique reposant sur un nouveau système de valeurs conforme aux ambitions dun pays souverain et surtout adapté aux objectifs de développement que l’Etat sest assignés, et qui passe entre autres par la reconnaissance et la valorisation de toutes les ressources humaines, donc des secteurs dactivité dont elles relèvent, en particulier ceux de la Fonction Publique.

Sur la question des arriérés des avancements, le SYNARES avait une position très claire et nette. En effet, le SYNARES estimait que, dans la mesure où la Côte d’Ivoire était engagée dans le processus PPTE, le stock des avancements devrait être traité dans le cadre du stock de la dette publique ivoirienne.

Cest conformément à cette position que les représentants du SYNARES au Forum social ont soutenu les enseignants du secondaire pour obtenir leur reclassement en A4. Il était désormais acquis que les Assistants et Attachés de recherche de l’Enseignement Supérieur soient classés en A5. Deux voies soffraient alors à la Fonction Publique : soit créer un emploi en A8 soit créer une grille spéciale. C’est ainsi que le forum a recommandé la création dune grille spéciale pour l’Enseignement Supérieur. Mais, sans aucun doute par ignorance de bonne foi de cette réalité, une certaine opinion a pu accuser le SYNARES de navoir pas soutenu les augmentations de salaire parce quil na pas lancé de mot dordre de grève à ce sujet.

Ce quil convient de retenir par-dessus tout, c’est ceci : la proposition des 150 points dindice par le gouvernement, par souci déquité en faveur des corporations qui nont pas bénéficié davantages particuliers, a été faite lors du Forum social. Sur cette base, est-il donc encore besoin de souligner que dès lors que cette proposition des 150 points dindice a été retenue, validée et adoptée, elle est revêtue du statut dun acquis sur papier à rendre exécutoire dans les faits. C’est pourquoi, en toute logique, il figure au nombre des points de revendications que voici :

– L’abrogation de l’ordonnance relative à la retraite

– Le paiement du stock des arriérés d’avancement puisque la Côte d’Ivoire a obtenu le PPTE

– la prise en compte du paiement des 150 points dindice

– le respect de la liberté syndicale

Sur le premier point, dans une déclaration récente parue dans les journaux (Le Quotidien n° 1948, Aujourdhui n° 1265, Le Nouveau Courrier n° 1547 et Le Temps n° 3990), le SYNARES a clairement rejeté le saupoudrage proposé par le gouvernement et indiqué l’absolue nécessité de reconsidérer le mode de calcul de la pension tel qu’instauré par cette ordonnance inique.

Sur la question des stocks d’arriérés, le SYNARES doit rappeler qu’il entend par stocks d’arriérés, dabord les arriérés du déblocage des avancements indiciaires qui concernent l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’Etat sans exclusive, ensuite les arriérés des glissements catégoriels obtenus après le forum social de Grand Bassam, dont les 150 points d’indice accordés aux corps n’ayant bénéficié d’aucun glissement catégoriel.

Sur la base de ce que le SYNARES a toujours considéré ces stocks comme partie intégrante de la dette publique, le SYNARES ne peut se reconnaître dans les propos de Monsieur ABONGA Koutouan Jean Yves, porte-parole de lIFCI, devant les membres du gouvernement lors des négociations du jeudi 19 janvier 2017, propos tendant à faire croire que les fonctionnaires renonçaient aux arriérés des avancements indiciaires.

Le statut de la Fonction Publique stipule au Chap. 9, Section 2 en ses articles 54, 55 et 56 que tout fonctionnaire régulièrement bien noté, a droit à un avancement indiciaire tous les deux (2) ans. Il sagit donc dun droit et non dune faveur. Les sacrifices consentis par les fonctionnaires et agents de l’Etat depuis 1988 ont conduit la Côte d’Ivoire au PPTE assorti dune croissance à deux (2) chiffres, et d’une émergence qui nous saute dessus au galop. L’heure est donc venue pour l’Etat dhonorer ses engagements envers ses agents que nous sommes.

Quant au dernier point relatif à la liberté syndicale, il nous est loisible de rappeler à tous que le SYNARES y tient particulièrement puisque nos conquêtes les plus difficiles l’ont été sur le terrain des libertés. En effet, le SYNARES a fait l’objet dune mesure de dissolution à laquelle il a survécu sans décret de réhabilitation. Cest ce qui vaut au syndicat le slogan « SYNARES l’incassable ».

En 1992, c’est encore par attachement aux libertés que le SYNARES s’est opposé au décret de réquisition du premier ministre Alassane Dramane OUATTARA. L’opinion nationale se souvient encore que pour obtenir l’abrogation de cette réquisition, le SYNARES a été contraint à une grève de 3 mois sans salaire à l’issue de laquelle le président Houphouët-Boigny a signé un accord formel avec le SYNARES.

Vous comprenez, chers camarades et collègues fonctionnaires et agents de l’Etat, que toutes les conquêtes sociales sont souvent difficiles. Notre parcours a été jonché de luttes parfois âpres. Les luttes actuelles ne peuvent donc déroger à cette règle. C’est pourquoi, devant les manœuvres dilatoires du gouvernement, le SYNARES appelle tous les enseignants chercheurs et chercheurs ainsi que tous les fonctionnaires et agents de l’Etat à s’armer de courage. Camarades, seule la lutte paie. Restons sereins et mobilisés.

Pour le SYNARES

Le Secrétaire Général par intérim
GLIN Léon

Eburnienews.net


Source : Eburnie News

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